Voitures hybrides : FHEV, PHEV… Quelles différences ?

Une voiture hybride rechargeable

Micro-hybride, voiture à hybridation légère, full-hybrid (FHEV) ou encore hybride rechargeable (PHEV ou Plug-in hybrid)… Le secteur des véhicules hybrides connaît un net engouement, notamment en raison des contraintes environnementales imposées aux constructeurs automobiles. Conduire une voiture hybride offre ainsi bien des avantages. Mais en pratique, quelles sont les différences entre les différents types d’hybridation ? On fait le point !

En 1997, l’industrie automobile prenait un nouveau virage avec l’arrivée de la Toyota Prius, première voiture hybride associant un moteur thermique et un moteur électrique. Depuis, les générations se sont succédées et bien d’autres constructeurs automobiles ont rejoint Toyota, en proposant eux aussi leurs propres modèles de voitures hybrides.

L’engouement est aujourd’hui tel qu’en 2021, les ventes de véhicules hybrides en Europe ont égalé celles des voitures diesel et semblent d’ailleurs en passe de les remplacer dans les années à venir. En France, le segment qui a connu en 2021 la plus forte augmentation est celui des automobiles hybrides rechargeables (PHEV), avec + 89 % de ventes par rapport à 2020. Quant aux voitures full-hybrid (FHEV) non rechargeables, leurs ventes ont augmenté de près de 69 % en un an seulement. Une différence en faveur des hybrides rechargeables, qui trouve peut-être son explication dans le fait que seul ce segment est éligible aux aides gouvernementales, comme le bonus écologique (jusqu’au 1er juillet 2022) et la prime à la conversion. Pour le comprendre, penchons-nous sur les différences entre les différents types d’hybridation.

Les différents types d’hybridation : avantages et inconvénients

Il existe en réalité quatre types de technologies dites hybrides. Évoquons rapidement la première, les micro-hybrides, dont la présence du terme « hybride » dans l’appellation prête à confusion. D’autant plus que cette appellation « micro-hybride » est souvent reprise pour évoquer les hybrides légères, ce qui contribue d’autant plus à troubler les esprits.

En réalité, les voitures dites micro-hybrides sont équipées d’un alterno-démarreur d’environ 3 kW, rechargeant une batterie pour assurer une simple fonction « Stop&Start ». Cette fonction permet de couper le moteur à l’arrêt et de le redémarrer automatiquement, dès lors que le conducteur relâche la pédale du frein. Cette technologie permet de réduire légèrement la consommation de carburant en ville, où les arrêts sont plus fréquents. Mais en cas d’embouteillages, le système « Stop&Start » peut alors occasionner des arrêts et démarrages trop nombreux. Mieux vaut alors désactiver la fonction.

Les hybrides légères, ou mild-hybrid (mHEV)

Évoquons maintenant les voitures hybrides légères, ou mild-hybrid, dont l’appellation est également décriée. En effet, ce type d’hybridation ne permet pas non plus de vraiment rouler en mode 100 % électrique, en tout cas pas à une allure suffisante ni sur une distance raisonnable. Le système équipant les voitures micro-hybrides se base aussi sur un alterno-démarreur récupérant l’énergie cinétique lors des freinages et des décélérations. Celui-ci recharge une batterie de faible capacité. L’énergie est ensuite réemployée pour la même fonction « Stop&Start » que sur les micro-hybrides, mais également pour assister le moteur thermique dans ses accélérations.

La technologie mild-hybrid ne permet donc pas de rouler uniquement à l’électricité, ou bien sur quelques mètres tout au plus. Elle permet en revanche de réduire la consommation de carburant lors de la circulation dans les zones urbaines ; où les arrêts sont plus fréquents. Il s’agit également de la technologie hybride la moins coûteuse, car la plus simple à installer. Enfin, prendre le volant d’une voiture micro-hybride permet déjà de ressentir un certain confort de conduite, puisque les accélérations sont plus efficientes.

une voiture hybride

Les hybrides totales, ou full-hybrid (FHEV)

Les hybrides totales, aussi appelées full-hybrid, sont en quelque sorte dotées d’une véritable technologie hybride, au sens où celle-ci allie un moteur thermique et un moteur électrique. Cette technologie, dont le meilleur représentant actuel est probablement la gamme Toyota, permet aux roues d’être entraînées soit par le moteur thermique, soit par l’électrique ; ou bien les deux simultanément, en fonction des besoins. Là encore, la batterie se recharge grâce à l’énergie cinétique récupérée lors des phases de décélération et de freinage.

