Graffiti : le street art est-il réservé aux hommes ?

Essentiellement masculin, l’art du tag séduit de plus en plus de femmes

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De plus en plus de jeunes filles semblent se tourner vers le street art et le graffiti. Mais tous les hommes ne voient pas ça d'un bon oeil...

Graffiti : le street art est-il réservé aux hommes ?
© Zazza Leza ©
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L'exposition Secret d'Atelier de Miss.Tic a débuté le 1er juin à la galerie Lelia Mordoch (Paris 6ème). En 1985 Miss. Tic, LA graffeuse star, lançait le Street Art au féminin, avec ses pochoirs. Plus d'un quart de siècle plus tard, l'expression artistique des filles a-t-elle envahi la rue ?

20% de femmes en 2012
20% des artistes de la rue seraient des filles en 2012, un chiffre en légère augmentation depuis le boom de la fin des années 90.

D'après Adeline Jeudy, de la galerie LJ, dans le 3ème arrondissement de Paris, le mouvement doit beaucoup à Fafi et à Miss Van, dont les peintures de poupées sexy ont marqué les esprits dans les années 90.

A Paris, Berlin ou Londres, « les filles se font une vraie place sur les murs », confie Guillaume Trotin d'Open Wall, une galerie de street art berlinoise itinérante, actuellement basée rue Dénoyez dans le quartier de Belleville (Paris 20ème). Elle occupe le local de l'association-galerie Frichez-nous la paix, qui accueille des centaines d'artistes de rue, souvent découverts grâce au mur situé en face, espace d'expression artistique « toléré ».

All city, distributeur de matériel graffiti, revendique lui 30% de clientèle féminine et affirme que, globalement, les filles s'intéressent de plus en plus au street art
Bob Jeudy, président de l'association le MUR (Modulable Urbain Réactif) qui propose un espace dédié aux artistes urbains, situé à l'angle de la rue Saint-Maur et de la rue Oberkampf dans la capitale, déclare lui que « la demande féminine a augmenté depuis 2000, mais qu'elle stagne autour de 10% à 15% ».

Une activité risquée
Les filles utilisent surtout l'expression dans la rue comme vecteur, pour se faire connaître auprès du public, car le tag reste périlleux à plusieurs titres. Le code pénal punit sévèrement la « dégradation de biens publics ». Les risques encourus vont de 3 750 à 30 000 euros d'amende. La sanction peut aller d'une peine de travail d'intérêt général à deux ans d'emprisonnement.

Enfin, les filles s'accordent à dire que graffer reste dangereux. Pratiquer la nuit, dans des lieux isolés, est propice aux agressions.

Qu'en pensent les garçons ?
Olivier, 20 ans, graffeur et étudiant en Art, explique qu'en général, « le style des filles se développe lentement, peut-être parce qu'elles ont peur du regard des garçons sur leur travail. Cela n'empêche pas certaines de produire des choses intéressantes. Pour ma part, je n'ai aucun problème à peindre avec des filles, mais c'est vrai que le monde du graffiti est un peu sexiste ».

Max, 22 ans, appartient à un groupe de taggueurs. Selon lui, « le travail des filles se différencie par les couleurs (rose, rouge, violet) et des formes plus rondes. Dans le milieu du 'graffiti vandale', elles ne sont pas bien accueillies, c'est un peu 'voyou' et macho en général ».
Martin, 31 ans, artiste peintre, graffeur à ses heures perdues, souligne que « les dessins des filles sont plus personnels, elles mettent une part d'intimité dedans, d'où la présence de personnages, fleurs, animaux... »

Tous sont persuadés que cet univers évolue en faveur du sexe féminin.

Thèmes connexes : street art loisir
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