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Il y a 2 mois

Le sadomasochisme : fais-moi plaisir, fais-moi mal !

Dans sa version soft et édulcorée, le sadomasochisme fait désormais partie des jeux érotiques qui viennent agrémenter de temps à autres les relations de couple.

Si la frontière entre souffrance et plaisir ne tient qu’à une cordelette de bondage, le sadomasochisme est un fantasme plus répandu qu’on ne le croit, qui effraie, attire, mais exerce toujours une fascination.

Retour sur l’histoire du sadomasochisme

Le sadomasochisme, ou SM, acquiert ses initiales de noblesse au siècle des Lumières. Le plaisir provoqué en infligeant souffrances et humiliations est érigé au rang de raffinement sexuel par Sade (auteur du scandaleux “Justine ou les Malheurs de la vertu” à la fin du 18e siècle).

Le masochisme tire son nom de l’écrivain Sacher-Masoch. Dans sa “Vénus à la fourrure” (1870), un homme s’engage par contrat à devenir l’esclave d’une maîtresse femme. Le sadomasochisme devient un “mot-valise” au 20e siècle avec la psychanalyse freudienne.

L’enfermement systématique d’un individu dans la pratique exclusive du sadomasochisme pour parvenir au plaisir est alors considéré comme un trouble comportemental, pas comme une pratique sexuelle.

Source : TodayInMadonnaHistory.com

Madonna, cravache en main, a largement contribué à la popularisation du SM dans son film “In Bed with Madonna” (1991) en en donnant une image sophistiquée. Loin de la caricature du sadomasochisme hard (potentiellement dangereux et pratiqué dans un milieu marginal) et de la perversion, le SM devient un jeu érotique à la mode, destiné à pimenter les relations sexuelles.

A un niveau plus subtil, il permet aux partenaires (consentants bien sûr) de rééquilibrer les rôles au sein du couple, de se découvrir sous un nouveau jour, de tester son attachement à l’autre (sans jeu de mot), de tester la confiance de l’autre et de renforcer la complicité.

La souffrance infligée peut être d’ordre moral et physique. Dans sa forme extrême, le bondage (très populaire au Japon) consiste à ligoter son/sa partenaire à l’aide de cordes. Pas besoin d’être un expert en nœud marin, une paire de bas ou de menottes suffisent ! La strangulation soft ou “breath control” augmente le flux sanguin, ce qui accroît l’érection chez l’homme et l’orgasme féminin.

Vous êtes plutôt dominant ou dominé ?

Si l’on résume cette pratique, on peut donc dire qu’une relation sadomasochiste associe les tendances sadiques d’une personne et masochistes de l’autre. Une personne peut réunir ces tendances mais l’une d’elles domine généralement. Le sadisme consiste à avoir du plaisir en affligeant des souffrances physiques et morales à son partenaire. Le masochisme est a contrario le fait d’éprouver du plaisir dans la douleur et l’humiliation.

Le sadique est l’élément dominateur du couple et le masochiste le soumis. Notons par ailleurs que la pénétration n’est pas obligatoire dans une relation sadomasochiste “aboutie”.

Avec ou sans objets ?

Le travail des seins avec les doigts ou des pinces fait également partie du florilège d’activités dévolues au SM. La cagoule (en cuir ou en latex), le paddle, la cravache ou le martinet pour les jeux de fessées, le plug anal et autres bijoux d’anus font partie de l’attirail fétichiste mais le sadomasochisme peut évidemment se pratiquer sans objet.

50 nuances du plaisir : le guide ultime pour se mettre au SM

50 nuances du plaisir, tout un programme. Cela vous rappelle 50 Shades of Grey, ou plutôt 50 Nuances de Grey, en français ? C’est normal.  “50 nuances du plaisir”, c’est en tout cas le titre d’un livre publié aux éditions Larousse, qui se pose comme le guide ultime d’éducation sexuelle sadomasochiste.

Des “goûts sexuels assez spéciaux”

Cette “bible” BDSM soft est l’oeuvre de Marisa Bennett, spécialiste de littérature anglaise, qui revendique “des goûts sexuels assez spéciaux“.

Chaque chapitre regorge de conseils pratiques et s’ouvre sur la citation d’un maître de la littérature érotique. C’est qui le chef, d’abord ? Après la révision des classiques et des conseils très explicites pour pimenter les pratiques sexuelles ordinaires, “50 nuances du plaisir plonge dans le dur”…

Fessée et bondage : devenez maître dans l’art du BDSM

Le deuxième chapitre se consacre à la fessée. Le pourquoi du comment du pan sur les fesses, la “classique” à mains nues, les accessoires, dont le fouet, les soins post-fessée, les sex toys… Tout cela avec humour.

Puis ce sont les jeux de cordes. “Dans le bondage, explique l’auteure, l’élément le plus important est le ressenti du pouvoir sur l’autre. Pas besoin de réussir des noeuds parfaits. Vous ne travaillez pas dans la marine… Mais il est important qu’il ou elle se sente ligoté(e) pour de vrai“, écrit-elle avant de donner des conseils de prudence.

Suivent de nombreuses indications sur l’art et la manière d’attacher sur un lit, une chaise, au salon ou dans la cuisine… puis quelques trucs pour obéir sans casse et châtier en s’amusant.

Bref, “50 nuances du plaisir” est un guide pour faire ses classes qui devrait faire son petit effet. Alors, qui veut se mettre au sadomasochisme ?