Essai Citroën C5 X Puretech 180 : une bonne routière

Il aura fallu attendre 5 ans pour que Citroën, ancien spécialiste des berlines familiales, revienne sur le marché avec cette nouvelle C5 X, interprétation contemporaine de l’esprit si cher au constructeur. Après une C5 II pourtant réussie et bien vendue, Citroën avait misé sur les SUV, avec le C5 Aircross, mais aussi sur les monospaces avec les 2 versions de C4 Spacetourer, délaissant ainsi totalement le segment des berlines. Nous avons eu l’occasion d’essayer cette nouvelle C5 X sur les routes autour de Barcelone ; est-elle la digne héritière de la marque ? 

Une berline… de chasse ?

Avec les renouvellements en moins d’un an des C3, C3 Aircross et C4 Aircross, et la sortie de la nouvelle C4, Citroën a réussi à harmoniser visuellement l’ensemble de sa gamme, autour de ces feux avant en chevrons, plus ou moins étirés selon les modèles. La C5 X, dernière arrivée chez le constructeur, ne fait pas exception à cette règle.

On est aussi dans la continuité du “décalage”, cher à Citroën, puisque cette longue berline de 4,80m semble jouer comme sa soeur C4 sur plusieurs tableaux. Visuellement – et effectivement – légèrement surélevée, elle se positionne pourtant comme une berline familiale classique, à l’image de la 508, même si elle est basée sur la plateforme EMP2 des 308 et DS4.

Sa poupe tout en rondeurs semble tout droit inspirée de la DS originelle, et on ne sait au final pas vraiment si c’est une berline, un break de chasse, ou juste un nouvel ovni dans le paysage automobile.

Quoi qu’on en pense, elle représente, avec la nouvelle Citroën C4, l’ambition du constructeur de se renouveler et de se démarquer au sein du groupe Stellantis, en dévoilant des propositions certes basées sur la même plateforme que ses cousines, mais avec toujours ce petit twist si Citroën.

Un cocon moderne

A l’intérieur, paradoxalement, les designers ont eu la main plutôt légère, et hormis la sellerie bi-ton Metropolitan Blue assez caractéristique de notre modèle d’essai en finition Shine, le reste est plutôt classique et bien pensé. Les sièges avant, réglables manuellement (il faut passer par la case options pour les réglages électriques) proposent le fameux “Advanced Comfort”, inauguré sur le SUV C5 Aircross, avec différents types de mousses pour assurer un confort maximal aux occupants.

Si le noir domine dans notre modèle, d’autres selleries et intérieurs sont disponibles en option pour égayer un peu l’ensemble.

Simplicité toujours avec un volant multifonctions très agréable au toucher qui dispose de deux zones de boutons, les aides à la conduite à gauche et l’info divertissement à droite, efficace. Mention spéciale au réglage de hauteur de l’affichage tête haute couplé au réglage des rétroviseurs, et facile à manipuler, quand il est souvent fastidieux de régler ces systèmes chez la concurrence.

En échange de cet écran “virtuel” projeté de 21”, qui reprend les informations essentielles de la conduite (navigation, limitations de vitesse, aides, etc.), les compteurs numériques sont réduits à leur plus simple expression, avec juste l’essentiel, rien de superflu. 

Le tableau de bord est surmonté, dans notre version Shine, par un écran d’infodivertissement de 12” qui embarque le nouveau logiciel Citroën. C’est le jour et la nuit par rapport aux anciennes versions, et cette fois, la C5 X part sans handicap par rapport à la concurrence, en proposant une interface fluide et assez claire, presque dépouillée. L’ensemble est compatible Android Auto et Apple CarPlay sans fil et profite d’une belle résolution.

La simplicité, c’est aussi le retour des réglages de climatisation indépendants, avec de vrais boutons comme plusieurs constructeurs le font à nouveau.

Les finitions de l’ensemble semblent bonnes et les matériaux, à défaut d’être luxueux, sont agréables au toucher et donnent un sentiment de robustesse.

Si les sièges avant sont vraiment confortables, c’est aussi le cas de la banquette qui reprend le motif bi-ton de la sellerie. A l’arrière de la C5 X, on est clairement bien installé, et les grands gabarits profiteront d’une garde au toit importante grâce à son design de break de chasse. 2 ports usb-C sont disponibles à l’avant, et 2 également à l’arrière.

Dans le coffre, on remarque immédiatement l’espace important disponible – 545 l sous tablette – et surtout la praticité de l’ensemble, avec des volumes vraiment exploitables. Deux tirettes permettent de rabattre la banquette arrière en ⅔-⅓ en quelques secondes.

