Essai Suzuki Vitara Hybrid AllGrip : c’est dans les vieux pots…

Avec plus de 120 000 exemplaires écoulés en France depuis 30 ans, le Suzuki Vitara fait partie des meilleures ventes du constructeur japonais dans l’Hexagone. Pour rester au goût du jour, il accueille une nouvelle motorisation hybride auto-rechargeable en 2022. Loin d’être parfait, ce vrai 4×4 à l’ancienne sait se rendre attachant. D’ailleurs, le Vitara ne se bonifierait-il pas avec le temps ?

Le Vitara, un classique intemporel ?

C’est en 1988 que Suzuki a lancé la première version de son Vitara. Au fil des ans, ce SUV compact (qu’on appelait simplement 4×4 à l’époque) a su s’adapter aux exigences des automobilistes. Preuve de cette évolution, il figure toujours sur le podium des meilleures ventes Suzuki en France, avec 4500 exemplaires vendus en 2021 (soit 20% des ventes du constructeur, autant que l’Ignis, loin derrière la star Swift et ses plus de 10 000 immatriculations).

La génération actuelle a été dévoilée il y a 7 ans déjà, puis restylée au Mondial de l’Automobile de Paris 2018, à l’occasion des 30 ans du Vitara… Alors que l’on pourrait le croire arrivé en fin de vie, le SUV nippon a sorti un nouveau tour de son chapeau en 2022, avec l’arrivée d’une nouvelle motorisation hybride auto-rechargeable sous le capot (on va y revenir).

SUzuki Vitara 1.5 DUalJet AllGrip

En termes de style, le Vitara accuse un peu le poids des années… mais finalement pas tant que ça ! Avec ses 4m18 de long (pour 1m78 de large et 1m61 de haut), ce petit SUV urbain boxe dans la même catégorie que les Hyundai Bayon et Toyota Yaris Cross en termes de gabarit. Les lignes, en revanche, sont nettement plus consensuelles, presque rassurantes. On note tout de même une face avant plutôt expressive, avec du chrome sur la calandre et une bande bleutée qui souligne le regard. Encore une preuve que le Vitara a plutôt bien vieilli…

A l’intérieur, le constat est le même. Au premier regard, la présentation paraît très datée, tant au niveau de la dalle centrale, que du levier de vitesses, sans oublier les compteurs derrière le volant et l’horloge à aiguilles entre les aérateurs (comme sur une DS7… enfin presque !). Mais ce côté vintage participe au charme de l’ensemble, d’autant qu’un insert style aluminium apporte une touche de modernité sur la planche de bord.

L’hybride auto-rechargeable, qu’est-ce que ça change ?

Mais lorsque l’on achète une Suzuki (sans faire injure à la marque), ce n’est généralement pas pour des considérations esthétiques. A l’inverse, la fiabilité et l’efficience font partie des argument souvent mis en avant par les automobilistes.

Alors que la marque avance à petits pas vers l’électrification, le Vitara bénéficie déjà depuis 2020 d’une motorisation à hybridation légère 48V 1.4 BoosterJet. Aujourd’hui, la firme nippone veut réunir le meilleur des deux mondes, avec son nouveau système hybride auto-rechargeable 1.5 DualJet. Le moteur thermique de 102 chevaux est ici combiné à un bloc électrique de 33 ch et une boîte auto AGS à 6 rapports, pour une puissance totale cumulée de 115 chevaux. Un chiffre faiblard en apparence, d’autant que cette version AllGrip affiche 1315 kilos sur la balance. Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à des accélérations qui vous collent au siège (0-100km/h en 13,5 secondes), mais l’essentiel est ailleurs.

Essai Suzuki Vitara hybride

Au démarrage, le moteur thermique entre immédiatement en action, mais le Vitara repasse rapidement en mode zéro émission. Même si cela ne dure que quelques kilomètres, il est donc possible de rouler en ville sans consommer la moindre goutte de carburant. Mais puisque le bloc thermique ne recharge pas la batterie, celui-ci reprend le dessus en douceur, sans à-coup, les ruptures de couple étant plutôt bien compensées. Les deux travaillent ensuite de concert de façon assez efficace, ce qui se traduit en partie dans les chiffres : une conso constatée autour de 7l/100km au terme d’un parcours montagneux de 700 kilomètres en Haute-Savoie, entre la Vallée Verte et les rives du Léman (mais qui descend à 6 litres sur un parcours plus « tranquille »). Les émissions de CO2, elles, sont annoncées à 132g/km, soit un (petit) malus de 170€.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Suzuki Vitara enregistre une bonne partie de ses ventes dans la région alpine. La bête se montre particulièrement à l’aise sur les routes montagneuses… et encore plus sur terrain glissant. Avec son système AllGrip Select, la voiture peut rouler majoritairement en deux roues motrices quand les conditions le permettent et se transformer en vrai 4×4 sur les sentiers caillouteux ou la neige (que nous n’avons pas trouvée en ce début novembre). Le blocage de différentiel central associé au système de surveillance électronique de trajectoire assurent une progression aussi sure qu’efficace. Un atout de taille quand on cherche un véhicule capable de rouler l’hiver en toutes circonstances.

Suzuki Vitara hybride AllGrip

En résumé, notre avis sur le Suzuki Vitara 1.5 DualJet Hybrid AllGrip

En ce doux automne, entre Annecy et le Grand-Bornand, ou à proximité du plateau des Glières, notre Vitara Hybrid AllGrip aura brillé par sa polyvalence, son confort et son efficacité.

S’il bénéficie de sièges (très) confortables (et chauffants) à l’avant, seules 2 personnes pourront vraiment s’installer à l’arrière pour de longs parcours… et encore celles-ci ne devront pas être trop grandes. Cette habitabilité est compensée par la présence d’un toit ouvrant panoramique qui rend les trajets à bord agréables à vivre. Attention aussi au volume du coffre, réduit à 289 litres dans cette configuration hybride (mais qui peut atteindre 1046l une fois la banquette 2/3-1/3 rabaissée).

Cette faculté qu’a le Vitara à ménager la chèvre et le chou ou, plutôt, à toujours retomber sur ses pattes se vérifie aussi dans sa connectivité. Alors que le système d’infodivertissement est tout sauf intuitif, il se rattrape en étant compatible avec Apple CarPlay et Android Auto.

Au final, ces quelques jours passés au volant du petit frère du S-Cross auront permis de mieux comprendre son succès qui ne se dément pas. Bien sûr, ce SUV est loin d’être parfait et navigue à 1000 lieues des standards de plus en plus premium de ses rivaux. Mais comme souvent, le constructeur nippon a fait le choix du pragmatisme avec ce 4×4 à l’aise partout, économe et confortable.

Disponible à partir de 24 490€ (et 32 640€ dans la version Style essayée ici), le Suzuki Vitara ne rivalisera sans doute pas avec une star comme le Dacia Duster. Mais ce tout-terrain se pose comme une alternative tout à fait valable face à des modèles hybrides comme le Renault Captur ou le Ford Puma.

Ludovic

Chez Masculin.com depuis 2009, j'ai commencé par vous parler d'automobile et de culture (cinéma, musique, jeux vidéo...). Aujourd'hui, je vous parle aussi de mode et de high-tech... et de plein d'autres choses !

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