Personne ne sort d’ici vivant sur Netflix laisse son spectateur s’en tirer

Netflix n’a pas attendu que débute octobre pour lancer son catalogue horrifique. Enterré au milieu d’une surabondance terne de productions Netflix fabriqués en usine, le frissonnant Personne ne sort d’ici vivant sort discrètement du lot.

C’est un film fait avec une touche de style, une compréhension de l’emplacement et une personnalité distinctive qui font la différence. Il y a des imperfections oui, surtout vers la fin, mais c’est le travail de quelqu’un qui s’efforce de se démarquer et de rester davantage dans les mémoires que tout l’arrière-plan surpeuplé de la page d’accueil.

Personne ne sort d’ici vivant veut clairement vous faire peur, mais veut le faire sous un angle différent. Ce n’est pas un film sur une petite ville de banlieue « sûre » terrorisée par un tueur masqué sorti de nulle part, ou sur une jeune héroïne blanche américaine type à l’existence apparemment indifférente. Le film a choisi de montrer ce qui se passe lorsqu’une terreur surnaturelle s’ajoute à des vies déjà accablées par l’incertitude et le danger constant. De quoi donner encore plus de corps au cauchemar.

Réalisé par le québecois Santiago Menghini, Personne ne sort d’ici vivant est basé – ou plutôt librement inspiré – du roman du même nom d’Adam Nevill. Notre personnage principal, Ambar, interprété par Cristina Rodlo, a immigré aux États-Unis après des années passées à s’occuper consciencieusement de sa mère en phase terminale au Mexique.

No one gets out alive – Netflix
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Quand Ambar arrive à Cleveland, elle a très peu d’argent et des vêtements inadaptés pour ce qui devrait être l’hiver le plus froid jamais enregistré. Après avoir trouvé du travail dans une usine de confection locale, elle loue la chambre la moins chère disponible chez Red (Marc Menchaca), dans une ancienne pension de famille. Bientôt, Ambar se retrouve éveillée par les sanglots des autres locataires, des cauchemars inquiétants et des bruits étranges qui résonnent du sous-sol.

Les scénaristes Jon Croker et Fernanda Coppel transposent l’action de Perry Barr à Birmingham à Cleveland dans l’Ohio. C’est un transfert intelligent, peaufinant l’histoire pour se concentrer sur l’immigrante mexicaine sans papiers qui lutte pour trouver sa place dans un pays qui ne veut pas d’elle. Parce que, aussi sinistre que puisse être sa nouvelle maison gothique (avec les frères effrayants qui la dirigent), ce n’est pas beaucoup mieux à l’extérieur non plus, et c’est grâce à cela que Menghini tire une ambiance particulière de l’ensemble.

No one gets out alive – Netflix
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Malgré l’aspect sinistre de l’endroit (l’Ohio n’a jamais été aussi attrayant), Menghini ne laisse jamais son film se perdre dans l’obscurité, il est tourné de manière nette et réfléchie, parfois astucieusement, comme si un roman graphique se déplaçait soudainement devant nos yeux. La maison est assez étrangement exagérée dans sa conception, mais elle donne à l’histoire l’impression d’un conte (avec un peu de l’identité d’un Guillermo del Toro).

L’histoire d’Ambar est assez poignante, sans les éléments de genre, et Rodlo l’interprète comme si elle jouait dans un drame fondé sur l’immigration plutôt qu’une horreur fantastique, donnant un impact supplémentaire au chaos qui s’ensuit.

Le sort d’Ambar évite également les twists sur-utilisés où les personnages continuent de prendre des décisions insensées simplement pour maintenir l’intrigue. Elle ne trébuche pas dans le danger parce qu’elle s’ennuie ou qu’elle est tête en l’air. Ambar est forcée de vivre ces situations, comme de s’installer dans une pension manifestement louche avec des propriétaires masculins douteux, car elle n’a pas vraiment d’autres options.

Cristina Rodlo – Personne ne sort d’ici vivant – Netflix
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Elle ne peut pas simplement se lever et partir lorsque les choses deviennent douteuses car, sans pièce d’identité et sans argent, elle n’a vraiment nulle part où aller. Ambar ne peut même pas contacter la police de peur d’être détenue en raison de son statut. En ce sens, la pauvreté et la criminalisation sont des monstres invisibles dans le film, car ils soutiennent le vrai monstre dont il est question à l’écran.

L’histoire se déroule dans une combustion lente et prend un certain temps pour vraiment décoller. Il y a quelques frayeurs éparpillées au fur et à mesure que le mystère se dévoile, mais cela peut ne pas suffire à retenir l’attention de tous les publics. De nombreux téléspectateurs resteront dans les parages pour découvrir ce qui se trouve exactement dans le sous-sol interdit. Cette révélation vaut la peine d’attendre. Les choses deviennent également sanglantes, violentes et brutales dans l’acte final comme pour compenser le manque d’action dans la première moitié du film. Heureusement, la brutalité montrée n’est pas gratuite mais adaptée à la tournure sombre que prend l’intrigue.

No one gets out alive – Netflix

In fine, Personne ne sort d’ici vivant ne réinvente pas la prémisse de la maison hantée et n’utilise pas les intrigues parallèles pour nourrir d’autres frayeurs. Il n’exploite pas non plus assez le thème de l’immigration dans ce sens. Au lieu de cela, la vision de Menghini s’écoule sur un fil assez monotone souffrant d’une écriture inégale. L’acte final se perd un peu sur les détails et demeure un peu vague sur les règles de la caisse qui abrite le fameux monstre, mais il y a probablement assez de secousses pour que les fans d’horreur se sentent brièvement rassasiés et assez pour que les fans d’horreur de Netflix se sentent brièvement transformés.

Notre note : ⭐ ⭐ ⭐ ★ ★

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