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Il y a 10 ans

Le catch, pourquoi ça marche ?

Les gladiateurs des temps modernes

Quand j’ai demandé autour de moi s’il y avait des amateurs de catch, je ne m’attendais pas à un tel déluge de témoignages (essentiellement masculins, il faut bien le dire). Pour rigoler, se défouler ou satisfaire de bas instincts, le catch est surtout prétexte à grosse marrade entre potes. Quand on mord au catch, on finit toujours par se laisser prendre au jeu !


Retour en farce
Le catch animait déjà les spectacles forains au XIXème siècle. Dans la plus pure tradition du cirque, les catcheurs exacerbent le burlesque et font rire en se faisant mal. Il y a toujours un bon et un méchant : on jubile quand le bien triomphe… ou le contraire !
Noms de scène de durs à cuir(e), looks mi-SM, mi-super héros, mises en scène léchées… le catch est un sport-spectacle, un vrai divertissement, comme au temps des gladiateurs (les fauves et les morts en moins).

Le catch s’est popularisé aux Etats-Unis dans les années 60 et surtout dans les années 80 grâce à la WWE (World Wrestling Entertainment). En France, on est resté très longtemps méfiant vis-à-vis de ce sport « truqué » où tous les faux coups sont permis. Une image ringarde lui collait même à la peau.
Récemment porté à l’écran par Mickey Rourke dans « The Wrestler », le catch est devenu soudainement branché, aussi bien chez les kids (avec un merchandising très poussé) que chez les « adulescents ».

L’accès aux chaînes câblées et à la culture américaine par le biais des bouquets de chaînes de télévision (câble ou ADSL) a contribué au succès du catch en France. Nombreuses sont celles qui diffusent les shows produits par la WWE.
Pour Righton, un ami graphiste dont l’avatar* représente un catcheur, c’est paradoxalement le côté bidonné du catch, la mode du kitsch et l’amour de la dérision qui plaisent dans ce sport-spectacle. Une délicieuse régression saupoudrée de retour en enfance où l’on se bat pour de faux sans se prendre au sérieux dans des costumes frisant souvent le ridicule : les ingrédients sont réunis pour savourer une passion second degré.

*sur le site Langocha.com

Celui qui en parle le mieux, c’est Toxic, du site Canardpc.com. Critique de films à ses heures, il n’hésite pas à comparer catch et cinéma, voire avec les soap-operas.
« Le catch marche parce qu’il offre à l'amateur d'action un spectacle que le cinéma de série B actuel ne sait plus vraiment produire : il y a des personnages mémorables, des histoires simples et efficaces, les cascades et les combats sont bien chorégraphiés et filmés de manière lisible ».

Le catch c’est aussi une question de génération : « On a commencé à regarder quand on était petits, dans les années 80, aujourd'hui on le redécouvre avec du recul, on apprécie l'aspect clownesque et caricatural au second degré. Et puis ça a un côté plaisir coupable, on regarde ça comme certaines filles regardent « Les Feux de l'Amour », on est irrésistiblement attiré par cet univers riche en trahisons, coups bas et rebondissements improbables, tout en sachant que c'est un peu crétin et bas-du-front… »

Comme pour tout phénomène de mode, on peut déplorer la récupération abusive et mercantile de ce qui était à la base un gentil hobby de messieurs tranquilles. Le plus inquiétant dans cette histoire, c’est peut-être l’engouement des tout-petits qui ne saisissent pas forcément le second degré du catch !

Pour en savoir plus :
Découvrez le site français de la WWE ou encore la critique de Toxic à propos du film Super Nacho, sur l'univers du catch

 

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