The Watcher sur Netflix : tremblez, vous êtes observé

Sur Netflix, les amateurs de fantasy avaient déjà droit à la série The Witcher. Depuis le 13 octobre, il suffit de changer une lettre pour découvrir The Watcher, la nouvelle création de Ryan Murphy. Une mini-série en 7 épisodes, inspirée d’une histoire vraie, qui se laisse regarder sans déplaisir. Enfin presque !

La vraie histoire derrière la série

The Watcher série Netflix

Inspiré d’une effroyable histoire vraie. On sait que les producteurs (de films et de séries) sont friands de cette mention, censée apporter de la crédibilité à leur oeuvre. Cela prend ici une dimension supplémentaires puisque, en plus d’être réels, les faits sont donc effroyables.

The Watcher est basé sur l’histoire de la famille Broaddus, qui s’est installée en 2014 dans une jolie demeure de Westfield, dans le New Jersey. Si l’adresse du 657 Boulevard a été conservée dans la série, ce n’est pas la même maison que l’on voit à l’écran. Mais les faits, eux, sont assez similaires.

Comme le relatait New York Magazine en 2018, Maria et Derek Broaddus ont commencé à recevoir de mystérieuses lettres anonymes peu après leur emménagement. Anonymes, certes, mais signées par « The Watcher », soit l’observateur ou le veilleur en français. L’auteur de ces missives se présentait comme une personne en charge de veiller sur cette maison du 657 Boulevard et se réjouissait alors d’y voir arriver du sang neuf.

Le couple a alors fait appel aux autorités (police locale, FBI) et installé divers dispositifs de vidéosurveillance pour tenter de démasquer le corbeau. En vain. Obsédés à l’idée de retrouver l’auteur de ces lettres, les Broaddus ont soupçonné tout le voisinage ainsi que les anciens propriétaires de la maison… mais sans trouver la moindre preuve concrète. Eux-mêmes ont fini par être soupçonnés par la police d’avoir organisé cette mise en scène.

Plongés dans cette spirale infernale, ils décident alors de mettre leur maison en vente, mais celle-ci ne trouve pas preneur. Notamment en raison de l’écho médiatique de leur histoire. Il leur aura finalement fallu 5 ans pour arriver à tourner la page et vendre leur bien, sans avoir presque jamais vécu dedans et en ayant enregistré une moins-value financière conséquente…

Est-ce précisément pour renflouer les caisses qu’ils ont vendu les droits d’exploitation de leur histoire ? Toujours est-il que celle-ci a attiré l’attention de Netflix, et plus précisément de Ryan Murphy. Après American Horror Story et Dahmer, l’omniprésent scénariste-producteur y a trouvé la matière idéale pour nous donner quelques sueurs froides.

Notre avis sur la mini-série The Watcher

Visiblement, les Broaddus ont eu deux exigences au moment de vendre leur droit : que leur véritable nom de famille ne soit pas utilisé et que les comédiens qui les incarnent ne leur ressemblent pas vraiment. Dans The Watcher, exit Maria et Derek, bienvenue à Nora et Dean Brannock, un couple bien sous tous rapports campé par l’inoxydable Naomi Watts et le ténébreux Bobby Cannavale (le vilain Gyp Rosetti de Boardwalk Empire).

Comme dans le fait divers, la famille Brannock pose ses valises dans une majestueuse maison de Westfield. Une immense demeure victorienne du début du siècle dernier, avec un bardage en bois, un joli perron et… un monte-plats à l’intérieur. Mais le rêve tourne rapidement au cauchemar, avec la réception d’une première lettre signée The Watcher. Un observateur qui aurait la charge de surveiller la maison et ses occupants, et qui en connaîtrait déjà de nombreux détails.

Rapidement, les soupçons de Dean et Nora se portent sur le voisinage… Il faut dire que celui-ci comporte des personnages hauts en couleur, à l’image des inquiétants Jasper et Pearl Winslow (portée à l’écran par Mia Farrow) et du couple de bronzeurs Mitch et Mo. Ces personnages secondaires sont l’un des gros points forts de The Watcher, même si, justement, ils ne paraissent pas suffisamment exploités. Un constat qui vaut aussi pour l’agente immobilière Jennifer Coolidge (l’inoubliable maman de Stifler dans American Pie)…

La véracité des faits, sur laquelle semble trop se fonder les réalisateurs, n’empêchent pas les protagonistes d’avoir des comportements illogiques (on vous laissera juger pour éviter les spoilers). Quant à certains ajouts par rapport au vécu des Broaddus, on sent qu’ils sont surtout là pour perdre le téléspectateur… au risque de perdre encore un peu plus de crédibilité. C’est d’autant plus regrettable que la matière première aurait pu donner lieu à une intrigue encore plus stressante : quelle serait votre réaction si vous vous sentiez observé en permanence chez vous ?

Quant à la fin de la série, elle fait débat, comme souvent. Sans que cela soit vraiment justifié, même si l’on termine The Watcher avec un sentiment d’inachevé. Une impression frustrante que ne devrait toutefois pas venir atténuer (ou accentuer) une saison 2.

The Watcher Netflix poster

Ludovic

Chez Masculin.com depuis 2009, j'ai commencé par vous parler d'automobile et de culture (cinéma, musique, jeux vidéo...). Aujourd'hui, je vous parle aussi de mode et de high-tech... et de plein d'autres choses !

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