Comment je suis devenu un super héros : le french super-pouvoir

Encore une production rachetée par Netflix à la dernière minute. Comment je suis devenu un super héros, le nouveau film de science-fiction français signé Douglas Attal, était bien destiné à sortir en salles en octobre 2020 mais a du lui aussi composer avec les aléas de la pandémie.

Mais contrairement à The Tomorrow War, le petit sci-fi français n’en pâtit pas grâce à un scénario qui serre ses ficelles, un casting efficace, une bande originale rythmée et à un univers familier. De nos jours, il est difficile de faire un film de genre drôle, divertissant et véritablement engageant tout en conservant des tropes classiques. On dit oui.

Comment je suis devenu un super-héros n’est pas un film pop-corn de super-héros ordinaire. Situé au cœur du Paris moderne, le film tourne autour d’un monde dystopique où les super-héros et les humains coexistent. Mais que se passe-t-il lorsque la drogue et la cupidité sont mélangées ? Paris n’est plus tout à fait en paix.

Gary Moreau (Pio Marmai) est un détective qui agit comme agent de liaison avec la police pour les affaires liées aux pouvoirs surnaturels dans un monde où les super-héros sont monnaie courante. Aux prises avec une nouvelle partenaire, le lieutenant Cécile Schaltzmann (Vimala Pons), Moreau doit bientôt enquêter sur une affaire où les superpuissances sont colportées sous forme de drogues dans les marchés souterrains. Au centre de ce trafic se trouve Naja (Swann Arlaud), une vicieuse machine à tuer.

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Difficile de savoir qui a commencé la production en premier, mais Comment je suis devenu un super-héros apparait comme l’équivalent français de Project Power sorti en 2020. Le frenchy et la série B américaine très visuelle menée par Jamie Foxx et Joseph Gordon-Levitt sont pratiquement des copies conformes du point de vue de l’intrigue. Ils traitent tous deux de la superpuissance synthétisée en drogue, de la police dépassée par les forces post-humaines et d’un protagoniste au passé sombre et troublé. Seules différences, le dernier ne se prend pas autant au sérieux que le premier et ne mise pas exclusivement sur ses effets spéciaux, aussi réussis soient-ils.

C’est vrai, les effets visuels sont assez bluffants mais la force du film tient surtout dans sa maitrise et son équilibre scénaristique sans surenchère qui contraste forcément avec les maitres Marvel and co. Il emprunte d’ailleurs la voie la moins suivie dans le genre en abordant quelques problèmes non-dits de super-héros à travers un prisme sombre. Psychoses, cupidité, ego et les conséquences des complexes avec lesquels vivent les super-héros, sont explorés avec sensibilité. Mais ce faisant, le film rend également le voyage incroyablement aventureux, empruntant plusieurs directions périlleuses pour essayer de ménager la chèvre et le choux, ce qui ne manquera pas de perdre une partie des spectateurs en route.

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Notamment, le film ne s’atermoie jamais sur le passé de Moreau et est encore moins intéressé par la relation entre Moreau et Schaltzmann. Avec une meilleure écriture et plus de temps à l’écran, on aurait pu imaginer voir Marmai et Pons développer un lien qui semble organique. Cependant, le film les précipite de « partenaires qui ne veulent pas travailler ensemble » à « partenaires romantiques » sans avoir le temps de développer véritablement des sentiments romantiques ou même un respect mutuel. Ce n’est peut-être pas le propos ici, mais la romance semble être posée la comme une simple case cochée dans un cahier des charges.

On pourrait en dire autant de l’image du grand méchant (Naja, Swann Arlaud) très caricaturale dans son écriture et qui ne profite d’aucune profondeur. Comme tout bon film fantastique, l’histoire part d’une « backstory » intelligente, mais a du mal à trouver l’équilibre entre l’efficacité du non-dit et la transparence explicative.

Pio Marmai est excellent en flic lunatique avec plus d’un tour dans son sac et son duo avec Vimala Pons (très à l’aise) fonctionne parfaitement. Leila Bekhti et Benoît Poelvoorde font de brillantes apparitions en super-héros frustrés et coincés dans leurs années de gloire. Poelvoorde, en particulier, a tendance à voler la vedette dès qu’il apparait à l’écran en tant que super-héros façon flash atteint de la maladie de Parkinson.

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Rempli d’aventures et de quelques larmes, Comment je suis devenu un super héros n’a pas non plus peur d’explorer les problèmes socio-pathologiques dont souffrent les super-héros. Aidé de VFX nets et de séquences pleines d’adrénaline, il n’y a rien à redire sur le thriller parisien élégant de Douglas, à regarder sans présomption.

Notre note : ⭐ ⭐ ⭐ ⭐ ★

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