De bonnes raisons de se mettre au parkour ou free-running

Sébastien Foucan, un ambassadeur de choc pour le free-running

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Rencontre avec Sébastien Foucan, l'un des fondateurs du parkour ou free-running, en marge de l'opération The Week of Greatness lancée par Foot Locker.

De bonnes raisons de se mettre au parkour ou free-running
DR ©
Ludovic Bonnet

Rédacteur en chef
Masculin.com

Vous ne connaissez pas forcément son nom. Pourtant, vous l'avez sans doute déjà vu... et il vous a impressionné si vous avez regardé Casino Royale, avec Daniel Craig. Lui, c'est Sébastien Foucan, l'un des "fondateurs" du free-running – ou du parkour, selon l'appellation de David Belle. Nous l'avons interviewé en marge de la Week of Greatness, une opération d'envergure lancée par Foot Locker.

Bonjour Sébastien, avant toute chose, peux-tu nous parler de The Week of Greatness ?
C'est donc une opération lancée par Foot Locker. Ils ont choisi de collaborer avec des sportifs et artistes pour promouvoir des baskets. Cette année, 50 paires de sneakers exclusives vont être mises en vente du 22 au 28 novembre. Pour ma part, j'ai testé les Adidas Pure Boost – et franchement, je les recommande !

Et quel était ton rôle dans cette opération ?
En fait, on a tourné une vidéo. On a imaginé une course-poursuite... contre moi-même ! Un peu comme dans les jeux vidéo, quand tu as un "ghost". L'idée est donc de souligner l'importance de se dépasser pour atteindre ses objectifs... et battre ses records.


Foot Locker - Week of Greatness 2014

Quand on fait du free-running, le choix des chaussures est important. Comment s'y retrouver ?
Ben, la base, c'est de choisir des chaussures dédiées à la course. Des vraies running shoes. Après chacun a une sensibilité différente, un pied différent... Il faut faire ça en fonction de son ressenti, mais je dirais qu'il faut prendre en compte 4 critères pour ses chaussures : adhérence, légèreté, solidité et amorti. Le look aussi, c'est important, mais c'est secondaire quand on fait du parkour ou du free-running.

Et quelles sont les marques ou modèles que tu recommanderais ?
Il n'y en a pas, justement. Aujourd'hui, il y a tellement de marques qui proposent des chaussures de qualité... Je parlais des Adidas Pure Boost, tout à l'heure, vraiment très confortables. Mais il y a aussi New Balance, Nike ou encore Puma, depuis quelque temps. Ah et aussi, Décathlon : ils font des choses excellentes avec leurs modèles Kalenji.

Pour toi, les baskets, c'est juste quelque chose de pratique pour faire du sport ou es-tu un collectionneur, un sneakers-addict ?
Ah non, pour moi, une chaussure de sport, c'est que pour le sport ! Je dirais qu'une chaussure, c'est comme un gant : elle doit t'aller parfaitement, tu t'en sers et quand elle est abimée, tu la changes.


The Week of Greatness - Adidas Pure Boost

Et à côté de cette collaboration avec Foot Locker, quels sont tes autres projets en ce moment ?
On bosse sur un script avec un ami producteur, mais ça prend un temps fou. Puis, c'est vrai que j'ai du mal à m'y mettre, c'est compliqué le cinéma, il y a tout un tas de rouages... En fait, je me dis aussi que j'ai tourné dans James Bond, j'ai pas besoin de plus, je peux pas faire plus.

C'est un bon souvenir ?
Ah oui, c'est génial. C'est comme un jeu d'enfant, mais grandeur nature, dans la vraie vie. Après, quand je dis "j'ai tourné dans James Bond", c'est pas pour me la raconter, mais qu'est-ce que je peux faire de mieux ? Ils sont venus chercher un type qui n'avait jamais fait de cinéma, jamais pris de cours pour jouer dans un grand film comme ça. Si on revient me chercher, je dirais oui avec plaisir, mais je ne vais pas faire la queue à des castings pour apparaître à tout prix au cinéma.



