Un automne très rap

Cinq albums incontournables

Phénomène de société, le rap est encore à l'honneur en cet automne 2009. Ce sont plus généralement les musiques dites urbaines qui vont se retrouver sous le feu des projecteurs. Parmi les albums à côté desquels il sera difficile de passer – même pour de bonnes raisons – figurent ceux de Kool Shen, Sinik, 50 Cent, Salif ou encore Wax Tailor.


Kool Shen pique sa crise de soncience
Quand c'est fini, il y en a encore. En 2004, avec son album « Dernier Round », Bruno Lopes alias Kool Shen clamait que cet album serait son dernier en solo. La suite de sa carrière devait se concentrer sur la production et sur quelques apparitions en featuring.
Entre-temps, Kool Shen a retrouvé Joey Starr pour la renaissance de NTM le temps d'une tournée « triomphale ». Et ce 2 novembre 2009, Kool Shen pique finalement une nouvelle crise, une « Crise de conscience », du nom de son nouvel opus.


Du bon et du moins bon
A 42 ans, le rappeur n'a rien perdu de sa verve et de sa hargne. En témoignent les premiers extraits de cet album, « La France hallucine », le très bon « J'reviens » avec Joey Starr, ou encore le plus répétitif « C'est bouillant », en duo avec Salif.
Fidèle à sa réputation, Kool Shen dresse un constat assez sombre de la condition sociale qu'il déplore aujourd'hui en France. L'artiste y fait remarquer que, même si tout les citoyens ont droit à l'intégration, ce sont toujours les pauvres qui remplissent toutes les prisons et les usines. Encore des portes ouvertes enfoncées, diront les grincheux… et pas forcément à tort.

« Crise de conscience » – Kool Shen
Sortie le 2 novembre 2009
Un dernier pour la route ? A l'instar de Kool Shen avec « Dernier Round », Sinik a annoncé que ce « Ballon d'or » serait son dernier album. Après, il rangera ses crampons et son micro pour prendre la casquette de producteur.
Carré magique ?
Cet album sera en tout cas le quatrième de Sinik. Révélé en 2005 avec l'opus « La main sur le cœur », Thomas Gérard Idir – son vrai patronyme – a ensuite squatté les sommets des charts avec « Sang froid » en 2006 puis « Le toit du monde » en 2007. Soit un rythme d'un album par an. Un rythme soutenu qui a peut-être nui à la réussite de ses opus, Sinik basculant peu à peu dans le côté obscur et commercial du rap.
Le fameux « album de la maturité » ?
Après donc presque 2 ans d'attente, il revient avec ce « Ballon d'or ». Un album qui marque un certain retour aux sources pour Sinik, d'un point de vue artistique, sur lequel l'artiste semble faire preuve de davantage de maturité. La conséquence de sa paternité, peut-être, lui qui est papa d'une petite Inès depuis le 3 mars 2009.
Ce quatrième album devrait donc marquer le clap de fin en ce qui concerne la carrière de chanteur de Sinik. Un clap de fin, comme au cinéma. Ca tombe bien, le clip de « Mort ou vif », premier extrait de l'album, a a été conçu comme un film : mise en scène chiadée, dialogues et plus de 12 minutes de vidéo ! Si Sinik tourne définitivement la page après ça, il aura donc eu le mérite de finir en apothéose.

