Test Asus VivoBook 13 Slate : l’OLED à tout prix ?

Fin 2021, Asus a marqué les esprits en remaniant sa série VivoBook pour la destiner à un public plus jeune et dynamique, mais aussi et surtout en généralisant la dalle OLED sur la quasi totalité des références. Parmi ces nouveautés, un modèle se détache : l’Asus VivoBook 13 Slate OLED. Son format tablette est inédit dans l’offre Asus et son prix de départ (499€) attractif. Mais la prouesse d’Asus tient aussi dans le fait de proposer une dalle OLED à un tel tarif. Alors, argument marketing ou vraie plus-value ? C’est ce que nous avons cherché à savoir en nous emparant de cet Asus VivoBook 13 Slate pour un test.

Une tablette grand public riche en accessoires, mais qui fait son poids

Première remarque à la découverte de cet Asus VivoBook 13 Slate, on n’a pas entre les mains un PC portable traditionnel mais une tablette à laquelle on vient fixer un clavier amovible, un form factor démocratisé par Microsoft et sa gamme Surface. On dispose donc des arguments mobilité d’une tablette associés à la productivité d’un PC avec clavier et stylet/souris.

Le VivoBook 13 Slate écope d’un boitier typique de la série VivoBook avec un dos en aluminium assez robuste et un coloris sobre – un gris anthracite qui a tendance à marquer les traces de doigts -, ponctué de petits détails colorés. On passera sur le packaging et sur les nombreuses petites inscriptions étranges (Wow the world, Slate PC, Uncage your possibilities) sur le dos du cover/clavier et la tablette elle-même, qui pourront en séduire certains mais qui nous ont laissé un peu insensible.

La béquille amovible constitue une des particularités de cet Asus VivoBook 13 Slate. Déjà car elle va s’ajuster très facilement sur tous les angles pour incliner la Slate comme bon vous semble et puis parce qu’elle est aimantée et se détache et se rattache instantanément. Nul besoin de l’ajuster, la plaque se positionne précisément à l’arrière grâce à deux aimants. Ces derniers gagneraient toutefois à être plus puissants afin de garantir un meilleur maintien lors des manipulations un peu trop brusques…

Autre avantage de cette béquille amovible, il est possible de la retirer quand on veut simplement profiter de la tablette seule et ainsi lui soustraire un peu plus de 250 grammes. Ça n’a l’air de rien mais vu le poids total de la machine avec béquille et clavier (1,38 kg), c’est loin d’être négligeable. A elle seule, la tablette pèse 780g, un peu au dessus d’une Surface Pro X avec béquille.

La béquille amovible, ça n’a l’air de rien mais vu le poids total de la machine avec béquille et clavier (1,38 kg), c’est loin d’être négligeable !

Ouvrir le VivoBook 13 Slate à des fins de maintenance n’est pas possible, du moins pas pour le premier venu. De toute façon, il n’y a pas de composants remplaçables, car la RAM, le module Wi-Fi et le stockage (SSD ou eMMC) sont tous intégrés.

Concernant la connectique, c’est un peu deux poids deux mesures. D’un côté, elle comprend plus de ports que d’autres tablettes de ce type (Surface X, iPad) mais de l’autre, cela reste limité pour un PC portable moderne. Rassemblés sur le côté gauche de la tablette, on retrouve deux ports USB 3.2 Type-C Gen2 prenant en charge le transfert de données, le flux vidéo et l’alimentation ainsi qu’un lecteur de carte microSD et la prise casque. On considère que l’un des deux ports USB va potentiellement être occupé par la charge, ne laissant qu’un seul port de libre à côté pour brancher un écran externe ou transférer des données sur un disque / SSD externe par exemple. Sinon, vous pouvez choisir de stocker en ligne, facilité par la rapidité du Wifi 6 et du Bluetooth 5.2 (avec les terminaux compatibles). Dernier point, le bouton Power est couplé à un lecteur d’empreinte Windows Hello facile d’accès et rapide.

On n’attendait rien de spécial de la part des quatre haut-parleurs qui équipent l’Asus VivoBook 13 Slate OLED, même si Asus met les formes : « Dolby Atmos, amplificateur intelligent, expérience sonore grandiose ». Dans l’ensemble, la portée est bonne avec une spatialisation satisfaisante mais les amateurs de basses seront déçus. A savoir qu’Asus propose une fonction d’annulation de bruit pour son micro qui permet d’assurer une conférence sans faire profiter vos interlocuteurs des bruits ambiants, c’est efficace.

Le clavier magnétique se connecte très facilement à la tablette. Il est confortable et efficace même si la frappe émet un peu trop de cliquetis à notre goût et qu’elle est assez maladroite en raison du peu d’amortis. Il n’y a pas de rétro-éclairage des touches tandis que le touchpad suffisamment grand n’évoque aucun reproche particulier.

Couleurs, contraste : l’écran OLED nous en met plein les yeux !

Réservé jusqu’alors au haut de gamme (et aux définitions supérieures), l’OLED est une technologie d’écran qui a ses avantages, notamment en matière de colorimétrie (100% DCI-P3) et de luminosité mais aussi et surtout au niveau du contraste avec des noirs profonds. On obtient alors un rendu percutant, qui est effectivement au rendez-vous sur ce VivoBook 13 Slate.