Il est ainsi possible d’adapter sa conduite pour la rendre 100 % électrique, afin de mettre au repos le moteur thermique. Il est également possible de démarrer la voiture grâce au moteur électrique et de parcourir, avec ce même moteur, près de 5 km (si la recharge de la batterie le permet).

une voiture hybride rechargeable

À l’inverse, les conducteurs peuvent aussi profiter du travail simultané des deux moteurs, pour obtenir le maximum de puissance nécessaire à une manoeuvre de dépassement des plus efficaces. Conduire une voiture full-hybrid permet là aussi de réduire sa consommation de carburant, notamment en ville et zone périurbaine. À ces économies à la pompe s’ajoute un gain de performance appréciable, en complément du moteur électrique. En revanche, l’autonomie en mode 100% électrique est limitée. Les hybrides rechargeables permettent alors de rouler avec le moteur électrique sur une plus longue distance et à une plus grande vitesse. Reste que ce type de véhicules est plus coûteux que les FHEV.

Les hybrides rechargeables, ou plug-in hybrid (PHEV)

Un plug-in hybrid, ou PHEV, est en quelque sorte ce qui se fait de mieux en matière d’hybridation. En plus des fonctions offertes par les précédentes technologies d’hybridation, ce type de voiture permet de rouler en 100% électrique sur une plus longue distance : en moyenne 50 km ; à une vitesse pouvant atteindre 130 km/h. Cette solution hybride la plus aboutie, mais aussi la plus coûteuse à l’achat, profite de plusieurs batteries de plus grande capacité et d’un moteur électrique plus puissant, voire de plusieurs moteurs.

Volvo XC60 T8 Polestar

Si les véhicules hybrides rechargeables semblent ne présenter que des avantages, elles souffrent tout de même de quelques inconvénients. Le premier d’entre eux : la recharge. Sur une prise classique, la charge d’un PHEV peut prendre près de 8 heures. Il faut donc que l’emplacement dédié au stationnement de la voiture permette l’accès facile à une prise de courant.

Sur borne, celle-ci devra être suffisamment puissante pour profiter d’un chargement le plus efficace possible. Autre point méritant l’attention : le coût de la charge ; de l’ordre d’une cinquantaine d’euros pour une recharge rapide sur autoroute à quelques euros sur une borne publique… en fonction du type de facturation. Car attention, la facture peut vite grimper si l’utilisateur a mal compris les grilles tarifaires et en la matière, la facturation d’une charge sur borne publique est plutôt opaque. Son système de calcul varie ainsi selon les opérateurs : au forfait, à l’énergie consommée, à la minute, par tranche horaire, ou encore via une formule comprenant la combinaison de plusieurs critères…

Il est également possible d’opter pour une Wallbox compatible avec la recharge de sa voiture plug-in hybrid. Ce dispositif permet aux particuliers de charger leur PHEV plus rapidement : 3h30 en moyenne. Le prix de ce type de borne (environ 1200 euros) peut être atténué grâce aux subventions attribuées par certains constructeurs automobiles.

A noter que certains modèles de plug-in hybrid, à l’instar de la Volvo XC60 T8 Polestar que nous avons pu tester, permettent de forcer la charge des batteries électriques par le moteur thermique. Une charge qui consomme alors du carburant.

Deuxième grief : le coût de ce système d’hybridation encore relativement élevé. Il est néanmoins possible de profiter avec ce type d’hybridation d’aides gouvernementales favorisant les voitures dites « propres ». La raison est simple : conduire une voiture plug-in hybrid permet de diminuer en moyenne de 75 % les émissions de CO2, là où un véhicule hybride non rechargeable les diminue de près de 30 %.

Jusqu’au 1er juillet 2022, un bonus écologique et une prime à la conversion peuvent vous être accordés (sous certaines conditions). Des aides gouvernementales qu’il n’est pas possible d’obtenir pour une hybride non rechargeable. De plus, aucun malus écologique ne vient s’appliquer sur les PHEV (là encore, sous conditions).

Voiture électrique rechargeable

Pour finir, les batteries électriques plus importantes prenant plus de place, la capacité de coffre peut en souffrir sur certains modèles ; de même que le poids du véhicule, qui peut-être plus élevé. Mais en contrepartie, vous profiterez des avantages d’une conduite en hybride rechargeable, également très agréable, car plus fluide. Sans compter une diminution d’environ 70 % de la consommation de carburant par rapport à un modèle équivalent doté d’un moteur thermique, dans le cadre d’une utilisation optimale du PHEV, c’est-à-dire avec batteries électriques chargées. De quoi faire baisser la facture à la pompe, d’autant plus que certains modèles hybrides rechargeables permettent également de faire le plein à l’E85 !

Réagir à cet article