Ludovic Bonnet
Il y a 11 ans

Les voitures électriques

Le futur de l’automobile depuis plus d’un siècle vu par Luc Debraine


A l’heure où l’écologie redevient une préoccupation centrale, les voitures électriques semblent revenir à la mode. Pourtant, les premiers modèles ont vu le jour dès le milieu du 19ème siècle. Luc Debraine retrace ces quelque 150 ans d’histoire dans son livre paru aux éditions Favre.

17 juin 1842. C’est à cette date que semblent remonter les premières traces de voiture électrique. C’est alors l’Edimburg Evening Journal qui relate une information selon laquelle un certain Andrew Davidson aurait roulé dans les rues de la cité écossaise à bord d’un véhicule électrique léger.
Ce véhicule était muni de deux essieux actionnés simultanément par quatre électroaimants chacun. Mais cet Andrew Davidson a disparu aussi vite qu’il est apparu et ce sont là les seules traces de ce premier véhicule électrique.

Le 11 juin 1895 est organisée la première grande course automobile de l’histoire : la Paris-Bordeaux-Paris, soit un parcours de 1 200 kilomètres. 12 autos à pétrole, 6 à vapeur, 2 cycles à pétrole et une voiture électrique sont sur la ligne de départ. Cette dernière est conduite par Charles Jeantaud, carrossier. Pour cette course, il crée, à grands frais, un break à six places aux roues en bois. Cette voiture de 7 chevaux emmagasine 38 accumulateurs Fulmen de 15 kg chacun. L’autonomie de la batterie est d’une cinquantaine de kilomètres, à la moyenne de 24 à 30 km/h.
Handicapée par diverses pannes, l’automobile de Charles Jeantaud arrive à Bordeaux… mais doit abandonner la course. Malgré tout, cette performance est saluée par le public.

Course automobile et recherche de performance ont rendu les voitures électriques de plus en plus rapides. Le 4 mai 1899, le Belge Camille Jenatzy passe pour la première fois la barre des 100 km/h au volant de la « Jamais Contente ». Une performance ahurissante qui a mis fin à la course au record que se livraient de nombreux passionnés d’automobile.

A l’aube du 20ème siècle, la voiture électrique se démocratise. Les flottes de taxis des grandes villes étaient d’ailleurs des véhicules électriques. De grands noms tel Ferdinand Porsche considéraient même que le futur de l’automobile ne pouvait être qu’électrique. A l’exposition universelle de Paris, ce dernier a d’ailleurs présenté une voiturette Lohner propulsée par des moteurs électriques installés dans les roues avant.

En tant qu’inventeur de l’ampoule à incandescence, Thomas Edison ne pouvait que se prononcer en faveur de la propulsion électrique. Il a d’ailleurs réussi à convaincre Henry Ford de produire une voiture électrique en grande série des 1913. Ce premier modèle de Ford T revu et corrigé – et qui aurait dû s’appeler Edison-Ford – ne fonctionne pas… Et finalement, c’est devant une Ford T a essence que lui a donné Henry Ford qu’Edison se contente de poser devant l’objectif en 1928.

La Seconde Guerre mondiale redonne un coup de fouet à la voiture électrique. L’avionneur français Bréguet se convertit ainsi à la voiture électrique, tout come Peugeot, qui lance la VLV, « Voiture légère de ville », propulsée par 4 batteries au plomb de 12 volts. Commercialisée dès 1941, la Peugeot VLV pouvait emmener deux personnes à 30 km/h pour une autonomie de 80 km. Les personnes de grande taille devaient soulever la capote avant d’entrer dans l’habitacle. Pendant la guerre, la VLV est notamment utilisée par la Poste française.

A la fin des années 1950, les voitures à essence règnent. Il faut dire que le pétrole est bon marché. Mais dès 1959, la Henney Kilowatt, construite sur le châssis d’une Renault Dauphine, voit le jour. Il s’agit de la première voiture électrique moderne, mais l’échec est cuisant : seuls 32 exemplaires ont été vendus. Trop lourde, trop chère, pas assez performante, la Henney Kilowatt plombe l’avenir des automobiles électriques pour les décennies suivantes.

Dans les années 1990, Peugeot tente d’introduire massivement la voiture électrique en France. Mais avec seulement 12 000 véhicules à batteries commercialisés en une quinzaine d’années, c’est un nouvel échec. Pourtant, l’éveil d’une certaine conscience écologique pousse les constructeur à se retourner vers l’énergie électrique à l’aube des années 2000. Ainsi, BMW lance la Mini E, alimentée par une batterie lithium-ion et développant 204 ch pour une autonomie de 240 km.

En 2009, les voitures électriques semblent redevenues à la mode. Au salon automobile de Genève, plusieurs constructeurs dévoilent des modèles hybrides ou 100 % électriques. C’est notamment le cas de la Mitsubishi iMiEV ou encore la Bolloré BlueCar (photo)… Cette dernière prétend notamment à une autonomie de 250 km pour une vitesse de pointe de 130 km/h. Avec son Ampera, Opel fait encore plus fort, le constructeur allemand annonçant une autonomie de 500 km (avec l’aide d’un petit moteur supplémentaire à combustion interne) pour une vitesse pouvant atteindre 161 km/h.

Pour General Motors, l’avenir des voitures électriques est déjà demain. La Chevrolet Volt devrait ainsi être lancée dès 2010 aux Etats-Unis, au prix de 40 000 dollars. Un handicap de taille pour une voiture pourtant performante : autonomie de 60 km en tout électrique (ou 600 km avec 25 litres d’essence), batterie chargée en 3 heures sur du 240 V.
C’est à peu près à la même période (ou un peu avant) que Fisker lancera la Karma, une voiture GT surpuissante de 403 chevaux. L’énergie qui fait tourner les roues du véhicule est 100 % électrique et le moteur à essence ne sert que de générateur. Elle sera vendue à partir de 87 900 dollars…

Après les problèmes de fiabilité de ses débuts, la voiture électrique fait aujourd’hui face à un nouveau problème de taille : son prix. Quoi qu’il en soit, il semble difficile de prévoir un avenir à court terme à la voiture 100 % électrique. Et si la propulsion hybride semble être la solution, certains constructeurs envisagent déjà d’autres énergies, notamment le solaire. Au salon de Détroit 2009, une voiture hybride était équipée de cellules photovoltaïques sur le toit. Alors qu’adviendra-t-il de la voiture électrique ?

Pour en savoir plus :
« Les voitures électriques – Un futur pour l’automobile » – Luc Debraine
Editions Favre
180 pages
Prix : 34 euros

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Ludovic Bonnet

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