Ted Lasso, Schmigadoon!, les séries à voir sur Apple TV+ ce week-end

Ted Lasso, une saison 2 au diapason

Ted Lasso, l’outsider

Il n’y a pas eu de plus grand outsider à la télévision l’année dernière que Ted Lasso, la comédie footballistique sans prétention et pas particulièrement ambitieuse d’Apple TV+.

Basée sur un personnage que Jason Sudeikis qui avait initialement fait le buzz dans des promos pour NBC Sports, la série, sur un entraîneur de football universitaire américain recruté pour diriger une équipe de football professionnelle à Londres, a remporté 20 nominations aux Emmy Awards la semaine dernière (y compris dans la catégorie « meilleure comédie ») et a finalement fait d’Apple TV+ un service incontournable pour de nombreux téléspectateurs.

Un succès pas volé

Expliquer le succès de Ted Lasso n’est pas si difficile. Il dispose d’un casting talentueux – dont sept d’entre eux ont été nominés, y compris Sudeikis – et un humour folklorique assez unique qui est composé pour moitié de blagues bateau et de débilité inspirée de l’autre. Quand on lui demande s’il croit aux fantômes, le toujours sérieux Ted répond : « Moi. Mais plus important encore, je pense qu’ils doivent croire en eux-mêmes. »

Ted Lasso est un fantasme de décence, de masculinité non toxique, de leadership par l’intelligence émotionnelle. C’est du porno de gentillesse façon Bienvenue à Schitt’s Creek, Brooklyn 99 et Parks and Recreation, des séries aux fervents fans qui chérissent, plutôt que de remettre en question, les paramètres tolérants de ces séries qui mettent la crédulité à rude épreuve.

Coach Beard, Ted et Nathan attendent un but décisif !
ted lasso saison 2

Alors, que réserve la saison 2 de Ted Lasso ?

Si vous étiez fan de la salubrité énergétique de la première saison, vous ne serez pas déçu par la suite. Lasso fait du Lasso et l’on retrouve avec plaisir tous les personnages qui ont su nous charmer durant les premières aventures (Nick Mohammed au premier plan). Quelques circonvolutions de l’intrigue vont montrer Jamie, qui avait été vendu à une autre équipe, et Roy, poussé vers la sortie à cause de son âge avancé. A ce sujet, s’il y a bien une chose sur laquelle Ted Lasso n’est pas optimiste, c’est la vie après le terrain.

Un accord annulé avec une entreprise commanditaire polluante donne à Rebecca du fil à retordre et fera probablement boule de neige dans une histoire centrale plus tard dans la saison. Et Ted lance une nouvelle offensive de charme contre un autre futur converti de l’école de pensée Lasso, la psychologue du sport de l’équipe (Sarah Niles), qui est tout aussi rompue que lui dans l’art de la déviation.

On ne boude pas notre plaisir devant Ted Lasso, bâti sur le charme et l’empathie. Il est vrai que la gentillesse en tant qu’éthique de série est probablement plus difficile à rendre divertissante que la méchanceté, ce qui explique peut-être le succès de la série.

Schmigadoon!, attention les yeux

Autre série prometteuse qui, comme Ted Lasso l’année passée, s’est offerte une sortie sans tambour ni trompette mais fait parler d’elle l’air de rien, Schmigadoon! (à vos souhaits) a tout pour séduire les foules en tant que parodie improbable mais étrangement réussie d’un classique de la comédie musicale.

Bienvenue à Schmigadoon!

Bienvenue à Schmigadoon, « où les hommes sont des hommes et les vaches sont des vaches », une terre musicale magique où Melissa et Josh (Cecily Strong et Keegan-Michael Key) se retrouvent bloqués lors d’un voyage destiné à redonner les clés à leur couple pour fonctionner. Il se rendent vite compte qu’ils sont piégés dans cet univers parallèle sans possibilité d’en sortir, sauf à découvrir les secrets de l’amour véritable.

Melissa aime les comédies musicales et elle est ravie de découvrir que lorsqu’elle se joint à l’un des numéros des habitants de la ville, elle sait instinctivement quoi chanter. Josh lui n’aime pas les comédies musicales et il refuse de chanter.

Elle veut être amoureuse, se marier et gagner chaque dispute. Lui veut qu’elle accepte que l’amour est imparfait et que le mariage est n’importe quoi, et veut aussi gagner chaque argument.

Schmigadoon! sur Apple tv+

Schmigadoon!, qui a fait ses débuts sur Apple TV+ le 9 juillet dernier, a été créé par Ken Daurio et Cinco Paul, l’équipe derrière la franchise Moi, Moche et Méchant. Les références les plus évidentes de la série sont Brigadoon, Carousel et Oklahoma! mais il y a aussi beaucoup de Annie du Far West, La Mélodie du bonheur et de Le Roi et moi. Les numéros individuels font référence à des dizaines d’autres comédies musicales. Certaines sont des parodies directes de chansons spécifiques alors que d’autres évoquent le genre en général.

Dans Schmigadoon!, ça balance en cadence !

On assiste dans Schmigadoon! a des moments de vraie rigolade, mais on saisit très vite que le show est davantage enclin à faire dans l’ironie et la satire – son schéma central étant de se moquer régulièrement de sa propre niaiserie. L’ambiance fonctionne, en particulier les piques contre le sexisme inflexible des comédies musicales classiques. Les scénaristes crédités de la série, Bowen Yang, Julie Klausner, Allison Silverman et Kate Gersten, sont surtout connus pour leur travail dans les sketchs comiques et les sitcoms, donc sans surprise, les punchlines sont intelligentes et souvent acides.

Les trois premiers épisodes engloutis, on est séduit pas cette comédie rafraichissante qui questionne un bon nombre de stéréotypes dans une ambiance pop et sucrée divertissante. Cependant, jusque là, on a cette impression que Schmigadoon! n’a qu’une seule vraie blague à servir encore et encore : les comédies musicales – en particulier celles des années 40 et 50 – sont téléphonées, identiques et ringardes. A voir si la suite de la saison nous fait mentir.

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