The Tomorrow War : Chris Pratt retourne vers le futur

Vous n’êtes surement pas passé à côté de la sortie de The Tomorrow War sur la plateforme Amazon Prime Vidéo. Pub à la TV, 4×3 dans les rues, bannière sur le site Amazon, tweets super enthousiastes des premiers téléspectateurs… le nouveau blockbuster de science-fiction avec Chris Pratt était voué à un grand succès. Au final ? Beaucoup de bruit pour pas grand chose.

Il ne fait aucun doute que The Tomorrow War, nouveau blockbuster de science-fiction body-buildé signé Chris McKay, est imaginé, ficelé et rythmé pour le grand écran. Alors quand la Paramount s’est résolu à le céder à Amazon Prime Vidéo contre un juteux chèque de 200 millions de dollars et à le destiner ainsi à un écran TV – voire mobile ! – il s’est vu flanqué d’un beau handicap. Car sans son surround et écran surdimensionné, son rôle de film spectacle prend du plomb dans l’aile et l’on découvre qu’il n’y a pas grand chose derrière.

Il faut dire aussi qu’il réunit tellement de scènes d’action exagérées, tellement de fanfaronnades et de fureur qu’au moins dans un cinéma, vous seriez trop submergé par les 34 choses qui se passent à la seconde pour pointer du doigt chaque défaut. Enlevez cette expérience immersive et ce que vous avez est un film assez mal construit et sentimentalement téléphoné qui rassemble trois films différents, dépareillés et qui varient énormément en termes de regardabilité.

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Pratt incarne Dan, un professeur de sciences et père de famille. Il vit en banlieue et vient d’être refoulé de ce qu’il imaginait être le job de ses rêves. Alors qu’il regarde un match de la Coupe du Monde Qatar 2022 en famille, des tourbillons de lumière violette font irruption au centre du terrain et déversent des dizaines de soldats armés. Ils viennent avec un message : en 2051, la Terre est envahie par des extraterrestres et l’humanité en passe de s’éteindre. L’avenir a donc besoin de l’aide du présent, en particulier, ils ont besoin de combattants.

Parmi les enrôlés se trouve Dan, mais aussi Charlie (Sam Richardson, à la fois sous-utilisé et mal utilisé), Dorian (Edwin Hodge), Cowan (Mike Mitchell) et Norah (Mary Lynn Rajskub). Tous sont déployés durant sept jours, et s’ils sont toujours en vie passé ce délai, alors ils seront automatiquement renvoyés dans le présent.

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Le concept de The Tomorrow War est intrigant et prometteur, en particulier en tant qu’histoire originale à l’heure où Hollywood ne jure que par les franchises, licences et autres reboot. Il ne s’enlise pas non plus trop dans le temps imparti (2h20 tout de même !). Non, ce qui cloche dans le fond est plutôt du côté de l’exécution à imputer au réalisateur Chris McKay, dont les deux précédents efforts cinématographiques étaient The Lego Movie et The Lego Batman Movie.

Il faut dire aussi que la matière première n’aide pas. Pompant des idées dans tout le spectre de la science-fiction – Alien, Edge of Tomorrow, Starship Troopers, Jumper, on pourrait continuer – le scénario de Zach Dean devient de plus en plus ridicule de minute en minute. Les gens sont lancés dans le chaos sans formation de base (le personnage de Richardson ne sait même pas charger une arme à feu). Et lorsque sauver le monde nécessite l’aide d’un volcanologue, la seule option est un garçon de 12 ans. Quelques bonnes trouvailles peuvent toutefois lui être accordé comme ce complot qui fait à la fois allusion au réchauffement climatique et insiste sur le fait que les scientifiques seront notre salut.

Sans trop de surprise, McKay ne sait pas vraiment quoi faire de tout ça. Le premier acte prend trop de temps à démarrer et le deuxième acte est une sorte de jeu vidéo déguisé en film. Une fois que Dan tombe dans le futur, en zone de guerre, l’action pleut au rythme d’une sulfateuse. Et aussi élaborées soient certaines scènes d’action – à un moment, les troupes sprintent à travers une friche urbaine décimée poursuivies par des dizaines d’extraterrestres qu’ils essaient de frapper dans une pluie de balles tout en mettant au point un blitzkrieg – le chaos est épuisant et forcément décevant sur un petit écran.

Cela n’aide pas que toute cette séquence dans le futur soit scénarisée et filmée comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo. À un moment donné, le personnage de Strahovski (qui fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a) est au sommet d’un char, tirant à la mitrailleuse et la caméra se déplace pour se positionner derrière sa tête comme s’il s’agissait d’un First-person shooter. Les extraterrestres peuvent aussi avoir des cibles rouges dessinées sur eux. Là encore, si on était au cinéma, la comparaison n’aurait pas été aussi évidente que de la regarder sur un écran de télévision avec la console branchée à côté.

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Ce n’est que dans la dernière partie que The Tomorrow War prend vie et trouve une identité – la présence à l’écran de J.K. Simmons n’y ait surement pas pour rien. La séquence culminante a un meilleur équilibre entre action sauvage et retenue surprenante, même si chaque histoire et chaque personnage sont téléphonés et que le cahier des charges de beaux sentiments filiaux, de pardon et de rédemption pose sa dernière pierre.

Sauf que lorsque le téléspectateur en arrive là, The Tomorrow War a déjà épuisé toute sa jauge de bonne volonté et d’énergie.

Notre note : ⭐ ⭐ ★ ★★

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