Disparu à jamais, la mini-série Netflix aux ficelles bien emmêlées

Quatrième adaptation du romancier à succès pour Netflix, Disparu à jamais est une mini-série en 5 épisodes qui nous embarque au coeur d’un thriller trépidant le long de la côte niçoise.

Rebondissant de décennie en décennie à travers une série d’histoires et de familles interconnectées, l’action s’installe entre 2010 et aujourd’hui, discutant des implications et des conséquences de longue date autour d’un double homicide.Le casting séduisant sauve une mise en scène pas toujours maitrisée.

Situé à Nice, en France, Disparu à jamais suit Guillaume Lucchesi, qui a vu mourir les deux personnes qu’il aimait le plus : Sonia, son premier amour, et son frère Fred. Dix ans plus tard, le passé refait surface alors que sa petite amie, Judith, disparait après les funérailles de sa mère. Guillaume ne reculera devant rien pour retrouver Judith.

Créé par David Elkaïm et Vincent Poymori, avec Harlan Coben en tant que producteurs exécutif, Disparu à jamais est ce qu’on peut qualifier de thriller intense et rapide. Tout comme The Innocent et The Woods, deux autres production Coben/Netflix, la mini-série transpose l’histoire de Coben dans une ville européenne, et met bout à bout tous les ingrédients d’un grand thriller « cobenien » : la révélation de vies passées secrètes, remplies d’une réalité dure et brutale, et, bien sûr, une bonne dose de rebondissements imprévisibles.

Disparu à jamais – Netflix
disparu à jamais critique

Tout comme le récent The Innocent, chaque épisode de Disparu à jamais est intitulé du nom d’un des cinq personnages principaux de l’histoire. Mais contrairement à la série espagnole, le show français ne change cependant pas de perspective entre les épisodes. Chaque épisode révèle, ou plutôt dénoue, le passé caché d’un personnage donné, de Guillaume à Fred, avec en toile de fond la quête sempiternelle de Guillaume pour retrouver la trace de Judith. C’est une construction qui permet de garder un fil conducteur et de ne pas trop se perdre dans les allers-retours de la narration. Sur ce point, c’est bien vu.

Commençant par Guillaume et se terminant par son frère Fred (le cool Nicolas Duvauchelle), ces épisodes équilibrent le présent avec le passé, montrant comment toutes ces petites décisions ont conduit à ces meurtres qui ont maintenant conduit à la situation actuelle de chacun. Et pour Guillaume, sa situation actuelle est dramatique. Disparu à jamais repose sur ces secrets, qui sont regroupés au début et à la fin de chaque épisode. Seulement parfois, la série devient plus déroutante que cohérente, comme si les créateurs attendaient trop longtemps pour livrer une bombe, juste pour voir comment le spectateur va réagir.

Disparu à jamais – Netflix
critique disparu à jamais

De la même manière, la plupart des personnages sont liés par un stress partagé, des dommages irréparables qu’ils peuvent ressentir les uns au travers des autres. Mais la série n’a pas vraiment les bases pour explorer ce thème, semblant miser tout sur un même plan, celui de changer perpétuellement votre perception d’un personnage sur la base d’informations inédites.

Des questions plus larges concernant la famille, les abus, la dynamique du pouvoir de genre, l’identité et l’amour surgissent, mais peu de temps leur est consacré. Les créateurs choisissent plutôt d’utiliser ce temps pour faire avancer une histoire aux ficelles tarabiscotées jusqu’aux derniers instants, décisifs.

Disparu à jamais – Netflix
Disparu à jamais critique

Dans le fond, la narration fait les bons choix et évite quelques écueils liés à l’adaptation de ce type de roman bousculé dans le temps. La mise en scène arrive à sauter de manière transparente entre différents temps passés et présents sans trop dérouter le public.

Par ailleurs, la série rassemble un grand casting d’acteurs, notamment Nicolas Duvauchelle dont la performance nuancée donne une profondeur supplémentaire à son personnage compliqué, et Garance Marillier (étonnante dans Raw de Julia Ducournau) qui incarne deux personnages distincts. La série met également en vedette Grégoire Colin (très bien employé) et Tomas Lemarquis.

Disparu à jamais – Netflix
Disparu à jamais critique

A l’arrivée, Disparu à jamais est divertissant, ancré dans une histoire truffée de rebondissements imprévus. C’est un meilleur mystère que c’est un drame, où les scènes les plus romantiques se ressentent souvent forcées par la nécessité de porter le spectateur à travers cinq épisodes de 50 min. Ce qui sauve la besogne aussi, c’est son court format sans suite qui lui donne ce sentiment de finalité, ce qui fait souvent défaut aux récentes productions…

Notre note : ⭐ ⭐ ⭐ ★ ★

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