L’impression de glisser sur la route

Au lancement de sa berline, Citroën propose une gamme plutôt réduite de motorisation, exclusivement essence. Est-ce son origine chinoise ou les réglementations européennes de plus en plus dures, mais le diesel n’est à priori pas au programme. Reste donc deux propositions essence, avec le 3 cylindres Puretech 130 ch et le 4 cylindres Puretech 180 ch, aux côtés de l’hybride rechargeable 225 ch, basé sur le Puretech 180 et un moteur électrique présent dans la boîte de vitesses EAT8. Cette dernière est d’ailleurs la seule possibilité, il n’y a pas de boîte manuelle sur la C5 X.

Nous avons eu l’occasion d’essayer la C5 X Puretech 180 Shine pendant quelques heures, sur un parcours mixte mêlant un peu de ville, des petites routes secondaires en montagne et plusieurs portions d’autoroute. Premier élément inattendu : elle est à l’aise partout !

Certes, en ville, ses dimensions nécessitent de faire preuve de prudence, mais la souplesse de sa direction, associé au confort des suspensions Citroën Advanced Comfort à butées hydrauliques progressives rendent l’évolution en ville très agréable ; et nous allons vérifier si c’est encore mieux avec la variante hybride rechargeable.

Sur l’autoroute, les kilomètres sont une formalité, bien installé dans les sièges, il vous suffira d’enclencher l’assistant de conduite sur autoroute qui va gérer le placement dans la voie, la vitesse et les distances de sécurité.

On aurait pu penser que Citroën préfère montrer les qualités de sa routière sur autoroute, mais nous avons eu la bonne surprise de pouvoir aussi évoluer sur des routes de montagne. Même à rythme élevé, les suspensions jouent parfaitement leur rôle, et sans virer à plat, la C5 X ne se ballade pas dans les virages, restant bien campée sur ses roues de 19″, en toute sécurité. Son agilité est même surprenante, et si sa boite EAT8 était un peu plus rapide (même en utilisant les palettes au volant), le plaisir serait encore plus important.

Ce ne sera certes pas son usage premier, mais sa polyvalence est à souligner. Ses performances ne sont pas ébouriffantes avec un 0 à 100 Km/h en un peu plus de 8 secondes, mais les 180 ch associés au 250 Nm de couple suffisent pour une conduite quotidienne et quelques relances sur autoroute.

Globalement, l’expérience de conduite à bord de cette C5 X est plaisante ; la routière est tout en souplesse et en confort, mais les hausses de rythme ne sont pas pour lui faire peur.

Consommations

Notre parcours dans l’arrière pays Barcelonais était très varié et n’a pas forcément été mené en toute tranquillité. Nous avons d’ailleurs scindé nos consommations pour une meilleure lisibilité.

En agglomération, pas de secret, avec les arrêts et redémarrages (dans les bouchons), nous avons relevé une moyenne de 8L/100km. En conduite stabilisé sur autoroute (à 120 km/h en Espagne), nous étions autour de 6,8L/100Km, une valeur plutôt bonne qui devrait être autour de 7L à 130 Km/h, de quoi lui permettre de rouler environ 700 km sur autoroute avec son réservoir de 53 litres.

Sur nos petites départementales espagnoles, c’est le jour et la nuit. Avec une conduite coulée, en cruisant tranquillement, nous avons réussi à descendre à tout juste moins de 6l/100km ; mais… une fois qu’on augmente le rythme, comptez plutôt sur des consommations autour des 9L/100km.

Sur notre boucle, peu représentative à cause de la conduite un peu « soutenue » sur certaines portions, nous avons terminé avec une moyenne de 7,5L/100 Km, plutôt correct pour une routière de 180 ch.

Notre avis sur la Citroën C5 X Puretech 180

Après sa longue absence, les attentes sont importantes du côté de Citroën pour ce retour sur le marché, car le constructeur est persuadé que la berline à encore son mot à dire.

En proposant une berline qui correspond pleinement à son ADN de confort mais aussi d’impertinence et de praticité, Citroën met toutes les chances de son côté pour son retour.

Après quelques heures en sa compagnie, difficile de lui trouver des défauts objectifs. Certes, le design atypique devra plaire aux acheteurs, mais son principal défaut reste d’être fabriqué en Chine. Au-delà des considérations patriotiques, c’est aussi le délai à prévoir lors de la commande qui pourra en rebuter certains.

Affiché à 40 500 € avec un malus maximum de 818€, un équipement complet sans être luxueux, une tenue de route et un confort irréprochable, cette C5 X représente un excellent choix pour qui rechercherait une berline familiale, à l’aise dans presque toutes les situations. Bravo à Citroën d’avoir réussi à condenser son savoir faire dans cette voiture.

Rédigé par Vincent

Sur Masculin, je vous parle de rhum, et parfois d'autres spiritueux que l'on déguste ensemble. Je vous parle aussi de voitures avec des essais réguliers !

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