Essai Mercedes Classe C : un look et des atouts à faire valoir

Autrefois fort modèle phare de la gamme Mercedes, la Classe C s’est depuis fait damner le pion par les SUV de la marque à l’étoile. Mais la berline n’a pas pour autant dit son dernier mot et continue de séduire une clientèle d’habitués. Et pour plaire à ses fidèles, Mercedes n’a pas lésiné sur les moyens technologiques pour faire de cette Classe C de 5e génération une référence sur son segment.

Une ligne conservatrice…

Essai Mercedes Classe C

Teinte Gris sélénite magno designo, jantes 19 pouces, pack AMG, notre modèle d’essai dispose de toutes les options pour ne pas passer inaperçu.

Attention aux trottoirs, le moindre faux-pas et les superbes jantes seront marquées, le flanc du pneu étant en retrait de la jante…

Un look au caractère certain qui sied à merveille à cette Classe C Break… mais au prix d’une douloureuse pour le moins salée qui frôle les 7000€ ! (respectivement 2400€ + 1400€ + 2950€).

Essai Mercedes Classe C
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Mais laissons de côté ces considérations matérielles pour revenir aux lignes de cette nouvelle Classe C. Les habitués de la marque à l’étoile ne seront pas dépaysés, les changements étant minimes et visent avant tout à s’harmoniser avec les autres modèles de la gamme.

Par rapport à la précédente génération, cette Classe C S206 gagne une face avant un peu plus dynamique (notamment grâce à sa signature lumineuse) et voit ses feux arrières s’étirer à l’horizontal, dans l’esprit de ceux de la Classe A ou du CLA Shooting Break. Pour le reste, seul les connaisseurs pourront faire la différence au premier coup d’oeil.

Les phares Digital Light illuminent la nuit !

… pour cacher une révolution intérieure

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Du moins de l’extérieur car une fois à l’intérieur, impossible de passer à côté de l(a)'(r)évolution avec en point d’orgue ces deux écrans de 12 pouces, matérialisation du virage technologique opéré par Mercedes ces dernières années sur ses nouveaux modèles.

Basés sur l’interface MBUX de seconde génération, le premier se voit confier les informations classiques de tachymètres quand le second est davantage dédié à l’infotainment. Les deux ont en commun d’être personnalisables à l’envie et d’offrir une définition de haut-vol pour une lisibilité et une finesse d’affichage parfaites. La fluidité est parmi les meilleures du marché. Quant à l’aspect un peu complexe de prime abord, il suffit de prendre le temps d’explorer un peu les menus pour comprendre la logique et apprécier les possibilités de personnalisation offertes. Les plus réfractaires pourront toujours se rabattre sur « hey Mercedes », l’assistant vocal maison capable de répondre à bon nombre de directives simplement en énonçant son besoin.

Une ambiance lumineuse personnalisable à l’envie

Cette débauche technologique passe aussi par la disparition de tout bouton physique. Ainsi, le réglage de climatisation prend place sur la partie basse de l’écran central, les commandes au volant sont quant à elles sensitives, tout comme celles dédiées aux réglages des sièges et rétroviseurs. L’ensemble fonctionne à la perfection mais au risque de paraitre has been, et même après plusieurs jours passés à son volant, difficile d’être totalement conquis. L’ère du tactile est certes esthétique de par son minimalisme mais ne parvient pas à éviter un certain tâtonnement pour bien se positionner sur la zone dédiée au réglage de la climatisation ou du volume.

Une jolie molette en aluminum brossé serait donc la bienvenue pour pousser le son de son morceau préféré dès les premières notes perçues sur l’excellent système Burmester et ses 15 haut-parleurs qui équipe notre Classe C. Rock, Classique ou musiques actuelles, toutes ne demandent qu’à s’exprimer dans une justesse parfaite et un niveau de détails capables de rivaliser avec les meilleures installations HiFi.

Une fois calé dans son siège et le régulateur adaptatif enclenché, l’illusion d’être dans son salon n’est pas très loin. Même si sur ce point, le coloris rouge de notre configuration n’est pas la plus heureuse selon nous mais a le mérite de s’accorder à l’ambiance carbone et aux surpiqures blanches de cette finition AMG Line.

