Huawei n’a plus le droit d’utiliser Android !

Mais Huawei est en train de développer son propre système…

Si vous êtes propriétaire d’un Huawei ou d’un Honor ou si vous envisagez d’en acheter un, vous avez sans doute entendu parler du retrait de la licence Android pour ce fabricant de smartphone. Quelles conséquences va avoir cette révolution ? Qu’en est-il du nouvel OS en prévision, le HongMeng OS ? On vous dit l’essentiel sur cette affaire.

Google retire le système Android pour les mobiles Huawei et Honor

D’ici à la mi-août, Google va retirer la licence d’exploitation du système d'exploitation américain au constructeur chinois. Ce retrait concerne également les smartphones de la filiale Honor. Hors, le fabricant chinois est en deuxième position mondiale au niveau des ventes de mobiles !

Les répercussions peuvent être énormes. Cette décision a été prise suite aux exigences du président américain Donald Trump et de son exécutif. Ils accusent le fabricant d’être contrôlé par le gouvernement chinois. Le 16 mai, un décret a considéré que certaines entreprises chinoises présentaient un risque pour la sécurité des Etats-Unis. Cela signifie qu'elles doivent avoir une autorisation explicite du gouvernement pour acheter des pièces et des composants aux entreprises américaines.

Peu de changements pour ceux qui ont déjà un smartphone de ces marques

Que les propriétaires d’un smartphone chinois se rassurent. Pour eux, cette décision ne va rien changer dans l’immédiat. Les mobiles resteront compatibles avec le système interdit et ils vont pouvoir continuer d’utiliser le Play Store et le Play Protect. Les fabricants vont continuer à fournir des mises à jour pour la sécurité. Les services après-vente sont également maintenus pour les smartphones comme pour les tablettes.

Mais cette compatibilité va être restreinte puisqu’elle ne devrait concerner que les téléphones utilisant la version P du système d'exploitation. La prochaine mise à jour majeure, la version Q, ne sera pas compatible. Même chose pour les versions futures.

En Chine, à cause de la censure, on utilise déjà le système sans Google et la plupart des applications et des services sont indisponibles. Un mobile vendu en Chine n’a pas le Play store. A la place, il y a d’autres app stores des fabricants qui proposent des applications compatibles. C’est possible car l’AOSP est complété par des services et des applications, voire même des forks qui sont des versions alternatives du système d’exploitation américain. Le fabricant chinois pourrait donc remplacer le système d’exploitation américain par le sien et agir comme en Chine.

Peut-être un nouveau système d'exploitation "maison" dès l’automne

L’entreprise ne compte pas en rester là et va lancer des recours juridiques pour tenter de récupérer la licence. Toutefois, pour faire face à ce problème, le constructeur chinois pourrait lancer sa propre version du système d’exploitation.

En attendant, il y a trois solutions : garder le framework EMUI déjà en place en supprimant toutes les applications américaines et en les remplaçant par les applications «maison » et sa boutique ; mettre en place un partenariat avec une boutique d’applications comme Aptoide ; proposer un nouveau système d’exploitation non basé sur le système d’exploitation américain (ou pas complétement).

Il pourrait utiliser la version AOSP, A. Open Source Project, déjà en place en Chine qui interdit de nombreuses applications américaines. Il serait donc possible de continuer à utiliser la version « open source » du système d’exploitation mais cette version ne comprend pas les applications créées par le géant de la Silicon Valley. Donc fin de Gmail, de Chrome, de YouTube… On pourrait toujours télécharger ces applications sur d’autres magasins.

Pour avoir une solution de secours, le fabricant chinois développe une alternative au système d’exploitation interdit, HongMeng OS. Il serait déjà en phase de test et devrait prendre place sur les nouveaux appareils de la marque. Il pourrait permettre de lancer toutes les applications du système prohibé et pourrait apparaitre dès cet automne ou au printemps 2020. Il semblerait que le fabricant chinois se soit basé sur AOSP pour créer son propre système.

On aurait donc des équivalents maison pour les applications américaines. A la place du Play Store, on aurait l’App Gallery, le magasin d’appli déjà présent depuis 2018. Toutefois, dans la mesure où la majorité des applications sont américaines, elles pourraient être bloquées pour ces mobiles et les magasins d’applications ne seraient pas autorisés à signer des contrats avec les entreprises américaines (Netflix, Facebook…).

D’autres séparations ?

L'entreprise de la Silicon Valley est la première à appliquer le décret américain mais elle pourrait être suivi par d’autres. Amazon, Snapchat, Instagram, Facebook… pourraient également retirer leur licence. Qualcomm et Intel ont annoncé qu’ils arrêtaient de fournir le fabricant. Les PC de la marque, sous licence Windows 10 sont également supprimés du store en ligne de Microsoft.

Le fabricant chinois ne peut plus fabriquer ses puces Kirin avec une architecture ARM puisque cette dernière a rompu les relations (mais il aurait beaucoup de stock). Du côté des opérateurs, certains ont également annoncé qu’ils arrêtaient leur collaboration. Là encore, l’entreprise réagit en rappelant son importante contribution au développement d’Android dans le monde.

Conclusion

Mais si le Chinois arrive à se passer des services de l’Américain et de son système d’exploitation, tout pourrait changer dans le monde du smartphone. Le géant de la Silicon Valley pourrait alors avoir d’autres concurrents qu’Apple. Il n’y a donc pas que l’avenir du fabricant chinois qui est en jeu. De plus, le manque à gagner pour les différents fournisseurs de composants, pour les licences logicielles.. pourrait atteindre 11 milliards de dollars.

Pas sûr qu’ils soutiennent longtemps la décision de Donald Trump. La Chine comme les Etats-Unis ont beaucoup à perdre dans ce conflit. Il est possible que le Département du Commerce revienne sur son interdiction, au moins pour ne pas pénaliser les contrats en cours. Dans tous les cas, mieux vaut attendre un peu avant d'acheter un mobile de ces deux marques « proscrites ».

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