Malgré une définition limitée au Full HD (1920 x 1080 px) et un format 16:9 qui ne se prête pas franchement au format tablette, l’image est subjectivement excellente avec des détails nets et aucun effet de pixellisation. Il n’y a que la luminosité qui déçoit, donnée par Asus à 550 nits max mais mesurée à 365 nits ici. C’est insuffisant pour contrer la luminosité extérieure sur l’écran brillant.

Les deux webcams, une de 5 MPx en frontal et une autre de 13 MPx à l’arrière de la tablette, font nettement mieux que la traditionnelle 720p intégrée à la majorité des PC portables encore aujourd’hui.

Performances et autonomie, le juste équilibre

La patience est une vertu qu’on ne souhaite plus vraiment mettre à l’épreuve sur un PC portable en 2022. Et pourtant, le VivoBook 13 Slate OLED, armé de son petit processeur mobile Intel Pentium N6000 avec 8 Go de RAM (dual channel) et un SSD M.2 de 128 Go dans la version testée, ne fournit pas forcément l’expérience fluide qu’on est en droit d’attendre à ce niveau…

L’Asus VivoBook 13 Slate est clairement un outil de divertissement avant tout.

Rien de rédhibitoire pour autant mais pour qui est habitué à utiliser un ordinateur plus véloce au quotidien, impossible de ne pas remarquer les petites « lenteurs » tant au moment de l’ouverture d’un logiciel que durant les (longues) minutes d’une mise à jour Windows.

Difficile donc de voir dans le Vivobook Slate une machine polyvalente. La tablette est avant tout un outil de divertissement, destinée à surfer sur internet, regarder des films et séries Netflix / Youtube tout en se laissant la possibilité d’un peu de traitement de texte / tableur. Pour tout autre usage plus poussé, comme le montage vidéo ou le tri photo sur Lightroom, il faut regarder ailleurs. Ce n’est clairement pas une machine pour la créativité ni pour le jeu.

Asus l’associe d’ailleurs à Windows 11S, une version plus légère de l’OS qui se concentre sur les applications du Windows Store et, nouveauté de Windows 11, permet l’accès au catalogue des applications Android pour une expérience – notamment tactile – enrichie. Ce système d’exploitation allégé a un autre avantage, il occupe moins d’espace de stockage, limité rappelons-le à 128 Go pour cette version (autres options en eMMC 128 Go ou eMMC 64 Go). Mais soignez rassuré(e),pour plus de liberté, et installer tous ses logiciels favoris, il reste bien entendu possible de basculer gratuitement vers Windows 11 « classique ».

Cette « petite » configuration a toutefois un avantage, celui de ne pas imposer l’ajout d’un système de refroidissement et donc de ne causer aucune nuisance sonore. L’arrière de la tablette chauffe raisonnablement lors d’un usage prolongé, sans que cela ne constitue une gène dans la pratique, d’autant plus si vous avez la béquille fixée à l’arrière.

Asus a pourvu son VivoBook 13 Slate OLED d’une batterie de capacité plutôt généreuse pour ce type d’appareil (50 Whr). Néanmoins, l’autonomie qui flirte avec les 8 heures en usage courant n’a rien d’impressionnant comparé à une Surface Pro X ou un HP Envy x360 par exemple, qui dépassent facilement les 11h. L’écran OLED et son côté friand en énergie est sans aucun doute le coupable.

Notre avis sur l’Asus VivoBook 13 Slate

Finalement, la légitimité de cet Asus VivoBook 13 Slate OLED réside dans la réponse à une seule question. Est-ce qu’à lui seul, l’écran OLED suffit-il pour convaincre à ce prix ? Pas sûr.

L’Asus VivoBook 13 Slate se destine à ceux qui souhaitent une tablette sous Windows pas cher, destinée au divertissement et au visionnage, avec un bel écran. Son format polyvalent et modulable est un plus, de même que la béquille ajustable et amovible ou le stylet Asus Pen pour ceux qui aiment griffonner. En dehors de ça, les performances offertes à l’intérieur ne peuvent pas ouvrir la porte à autre chose qu’une petite productivité familiale et professionnelle, il faut en être bien conscient. Pas de gaming, de retouche photo ou de montage d’une quelconque sorte. Le tactile un peu maladroit sous certains logiciels Windows mérite aussi d’être mentionné.

La Slate nous fait payer assez cher le mode tablette et le bel écran.

Par contre, vous pouvez profiter de clips YouTube et de Netflix avec un bon son, assister à des conférences avec un microphone de qualité et photographier vos animaux de compagnie dans le jardin avec la caméra de 13MP tout à fait décente, le tout du bout des doigts grâce au tactile ou à l’aide du clavier/cover amovible.

Reste le tarif de cet Asus VivoBook 13 Slate OLED, fixé à partir de 499 euros (4 Go de RAM, sans clavier ni stylet) mais plus largement croisé à 699 euros sur le marché français, avec 8 Go de RAM, SSD de 128 Go, clavier et stylet (3 mines) et une pochette. C’est en gros le même tarif qu’un iPad 9 (2021) 64 Go + clavier + stylet. En face, on a aussi la Microsoft Surface Go 3 + clavier + stylet autour des 800 euros ou pour ceux qui n’ont pas forcément besoin d’une tablette détachable, le convertible Asus VivoBook Flip TM420UA-EC214T autrement plus puissant et polyvalent à moins de 800€.

En somme, si le VivoBook 13 Slate constitue une proposition tout à fait cohérente pour une tablette Windows, sauf à chercher catégoriquement une tablette, on aurait tendance à lui préférer un ordinateur portable convertible qui serait autrement plus polyvalent.