American Nightmare : le thriller épouvante à l’origine de la saga à voir ou à revoir

Depuis la sortie du premier opus en 2013, American Nightmare (The Purge en VO) s’est étiré dans une saga de 5 films – le dernier étant attendu pour l’été 2021 – et dans une série de 20 épisodes répartis sur 2 saisons (The Purge, disponible sur Amazon Prime). Un succès surprise pour ce huis-clos d’horreur à petit budget qui dépeint une société violente et inégalitaire.

En mai, Netflix l’a ajouté à son catalogue, l’occasion pour nous de revenir sur ce thriller épouvante sans prétention dont la satire féroce trouve plus que jamais écho en 2021.

La société de production Blumhouse Pictures (Insidious, The Bay, Paranormal Activity 1 à 4) a frappé fort en 2013 dans le genre petit-film-concept-sans-prétention-qui-cartonne avec American Nightmare (The Purge en VO). En effet, l’arriviste au succès presse mitigé a engrangé pas moins de 40 millions de dollars pour sa première semaine d’exploitation outre-Atlantique. Ce succès surprise pour un « Rated R » (interdit aux moins de 17 ans) n’est pas dû à son unique force anxiogène mais surtout à son propos qui a manifestement touché un point sensible dans un pays englué dans sa constitution et ravagé par le chômage et la crise économique.

Le Pitch : Au sein d’une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.

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Voici donc la solution présentée par James DeMonaco pour vivre apaisé 364 jours par an : une nuit de déchainement collectif, une purge bien méritée durant laquelle le citoyen modèle et dominant libère ses instincts primaires et toute sa haine afin de vider la vermine des rues, bien incapable de se protéger. Le gouvernement a en effet trouvé la solution à ses maux récalcitrants, le chômage, la misère et la délinquance en fermant les yeux 12 heures durant et en laissant chacun faire sa loi.

De ce postulat aussi intéressant que perturbant, DeMonaco (scénariste d’Assaut sur le central 13 et réalisateur de Little New York) réalise un thriller-épouvante à glacer le sang, une satire sociale d’une violence aussi flagrante que suggérée, où l’hémoglobine laisse place à une chasse à l’homme et une home-invasion pétrifiante menée par des bourreaux proches du duo formé par Michael Pitt et Brady Corbet dans Funny Games.

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Après un générique sur fond de musique classique, emprunté à L’Armée des morts, DeMonaco nous insère au sein d’un quartier banlieusard américain typique, net et sans tâche, où les voisins s’offrent des petits gâteaux et où la réussite est placardée sur les façades des maisons. Tous les habitants du quartier se préparent alors pour la purge qui débute le soir même, s’échangent des « Soyez épargnés » hypocrites et déposent un vase de fleurs bleues devant leur maison en témoignage de leur soutien à la purge.

Dés les premiers plans, la caméra de DeMonaco va chercher l’expression au plus près et capte les expressions des visages par des plans rapprochés perturbants. Le réalisateur va d’ailleurs prouver son excellente gestion de l’unité de lieu en truffant sa réalisation de petites trouvailles brillantes : recours à la caméra de surveillance et au robot-vidéo pour des points de vue toujours plus angoissants.

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Également scénariste de la besogne, DeMonaco se pose une multitude de questions autour du rôle de ces Pères fondateurs 2.0 dans cette société américaine prédestinée à ce capitalisme ultra-libéral. Il prend plaisir à jouer avec les vanités humaines et va plonger au plus profond des recoins sombres de l’âme humaine. Un humain perverti par le culte de l’autodéfense, par l’ultra-violence et par le principe d’appartenance.

American Nightmare renoue avec l’horreur populaire des années 70 qui fait face aux travers d’une époque et trouve une connotation et une raisonnance politique bienvenue. Si vu dans son ensemble, le long métrage emprunte un déroulement plutôt roublard et perd en crédibilité ce qu’il gagne en spectaculaire, il a le mérite de trancher avec une uniformité décidément bien installée au sein de l’horreur contemporaine.

Notre note : ⭐ ⭐ ⭐ ★ ★

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