Blackwater : le roman feuilleton dont vous ne pourrez plus décrocher

Publiée initialement aux Etats-Unis dans les années 1980, la saga Blackwater aura attendu 2022 pour avoir droit à sa traduction française. Mais l’attente aura été récompensée, avec les 6 tomes édités par la maison d’édition indépendante Monsieur Toussaint Louverture.

Une intrigue passionnante, des livres de toute beauté : Blackwater est non seulement un ovni dans le paysage littéraire actuel mais aussi (et surtout) une oeuvre que vous devez posséder dans votre bibliothèque !

Michael McDowell, l’auteur qui a inspiré Stephen King

En France, le nom de Michael McDowell reste relativement peu connu du grand public. C’est pourtant à lui que l’on doit le scénario du Beetlejuice de Tim Burton et il a aussi participé à l’écriture de L’Etrange Noël de M. Jack (même si la collaboration entre les deux hommes s’est arrêtée avant terme).

Scénariste pour le petit et le grand écran, Michael McDowell était aussi un écrivain de grand talent. « Le meilleur auteur de livres de poche aux États-Unis » dixit un certain Stephen King. Les deux hommes ont d’ailleurs travaillé ensemble pour l’adaptation du roman La Peau sur les Os et Stephen King lui-même dit avoir été inspiré par McDowell pour l’écriture et la publication de son chef d’oeuvre La Ligne Verte.

Ainsi, si l’on a pu s’émouvoir devant les aventures de Paul Edgecombe, Percy Wetmore et John Caffey (« comme le café, sauf que ça s’écrit pas pareil ») dans les années 1990, c’est parce que l’on a pu faire connaissance avec Elinor Dammert et la famille Caskey quelques années auparavant. Enfin, les lecteurs américains ont pu, car la saga Blackwater, parue entre janvier et juin 1983, n’avait jusqu’alors jamais été traduite en français.

Si le genre du roman-feuilleton semblait être tombé en désuétude, les éditions Monsieur Toussaint-Louverture ont voulu prouver que ce format pouvait plaire aux lecteurs français d’aujourd’hui. A la manière d’une série TV dont on pourrait découvrir chaque semaine un nouvel épisode, Blackwater a eu droit à la publication de ses 6 tomes tous les 15 jours, entre le 7 avril et le 15 juin 2022 : La Crue, La Digue, La Maison, La Guerre, La Fortune, Pluie. L’occasion de se plonger dans une lecture épique de 1500 pages environ (un peu plus que l’intégrale du Seigneur des anneaux)…

Pourquoi devez-vous vous plonger dans la saga Blackwater ?

On vous l’accorde (surtout si vous n’êtes pas un grand lecteur) : se lancer dans une lecture de 1500 pages peut faire peur… Mais Blackwater est tellement addictif que vous ne les sentirez pas passer !

Parce que les 6 tomes sont passionnants

Saga familiale à la Dallas (en moins caricatural, heureusement !), Blackwater débute en 1919, dans la ville semi-fictive de Perdido. Semi-fictive car si cette bourgade de l’Alabama existe bel et bien, elle n’a « jamais possédé la population, la géographie ou les bâtiments décrits », selon la note de l’auteur. Et comme l’indique le titre du premier tome, La Crue, c’est avec des inondations dévastatrices que Michael McDowell plante le décor et introduit ses personnages.

La famille Caskey est l’une des plus riches de Perdido, menée par la matriarche Mary-Love, et son fils Oscar. Alors que le clan s’active pour faire face à la fameuse crue, un personnage mystérieux fait son apparition : Elinor Dammert. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? De nombreuses zones d’ombre demeurent. Pourtant, celle-ci va parvenir à se faire une place, non seulement à Perdido, mais aussi au sein du clan Caskey. Séduisante, la jeune femme semble aussi être dotée de pouvoirs surnaturels, potentiellement en lien avec la rivière.

Avis livre Blackwater

Bien évidemment, Michael McDowell prendra le temps de rentrer dans l’intimité de chaque personnage, mais aussi de les faire évoluer (l’histoire se termine à la fin des années 1950), pour permettre au lecteur de dénouer complètement l’intrigue. Les morts violentes succèdent aux querelles de famille, les naissances aux mariages, et l’on se prend vite d’affection pour ces différents personnages.

Outre le portrait de l’Amérique sudiste du début du 20e siècle et la dimension surnaturelle, Blackwater réussit également à évoquer des thèmes sociétaux comme la place des femmes, le racisme… On aurait presque l’impression d’assister à une rencontre entre l’univers de la Petite Maison dans la Prairie et celui de Twin Peaks.

Blackwater 6 tomes

Parce que ces livres sont des oeuvres d’art

L’histoire est foisonnante et fascinante, mais ce qui contribue aussi au succès de la saga Blackwater cette année, c’est son look. Car Monsieur Toussaint Louverture a fait de l’ensemble de ces 6 tomes d’authentiques oeuvres d’art.

Certes, on dit souvent que l’on « ne juge pas un livre à sa couverture ». Mais dans le cas présent, le ramage n’a rien à envier au plumage avec les dessins de Pedro Oyarbide. L’éditeur précise que ces six couvertures ont été pensées « dans l’idée de leur donner un aspect qui, tout en s’inscrivant dans le temps, parviendrait à lui échapper ». Un charme suranné, presque baroque, s’en dégage et il ne faut pas manquer d’y revenir après la lecture de l’ouvrage pour en saisir tous les détails.

Pour donner vie à ce travail artistique et « un peu fantasmatique », les couvertures ont été dorées à chaud à deux reprises et embossées, « pour que leurs formes et leurs ombres captent la lumière et marquent les esprits ».

Couverture roman Blackwater

S’ils attirent irrémédiablement le regard en librairie, les 6 tomes de Blackwater marqueront ensuite vos esprits pour bien d’autres raisons. Prouvant que le roman-feuilleton a encore de beaux jours devant lui, la saga horrifico-mélancolique de Michael McDowell restera comme l’une des oeuvres littéraires les plus marquantes de l’année.

Saga Blackwater Michael McDowell

Ludovic

Chez Masculin.com depuis 2009, j'ai commencé par vous parler d'automobile et de culture (cinéma, musique, jeux vidéo...). Aujourd'hui, je vous parle aussi de mode et de high-tech... et de plein d'autres choses !

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