Ça y est : on a percé le Mystère de La Femme !

La Femme : voici l’avenir de la pop en France

La Femme, jeune groupe français stylé et décontracté aimant brouiller les pistes musicales, confirme son goût pour le mélange des genres et son inventivité dans un deuxième album foisonnant, au titre… mystérieux : Mystère.

Sur la planche, le premier tube de La Femme

La Femme incarnerait, depuis le tournant 2010 et un premier tube, Sur la planche (si, si, vous l'avez forcément déjà entendu), l'avenir de la pop en français. Un sacré challenge que ces six jeunes "vingtenaires" se font fort de relever avec cette quinzaine de nouveaux titres mêlant le surf-rock à la new wave des années 80 avec des paroles faussement naïves, assez "yéyé" dans l'esprit, chantées par des voix masculines et féminines.

Succès aux Victoires de la Musique, à Rock en Seine…

Après une poignée de mini-albums qui avaient suscité un petit "buzz", le groupe avait sorti son premier album Psycho Tropical Berlin en 2013 avec des ventes honorables (près de 45 000 exemplaires écoulés selon le groupe), une Victoire de la musique dans la catégorie révélation. Leurs concerts, empreints d'une belle énergie, ont suscité l'adhésion d'un noyau des fans très fidèles. En témoigne la belle ovation entendue lors de leur concert au festival parisien Rock en Seine.

La Femme aime son indépendance

Très attachée à son indépendance, La Femme passe par le label Barclay (Universal) pour la distribution de ses disques, mais assure lui-même sa production, veillant jalousement à garder le contrôle artistique. Créées par les deux "têtes pensantes" Marlon Magnée (chant, clavier) et Sacha Got (chant, guitare), les nouvelles chansons ont ainsi été enregistrées par le "geek" de la bande, le bassiste Sam Lefèvre.

"Sur le premier album, on avait un ingénieur du son. Cette fois, Sam l'a fait. Ça a permis d'être plus rapide, plus direct, de rester davantage entre nous", explique Marlon, croisé avant le concert de Rock en Seine.

De la pop à la musique orientale en passant par le folk médiéval

"On aime bien avoir des regards extérieurs, des avis avant que ça sorte, mais on les écoute… ou pas", ajoute le jeune chanteur aux cheveux affichant plusieurs teintes improbables, allant du rose au bleu en passant par le blond.

S'ils chantent leur peur des rentrées dans un de leurs nouveaux morceaux ("Je sens le stress qui me prend et m'empêche de profiter de la fin de l'été", dans Septembre), les six de La Femme assurent pour autant ne pas ressentir de "pression" particulière à l'heure de sortir leur deuxième album, conçu entre Paris, la Bretagne et la Californie.

Ces enfants de la génération internet, allergiques aux chapelles musicales et rêvant de carrière internationale, y poursuivent leur exploration musicale sans souci de sortir des formats pop (les 13 minutes du titre final). "On est allé explorer d'autres styles, du côté du folk français médiéval des années 60 pour 'Le vide est ton nouveau prénom' ou des musiques orientales pour 'Psyzook'… Le but, c'est de ne pas avoir de barrières."

Des chansons qui parlent d'amour, de soirées et… de mycose

Le groupe reste tout de même fidèle aux fondamentaux du premier album, avec des rythmiques entraînantes, des guitares surf, des claviers années 80 et plusieurs voix féminines, celle de la chanteuse du groupe Clémence Quélennec mais aussi celles d'une demi-douzaine d'invitées.

Le tout pour conter, avec des paroles souvent simples et directes, des histoires du quotidien d'amours de jeunes gens ("Où va le monde", "Elle ne t'aime pas", "Tueur de fleurs"), de soirées parisiennes  ("SSD") ou… de mycoses (dans "Micose") ! "Plein de gens ont eu des mycoses, on s'est dit qu'ils peuvent ainsi s'identifier… Et en plus, c'est un thème qui n'a sans doute jamais été abordé, non ?", lance Marlon, pince-sans-rire.

Une imagination débordante que le groupe a l'habitude de pousser jusqu'aux visuels, à l'image de ses clips ou de la pochette du nouveau disque, où, là aussi, La Femme aime parfois brouiller les pistes.

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