Et tu continues donc plus que jamais à promouvoir le free-running ?
Oui. Maintenant, je vis en Angleterre et je propose des cours au sein d'un petit club. Mais à terme, mon objectif, c'est de développer ma propre académie, afin de transmettre mon savoir, des valeurs. C'est quelque chose qui a vraiment beaucoup d'importance pour moi.

A qui s'adresse ce sport ? Quelles qualités faut-il avoir pour faire du free-running ?
Avant tout, il faut être passionné, curieux, avoir envie. Après, je dirais que tout le monde peut s'y mettre. Il n'y a pas besoin d'être une force de la nature. Il y a des gens handicapés, qui n'ont qu'un bras par exemple ou qui ont d'autres problèmes, qui pratiquent ce sport. Les seules limites, elles sont dans la tête. Aujourd'hui, on peut dire que le free-running est accessible à tout le monde, de 3 à 80 ans.

Alors, comment se présente un entrainement ? Que doit-on faire pour être performant en free-running ? Toi, comment t'entraines-tu ?
Eh bien, moi, je ne m'entraine pas en fait. C'est naturel, de la pratique au quotidien. C'est comme si je te disais : "Comment tu t'entraines à marcher ?" Ça se fait tout seul. Moi, ça fait 25 ans que je fais du free-running, maintenant, donc... Dans mon cas, plutôt que d'un simple sport, je parlerais plus d'une philosophie de vie.
Après, pour mes élèves, j'interviens comme un coach classique. On définit des objectifs à chaque séance. Il y a tout un travail d'aérobie, anaérobie, de flexibilité, d'explosivité. C'est une activité de fitness très complète, tu vois !



Il y a quelque temps, je t'ai entendu critiquer le parkour, ce qu'il est devenu. Peux-tu m'en dire plus ?
Oui, en fait, ça m'énerve de voir que le parkour est devenu un business. Comme je te disais, pour moi, c'est une philosophie de vie, avec des valeurs... C'est un respect de son corps, un respect des autres... Quand on dit "un esprit sain dans un corps sain", ça doit vouloir dire quelque chose, ce ne sont pas que des mots. Moi, ça m'énerve quand je vois une boisson énergisante qui te donne des ailes. Ce n'est pas la boisson qui donne des ailes, c'est le talent de l'athlète, son implication. Et pourtant, ces marques de boissons sont partout, dans les sports à la mode, alors que c'est que de la cochonnerie. Je ne pense pas que ce soit une bonne façon de transmettre des valeurs aux sportifs et aux plus jeunes. Tu vois, on en revient toujours à cette philosophie de vie dont je parlais. Pour moi, c'est ça l'esprit du free-running ou du parkour.

Tiens, justement, quelle différence entre les deux ?
Le parkour, à la base, ça vient du mot "parcours", pour le parcours d'obstacle. L'idée, c'est d'aller d'un point A à un point B, en surmontant les obstacles qui sont sur ton parcours. C'est comme ça que l'a conçu David Belle.
Moi, j'ai choisi "free-running", parce que "free", ça renvoie à la liberté : liberté d'expression, liberté de son corps, liberté de faire ce qu'on veut pour se déplacer. Mais après, ce ne sont que des mots. L'important n'est pas là, mais dans la philosophie, le sens qu'on met là-dedans.


Sébastien Foucan, fondateur du free-running

On voit que, plus que le sport en lui-même, ce sont des valeurs que tu veux partager...
Oui, c'est un héritage que je veux transmettre, c'est important. C'est pour ça que j'aimerais créer ma propre académie. Et puis, j'aimerais aussi ajouter que c'est en France qu'on a créé ça. Sans rentrer dans les clichés des jeunes de banlieu, ça a commencé à l'époque des Yamakasi, puis après ça s'est développé avec David (Belle, ndlr) et moi. On a tous essayé de faire notre truc mais on partage les mêmes valeurs. En fait, ce qui m'énerve le plus, c'est de voir que ça cartonne ici en Angleterre, alors que j'ai vu plein de portes se fermer en France. On doit être fier de ça, de ce talent qu'on a comme m'a dit Madonna. Mais j'y crois : le parkour et le free-running ont toute leur place en France et si on tire tous dans le même sens, ça va marcher !

On espère pour toi, pour vous. En tout cas, bonne chance et à bientôt !
Merci !

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