Explorant les profondeurs de désir : comprendre le fétichisme et ses objets d’attraction

Le fétichisme est un apanage presque exclusivement masculin. Pieds, talons aiguilles, latex… les objets du fétichisme peuvent paraître étranges mais ont une signification particulière.

Perversion ? Déviance ? Lubie ? Petit tour d’horizon d’une bizarrerie érotique qui amuse et fascine.

De l’adoration religieuse à l’attirance pas catholique

A l’origine, le fétichisme désigne l’adoration religieuse d’un objet de culte, d’une idole. Transposé à la sexualité, il représente une attirance érotique suscitée par un objet (souliers, talons aiguilles), une partie du corps (pieds, cheveux roux, seins…), une matière (cuir, latex, vinyle…).

De même, le masochisme et le sadomasochisme sont pratiqués par ceux qui ont une affinité avec la douleur. La plupart de ces activités font partie du style de vie BDSM (bondage, dominance/soumission, sadisme/masochisme)

Le fétichisme peut également s’apparenter à une situation, à une odeur, bref à tout autre chose que le sexe lui-même.

Si la recherche du plaisir sexuel par un objet – un fétiche – ou une partie du corps est considérée comme une déviance sexuelle mineure, elle est devenue, à l’instar du sado-masochisme, une pratique en vogue de moins en moins subversive, de plus en plus présente dans la culture de masse.

Dans le fétichisme, les « règles » habituelles du désir sexuel sont remplacées par des désirs non conventionnels, souvent liés à des objets spécifiques. Les fétichistes explorent leurs fantasmes et trouvent du plaisir dans ce qui est habituellement considéré comme « inhabituel ». Si certaines personnes utilisent le fétichisme comme une source de plaisir pour des activités récréatives occasionnelles, pour d’autres, il fait partie intégrante de leur sexualité .

Le fétichisme peut être une façon intéressante et enrichissante d’explorer la sexualité, mais il est important de se rappeler qu’il doit toujours être consensuel. Si les activités fétichistes peuvent être extrêmement agréables, elles ne doivent jamais avoir lieu contre la volonté d’une personne ou à son insu.

La communication entre partenaires est essentielle dans tout type d’activité sexuelle, en particulier lorsqu’il s’agit de les fétiches. Sans une communication ouverte et honnête, il peut être difficile de comprendre les désirs d’un partenaire ou de négocier une expérience mutuellement agréable.

Lorsqu’elles sont pratiquées correctement, les activités fétichistes peuvent constituer un moyen passionnant d’explorer la sexualité et de créer des expériences romantiques épanouissantes.

Ses adeptes ? On les croise aux « Nuits Démonia » (les plus célèbres) qui ont lieu tous les mois de décembre à Paris dans le 18e ou aux « Nuits Elastiques » aux Caves Lechapelais, dans le 17e à Paris.

Considéré à la fin du 19e siècle comme une perversion, le fétichisme relève selon la psychanalyse freudienne de l’angoisse de la castration, d’où le fait que seuls les hommes seraient concernés.

Le fétiche serait un pénis de substitution pour le petit garçon traumatisé par la découverte de l’absence de pénis chez la femme. Aujourd’hui, on dédramatise et on préfère parler de paraphilie, néologisme qui désigne des pratiques sexuelles différentes des actes « normaux ».

Ne pas devenir dépendant au fétichisme !

Le fétichisme n’est pas une pratique dangereuse ou condamnable (tant qu’il n’induit pas de délit), mais il peut devenir problématique s’il perturbe le comportement, la vie sociale du « dépendant ». Si le sujet en souffre, il peut suivre une psychothérapie ou une thérapie cognitive.

Ces thérapies peuvent aider la personne à reconnaître et à contrôler ses sentiments, lui donnant ainsi une attitude plus équilibrée vis-à-vis de la sexualité. Dans tous les cas, il est essentiel de conserver une attitude saine vis-à-vis de la sexualité afin d’éviter le développement de comportements dysfonctionnels ou de dépendances.

Derrière des termes un peu barbares se cachent des attirances sexuelles curieuses. Si vous vouez une adoration aux talons hauts, vous êtes altocalciphile.

Podophilie pour les pieds et trichophilie pour les poils et les cheveux font partie des fétichismes « classiques ». La doraphilie consiste à adorer le latex, le cuir… et non pas à être fan de Dora l’exploratrice !

Les hommes attirés par les femmes enceintes sont qualifiés de maïeusophiles alors que l’acomoclitisme désigne des personnes attirées par les pubis rasés. Certaines attirances relèvent du domaine de l’insondable comme le penchant sexuel pour les représentations d’extra-terrestres, l’exobiophilie ! Les personnes fétichistes de la technologie, la mécanophilie, peuvent pousser leur intérêt à l’extrême en ayant des relations sexuelles avec des robots ou d’autres machines.

Le large éventail de fétiches que les gens peuvent trouver attrayants est pratiquement sans fin.

Et vous, êtes-vous fétichiste ? 

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