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Il y a 10 ans

Le sadomasochisme

Fais-moi plaisir, fais-moi mal !

Dans sa version soft et édulcorée, le sadomasochisme fait désormais partie des jeux érotiques qui viennent agrémenter de temps à autres les relations de couple. Si la frontière entre souffrance et plaisir ne tient qu’à une cordelette de bondage, le sadomasochisme est un fantasme plus répandu qu’on ne le croit, qui effraie, attire, mais exerce toujours une fascination.


Dominants et dominés
Une relation sadomasochiste associe les tendances sadiques d’une personne et masochistes de l’autre. Une personne peut réunir ces tendances mais l’une d’elles domine généralement. Le sadisme consiste à avoir du plaisir en affligeant des souffrances physiques et morales à son partenaire. Le masochisme est a contrario le fait d’éprouver du plaisir dans la douleur et l’humiliation. Le sadique est l’élément dominateur du couple et le masochiste le soumis. La pénétration n’est pas obligatoire dans une relation sadomasochiste « aboutie ».

Le sadomasochisme, ou SM, acquiert ses initiales de noblesse au siècle des Lumières. Le plaisir provoqué en infligeant souffrances et humiliations est érigé au rang de raffinement sexuel par Sade (auteur du scandaleux « Justine ou les Malheurs de la vertu » à la fin du 18ème siècle). Le masochisme tire son nom de l’écrivain Sacher-Masoch.
Dans sa « Vénus à la fourrure » (1870), un homme s’engage par contrat à devenir l’esclave d’une maîtresse femme. Le sadomasochisme devient un « mot-valise » au 20ème siècle avec la psychanalyse freudienne. L’enfermement systématique d’un individu dans la pratique exclusive du sadomasochisme pour parvenir au plaisir est alors considéré comme un trouble comportemental, pas comme une pratique sexuelle.

Madonna, cravache en main, a largement contribué à la popularisation du SM dans son film « In Bed with Madonna » (1991) en en donnant une image sophistiquée. Loin de la caricature du sadomasochisme hard (potentiellement dangereux et pratiqué dans un milieu marginal) et de la perversion, le SM devient un jeu érotique à la mode, destiné à pimenter les relations sexuelles. A un niveau plus subtil, il permet aux partenaires (consentants bien sûr) de rééquilibrer les rôles au sein du couple, de se découvrir sous un nouveau jour, de tester son attachement à l’autre (sans jeu de mot), de tester la confiance de l’autre et de renforcer la complicité.La souffrance infligée peut être d’ordre moral et physique. Dans sa forme extrême, le bondage (très populaire au Japon) consiste à ligoter son/sa partenaire à l’aide de cordes. Pas besoin d’être un expert en nœud marin, une paire de bas ou de menottes suffisent ! La strangulation soft ou « breath control » augmente le flux sanguin, ce qui accroît l’érection chez l’homme et l’orgasme féminin.
Avec ou sans objets
Le travail des seins avec les doigts ou des pinces fait également partie du florilège d’activités dévolues au SM. La cagoule (en cuir ou en latex), le paddle, la cravache ou le martinet pour les jeux de fessées, le plug anal et autres bijoux d’anus font partie de l’attirail fétichiste mais le sadomasochisme peut se pratiquer sans objet.

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