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Il y a 9 ans

Les héros de jeux vidéo au cinéma

Des grands noms qui ne crèvent pas (encore) l’écran

Malgré les évolutions techniques de l'industrie du cinéma et la bonne volonté des réalisateurs, les adaptations de jeux vidéo s'apparentent depuis plus de vingt ans à la catégorie « nanar ». Ubisoft, troisième éditeur mondial, contre-attaque en créant son propre studio de production. Attendons donc de voir sur grand écran trois de ses franchises : Assassin's Creed, Ghost Recon et Splinter Cell. Enfin une promesse de qualité sur ce terrain ?


Un héritage peu glorieux
Les premières adaptations apparaissent au milieu des années 90. Le premier coup d'essai relate les exploits du plus célèbre des plombiers, pour lequel on peut encore éprouver une certaine nostalgie : Super Mario Bros.

Donnant habituellement le premier rôle à des hommes en mal d'action ou de révélation (Street Fighter, Mortal Kombat), ces grosses productions, converties aujourd'hui en vulgaires DVD de zone 2, laissent parler la plastique de jeunes filles en fleurs (Tomb Raider, Resident Evil) pour reconquérir le public masculin. On ose même brader la sortie plus qu'attendue de Tron L'Héritage en mettant en avant le travail de Daft Punk pour une BO bien bobo. Ce type d'adaptation, exploité sans vergogne par les studios hollywoodiens, consiste à reprendre un jeu vidéo à succès et à le transposer pour répondre à de nouveaux effets de mode. L'aspect financier prend donc le pas sur la créativité, permettant de déchaîner les critiques ou déclencher des fous rires.

Du jeu de combat à la chasse aux zombies ou autres créatures des ténèbres (Silent Hill), en passant par les reconstitutions historiques (Prince of Persia), les scénarii sont souvent bâclés et ne respectent en rien la psychologie première des personnages.

Les effets spéciaux, certes démultipliés par le numérique et de la technologie 3D, ne pourront pas à eux seuls réconcilier le 7ème art et le monde du jeu vidéo.

Bien installé dans son fauteuil, le joueur se transforme en simple spectateur et troque sa manette pour contempler des images, malmenant souvent la narration originelle. Cette perte d'interactivité ne joue pas en la faveur des réalisateurs, qui doivent oser des approches différentes et mieux s'approprier les codes du jeu vidéo (Existenz, Matrix, Avalon).

Alors que les éditeurs se lancent dans la course à la production, arriveront-ils au final à fédérer leur communauté de joueurs, avide d'émotions et de sensations ? Ubisoft parviendra-t-il enfin à changer la donne avec Splinter Cell, Ghost Recon et Assassin’s Creed ? La réponse bientôt dans vos salles.