On a testé l’Ami Buggy : fun, pratique et déjà collector ?

Sortie en 2020 en pleine crise du COVID, la Citroën AMI a bouleversé le microcosme très particulier des voitures sans permis, en s’arrogeant presque 30% du marché. Seule vraie électrique en attendant la réponse prochaine des ténors, l’Ami se paie le luxe de proposer une version Ultra limitée pour son best-seller, l’Ami Buggy, que nous avons eu la chance d’essayer quelques heures en bord de mer.

Trop tard, désolé !

17 minutes et 28 secondes, c’est le temps qu’il a fallu à Citroën pour vendre les 50 exemplaires de son édition très limitée My Ami Buggy, avec une vente qui s’est déroulée intégralement en ligne. Vous en voulez une ? Il faudra vous tourner sur l’occasion, avec quelques exemplaires déjà proposés… pour 3 fois le prix initial !

Affiché à un peu moins de 10 000€, soit le plus cher des AMI commercialisé jusqu’à présent, le Buggy est donc parti en un éclair ! Certes, ces 50 modèles représentent une goutte d’eau dans les 25 000 commandes au niveau mondial (donc 15 000 en France) pour l’AMI depuis sa sortie, mais ce succès illustre bien le capital sympathie dont dispose l’AMI depuis sa sortie.

De petites transformations qui changent tout !

Si on na va pas revenir sur le concept de l’AMI, dont vous pouvez d’ailleurs retrouver l’essai dans nos colonnes, Citroën a su modifier intelligemment son Ami en proposant un look revu et détonnant !

Les designers n’ont pas fait dans la demi-mesure, tout en respectant un cahier des charges très strict au niveau des coûts. Ils ont commencé par enlever le toit vitré, pour le remplacer par une capote en toile à pressions ; puis ce sont les portes qui ont disparu, pour faire place à des barrières métalliques (pile à la bonne hauteur pour poser le coude !). Exit aussi les enjoliveurs plastiques, les jantes tôle ont été peintes en doré. Seul ajout à noter à l’extérieur, un gros spoiler… des fois que vous ayez besoin d’un appui aérodynamique.

Avec toujours 2,40m de long et 1,39m de large, l’Ami est un petit gabarit, qui permet néanmoins de se déplacer à deux dans un confort tout à fait acceptable.

Dans l’habitacle, les accessoires sont jaune fuchsia, comme les tiges d’ouverture de porte en tissus, ou les bacs de rangement sur le tableau de bord. Le reste n’évolue pas, on bénéficie toujours d’un intérieur très épuré, qui prend encore plus de sens dans un véhicule destiné à rouler en bord de mer.

Pas de boite à gants, pas de siège réglable pour le passager (le siège conducteur se règle juste en profondeur), juste un volant, un petit compteur numérique… et c’est tout ! Ah si, on a quand même un port-USB pour recharger son mobile ainsi qu’un petit logement pour le clipser et utiliser son GPS (au cas où !).

Au premier contact, le rendu est vraiment réussi, et posé à côté d’une AMI classique, le Buggy semble être un tout autre modèle. La teinte de carrosserie verte est réussie, et les autres éléments de parechoc peints rendent vraiment bien.

Une plateforme technique qui ne bouge pas

Dans ses entrailles, rien ne change pour notre quadricycle léger à moteur (oui oui); qui embarque toujours un petit moteur de 8,2 ch associé à une batterie de 5,5 kWh. L’ensemble est limité à une vitesse de 45 km/h et peut de fait être conduit dès 14 ans.

Au final avec les modifications apportées à l’extérieur, c’est 8 kg gagnés sur la balance pour l’Ami Buggy qui fait toujours un peu moins de 500 Kg, batterie comprise.