Une considération subjective qui ne tient qu’à vous de modifier selon vos envies au moment de la configuration, les possibilités se comptant par dizaine. Toutes auront en commun une finition parfaite, ajustée au millimètre. Les puristes regretteront sans doute quelques plastiques durs en partie basse mais sauf à les chercher au toucher, visuellement ces derniers ne dénotent pas avec le reste des matières intérieures.

Aux places arrières, les passagers sont tout aussi bien traités, du moins tant que leur taille ne dépasse pas 1m85 et que leur nombre se limite à deux. La troisième place étant comme souvent sur les propulsions pénalisée par le tunnel de transmission. Un mal pour un bien dirons-nous, du moins au moment de partir en vacances, le volume du coffre n’étant pas le point fort de cette Classe C Break avec seulement 490l. Sans doute un peu paradoxal pour une familiale de près de 4m80 mais dans l’ère du temps, les considérations stylistiques ayant depuis de nombreuses années davantage de poids que l’aspect pratique.

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Pensée pour avaler les kilomètres sans fatigue

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Les présentations étant faites, il est désormais temps de s’installer derrière son (joli) volant. Saluons au passage cette fonctionnalité fort pratique où il suffit d’entrer sa taille pour que l’ensemble du poste de conduite s’ajuste automatiquement. La modernité a (parfois) du bon 😉

Une pression sur le bouton Start et le feulement du V8 se fait entendre… oops, non ! Pardon, nous nous sommes laissés emporter par nos illusions et la magnifique ligne sportive de cette finition AMG qui cache en réalité un 4 cylindres Diesel de 200 ch auxquels s’ajoutent 20 ch grâce à la micro-hybridation de 48V implantée au niveau de la boite de vitesse à neuf rapports. Pas de quoi affoler les chronos (0 à 100 en 7,4s) mais une puissance suffisante au quotidien pour mouvoir sans difficulté les 1800 Kg du break, bien aidé par le couple généreux de 440 Nm. Enclencher le mode sport permet de profiter d’une boite plus réactive et d’apprécier le dynamisme du châssis. Du moins une fois un petit temps d’adaptation pour appréhender le freinage régénératif dont la linéarité n’est pas la première qualité.

A l’inverse, les divers assistants de conduite assurent une conduite semi-autonome de niveau 2 parmi les plus convaincantes du marché, tout en maîtrise et en douceur, y compris lors des changements de voies. Il est ainsi possible d’enchainer des dizaines de kilomètres sur autoroute en se contentant de maintenir les mains sur le volant et d’actionner le clignotant de temps à autre. De quoi réduire la fatigue sur les 1100 kms qui relient Dunkerque à Biarritz. Car oui, avec son réservoir de 66l et sa consommation moyenne d’à peine 6l, les passages à la pompe se feront rares. L’occasion d’apprécier l’affichage tête haute, très complet.

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Notre avis sur la Mercedes Classe C

Pour cette Classe C cinquième génération, Mercedes démontre que non, les berlines (et les break) ne sont pas encore à reléguer dans les allées d’un musée. D’aucuns trouveront sans doute la ligne un peu trop conservatrice mais c’est pour ne pas bousculer les habitudes des clients fidèles. Ces derniers ayant déjà fort à faire avec la technologie omniprésente au sein de cette Classe C.

Parfaitement maitrisée et au service du conducteur au quotidien, cette débauche d’assistants High-Tech n’est pas sans conséquence sur les tarifs. Au point de justifier les 5000 à 6000€ d’écart avec la concurrence ?

Rien ne vaut sans doute un essai pour se forger son propre avis à condition toutefois d’être prêt(e) à débourser plus de 50000 euros pour prendre le volant de cette nouvelle Classe C. Quant au modèle essayé avec ses (très) nombreuses options, il tutoie les 73000 euros !

Essai Mercedes Classe C

Rédigé par Julien

Mettre en lumière les dernières nouveautés High-Tech et automobiles, tel est mon quotidien sur Masculin.

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