Olivia Ruiz : le calme après la tempête ?

Un nouvel album pour faire renaître l’espoir

Amours défunts et proches disparus, regrets et mélancolie : comme souvent chez Olivia Ruiz, Le calme et la tempête affiche une tonalité sombre, qui contraste avec son énergie pétillante sur scène. « La vie m'a fait de sales coups ces derniers temps, et en même temps, je reste bien debout et au contraire, ça a été un vrai apprentissage de devoir gérer certaines tempêtes », confie la chanteuse de 32 ans, alors que sort son nouvel album, Le calme et la tempête.

Souffrance et renaissance

« Ce n'est pas la douleur que je raconte, c'est l'espoir qui en naît. Ce ne sont pas les cendres, c'est la renaissance. Plus que la souffrance, je crois que c'est ça la thématique de cet album », estime-t-elle. Une dualité résumée, dit-elle, dans le titre de l'album. « Le calme, c'est quelque chose de très beau, c'est l'apaisement mais c'est aussi l'ennui. La tempête, c'est certes la violence de la vie, mais c'est aussi la passion. »

Pour la première fois de sa carrière, démarrée il y a presque dix ans, Olivia Ruiz signe seule la totalité des textes et des musiques de ce nouvel album.

Le précédent Miss Météores, paru en 2009 et couronné par deux Victoires de la musique, avait été écrit en étroite collaboration avec son compagnon d'alors, le chanteur de Dionysos, Matthias Malzieu. Mais le couple s'est séparé et Olivia Ruiz a décidé de s'envoler pour Cuba, sur un conseil de son petit frère à qui elle avait dit vouloir un endroit où « voyager seule et rencontrer facilement des gens ».

Un Lomo et un iPad à Cuba et Los Angeles

Dans ses bagages : un Lomo, l'appareil photo qui ne la quitte jamais, et un iPad sur lequel enregistrer des maquettes.

« Je n'avais pas envie de faire ce disque seule, je pensais vraiment le faire avec mes proches parce que c'est beaucoup plus jouissif de faire des chansons à deux », raconte la jeune femme. « Mais quand je suis rentrée et que j'ai fait le tri, je me suis dit que j'avais les chansons, que je n'avais plus besoin d'aller taper aux portes », dit-elle.

Pour enregistrer le disque, Olivia Ruiz est encore une fois repartie, désireuse de travailler à l'écart, « sans avoir du monde qui passe pour donner son avis et mettre son grain de sel ». Elle a opté pour un « choc culturel » après La Havane : Los Angeles.

« J'ai vraiment trouvé une famille à Cuba, je m'y sens bien, mais c'est tout sauf un endroit pour travailler. D'abord, bonne chance pour trouver un endroit calme pour composer ! Et puis, on est à la merci des rencontres, on passe son temps à discuter, à danser, on vit quoi ! » explique-t-elle.

Los Angeles, au contraire, « est le dernier endroit où il faut aller pour faire des rencontres, ils sont tous dans leur voiture ou en train de faire du sport, poursuit-elle. C'était exactement ce qu'il me fallait pour me mettre au travail », avec un producteur américain, Tony Berg.

« Quelque chose de nouveau dans ma musique »

Alors que Miss Météores était marqué par la patte musicale rock de Matthias Malzieu, Le calme et la tempête joue sur l'espace, entre tango triste, airs de cinéma, rythmes chaloupés et touches électro.

« Travailler avec des gens qui ne me connaissent pas du tout et qui avaient une culture musicale opposée à la mienne a amené quelque chose de nouveau dans ma musique, que je n'aurais pas trouvé ici avec des gens qui seraient allés instinctivement vers ce que j'aime », estime-t-elle.

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