Le fétichisme

Des objets nommés désir

Le fétichisme est un apanage presque exclusivement masculin. Pieds, talons aiguilles, latex… les objets du fétichisme peuvent paraître étranges mais ont une signification particulière. Perversion ? Déviance ? Lubie ? Petit tour d’horizon d’une bizarrerie érotique qui amuse et fascine.


De l’adoration religieuse à l’attirance pas catholique
A l’origine, le fétichisme désigne l’adoration religieuse d’un objet de culte, d’une idole. Transposé à la sexualité, il représente une attirance érotique suscitée par un objet (souliers, talons aiguilles), une partie du corps (pieds, cheveux roux, seins…), une matière (cuir, latex, vinyle…).
Le fétichisme peut également s’apparenter à une situation, à une odeur, bref à tout autre chose que le sexe lui-même.

Si la recherche du plaisir sexuel par un objet – un fétiche – ou une partie du corps est considérée comme une déviance sexuelle mineure, elle est devenue, à l’instar du sado-masochisme, une pratique en vogue de moins en moins subversive, de plus en plus présente dans la culture de masse. Ses adeptes ? On les croise aux « Nuits Démonia » (les plus célèbres) qui ont lieu tous les mois de décembre à Paris dans le 18e ou aux « Nuits Elastiques » aux Caves Lechapelais, dans le 17e à Paris.

Considéré à la fin du 19e siècle comme une perversion, le fétichisme relève selon la psychanalyse freudienne de l’angoisse de la castration, d’où le fait que seuls les hommes seraient concernés. Le fétiche serait un pénis de substitution pour le petit garçon traumatisé par la découverte de l’absence de pénis chez la femme. Aujourd’hui, on dédramatise et on préfère parler de paraphilie, néologisme qui désigne des pratiques sexuelles différentes des actes « normaux ».
Ne pas devenir dépendant !
Le fétichisme n’est pas une pratique dangereuse ou condamnable (tant qu’il n’induit pas de délit), mais il peut devenir problématique s’il perturbe le comportement, la vie sociale du « dépendant ». Si le sujet en souffre, il peut suivre une psychothérapie ou une thérapie cognitive.

Derrière des termes un peu barbares se cachent des attirances sexuelles curieuses. Si vous vouez une adoration aux talons hauts, vous êtes altocalciphile. Podophilie pour les pieds et trichophilie pour les poils et les cheveux font partie des fétichismes « classiques ». La doraphilie consiste à adorer le latex, le cuir… et non pas à être fan de Dora l’exploratrice !
Les hommes attirés par les femmes enceintes sont qualifiés de maïeusophiles alors que l’acomoclitisme désigne des personnes attirées par les pubis rasés. Certaines attirances relèvent du domaine de l’insondable comme le penchant sexuel pour les représentations d’extra-terrestres, l’exobiophilie ! Et vous, êtes-vous fétichiste ? 

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