Toujours aussi fun à conduire

C’est au Touquet, station balnéaire par excellence, que nous avons pu essayer l’Ami Buggy. On s’installe à bord, on règle la profondeur du siège et les deux rétros tout droit sortis des années 60, puis on tourne le contact. Le sélecteur de vitesse se trouve à gauche du siège conducteur, ce qui est assez déroutant ; une fois le frein à main enlevé, on peut s’élancer !

Devant l’absence de porte et la température extérieure autour des 16°, notre ballade s’effectuera avec la veste, qui pourra tomber dans l’après-midi avec le soleil et 22°. Dans l’AMI Buggy, on évolue au ras du sol, dans un silence très acceptable jusqu’à 20 km/h, ensuite la machine électrique et les bruits de roulement se font assez présents, sans pour autant être gênants.

Les passants sont tour à tour interloqués ou ravis de voir ce petit objet de mobilité se faufiler dans les rues du centre ville du Touquet. A chaque arrêt sur un parking ou en bord de mer, nombreux sont les curieux qui viennent se renseigner, y compris les touristes étrangers de passage dans la ville, et les avis sont unanimes sur le look d’enfer de l’AMI.

On reprend la route pour arpenter ensuite le front de mer mais aussi les quartiers résidentiels du Touquet. La conduite très en arrière de l’AMI – on est pratiquement assis sur l’essieu arrière – demande quelques minutes d’adaptation, et il faut aussi faire sans rétroviseur central, mais son excellent rayon de braquage et ses dimensions réduites font merveille.

Citroën est connu pour le confort impérial de ses modèles de voiture, mais le cahier des charges de l’AMI est différent et il a fallu faire des compromis. En terme de suspension et de tenue de route, on s’attendait vraiment à pire, et les irrégularités de la chaussée sont bien filtrées. C’est plutôt sur le siège et sa mousse… anecdotique que les griefs peuvent se tourner, on vous conseille d’ailleurs de rajouter un petit coussin pour préserver votre séant !

Malgré l’absence de direction assistée, son poids réduit et ses roues étroites de 14″ rendent la conduite tout à fait fluide, y compris pour un adolescent. Les accélérations sont suffisantes pour s’insérer dans une circulation urbaine, et on a même réussi à faire mieux que les chiffres officiels, avec un 0 à 45 km/h en 9,6s (au lieu de 10s !). L’AMI freine bien et fort, avec certes une absence d’ABS, mais compte tenu du poids à freiner, pas de souci à l’horizon.

L’autonomie affichée est de 75 km en conditions WLTP, et on s’en est approché de très près lors de notre parcours en sortant une consommation de 7 kWh/100 km, avec il est vrai, pas mal de zones à 30 km/h, qui est sans doute la vitesse optimale pour l’AMI.

Notre avis sur l’AMI Buggy

Étonnamment ludique et plutôt confortable, l’Ami Buggy est une petite solution de déplacement électrique qui trouvera son public, notamment auprès des adolescents à la recherche de leur première voiture. Elle a l’avantage d’être relativement peu coûteuse à l’achat et à l’entretien, tout en étant respectueuse de l’environnement.

Plus sécurisante et polyvalente qu’un scooter, l’Ami Buggy est néanmoins moins agile, et son autonomie peut ne pas être suffisante pour certains. Mais il peut être rechargé sur n’importe quelle prise domestique en 3h, ce qui est un avantage non négligeable.

Pour une utilisation occasionnelle en ville, aux beaux jours, l’Ami Buggy est une alternative très intéressante aux transports en commun ou même à la voiture, à condition de vous n’ayez pas besoin de transporter trop de choses (63l disponibles devant le passager avant).

Enfin, on est déçu qu’elle ne soit plus disponible, et surtout, on espère secrètement que c’était le premier essai d’une longue série d’éditions limitées et de modifications imaginées par les designer Citroën qui ont devant eux un superbe terrain de jeu !

Vincent

Sur Masculin, je vous parle de rhum, et parfois d'autres spiritueux que l'on déguste ensemble. Je vous parle aussi de voitures avec des essais réguliers !

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