« Mort ou vif » – Sinik
Sortie le 30 novembre 2009

Peut-on vraiment parler de rap ? Quand il est question de 50 Cent, les avis divergent toujours. Une chose est sûre, les critiques à son égard sont de plus en plus nombreuses, notamment dans le monde du hip-hop. Il faut avouer que la musique de 50 Cent est taillée pour les boîtes de nuit et que l'artiste ne laisse pas beaucoup parler sa plume pour écrire ses morceaux. Mais pour ceux qui ne veulent pas voir dans le rap que des chansons négatives ou des chansons « qui dénoncent » quelque chose, 50 Cent peut être une solution.
Un premier single en featuring avec Ne-Yo
Ainsi, son nouvel album, « Before I self destruct » s'inscrit dans la droite lignée de « The Massacre » et « Curtis ». Enchaînant les featurings comme d'autre les perles, 50 Cent livre un premier single très conventionnel, « Baby by me », en duo avec Ne-Yo. L'originalité n'est pas au rendez-vous, mais le timbre de « Fifty » si, de même que les sonorités électros et autres effets numériques qui font de ses chansons les reines du dancefloor. Et que l'on aime ou que l'on n'aime pas l'œuvre de 50 Cent, il faut lui reconnaître un certain talent : avoir su séduire le public et vendre plus de 35 millions d'albums dans le monde en moins de 6 ans.

« Before I self destruct » – 50 Cent
Sortie le 16 novembre 2009

Si Sinik a annoncé qu'il se retirerait de la scène rap après la sortie de son album « Ballon d'or », il peut partir tranquille : la relève est assurée. En matière de rap « hardcore » – toutes proportions gardées, ce n'est pas non plus du Ideal J de la grande époque – Salif est un digne successeur.
Salif hésite… nous aussi
Il y a quelques années, l'une des chansons de Salif avait suscité la polémique : « Les keufs sont lynchés, enfin, ça soulage, faut que Paris crame »… On était alors loin de la tendresse et de la poésie.
Dans son album « Curriculum Vital », dans les bacs depuis quelques semaines, Salif fait preuve de plus de retenue, comme le montre parfaitement le premier single, intitulé « J'hésite ». Un titre qui veut tout dire. Musique agréable, sans être transcendante, textes bien posés, sans être de grands moments de langues française, Salif nous fait aussi hésiter. Faut-il aimer ou non ce « Curriculum Vital » ? Mais pour peu que l'on aime le rap sans prise de tête, la réponse semble être oui. Pour ceux qui souhaitent offrir à leurs oreilles quelque chose d'inédit avec un peu plus de recul, le doute est permis…

« Curriculum Vital » – Salif
Déjà disponible
Dans le monde du rap, on l'aura compris, il y a le rap commercial – 50 Cent ou le 113, pour ce qui est de la scène française – et le rap plus adulte, avec des artistes tels que Oxmo Puccino ou Féfé. Wax Tailor se place plutôt dans cette deuxième catégorie. Si tant est qu'il soit possible de classe Wax dans une quelconque catégorie.
Avec son troisième album intitulé « In the mood for life », Wax Tailor réalise une formidable fresque organique aux savants accents orchestraux, qui concilie les mélodies de la pop et le groove du hip-hop.

Le même en différent… et en mieux
Dans « In the mood for life », on retrouve la signature sonore de Wax, avec son énergie hip-hop mêlée à son goût pour les mélodies mélancoliques. Bien évidement, son écriture a évolué  – mais ses textes restent en anglais, qu'on soit bien d'accord – et ses arrangements se sont largement étoffés. Car Wax Tailor est un vrai artiste, qui s'entoure de vrais instruments de musique. Un fait assez rare dans le monde du hip-hop pour être signalé. Ici, les cordes occupent donc le premier plan comme sur les titres « Go without me » et « Dry your eyes ».
Jazz, soul, pop, funk et rap cohabitent donc en parfaite harmonie sur cet album, qui démontre toute l'étendue du talent et des influences de Wax Tailor. Car si un artiste a su se renouveler en restant fidèle à ses principes, c'est bien lui.

« In the mood for life » – Wax Tailor
Source : www.zikeo.net

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Ludovic Bonnet

Chez Masculin.com depuis 2009, j'ai commencé par vous parler d'automobile et de culture (cinéma, musique, jeux vidéo...). Aujourd'hui, je vous parle aussi de mode et de high-tech... et de plein d'autres choses !