Frigidité : les hommes aussi sont concernés

Ils bandent, éjaculent mais ne ressentent pas de plaisir. Comme pour la femme, l’anorgasmie des hommes est généralement contextuelle mais pas anodine. D’où vient l’absence de plaisir et comment y remédier ?

L’anorgasmie, un sujet tabou

Il existe très peu d’études scientifiques sur le sujet et pour cause : très rares sont les hommes qui osent se confier sur l’absence de plaisir sexuel. Car la frigidité renvoie à une pathologie psychologique d’ordinaire associée à la gent féminine ; il s’agit d’un aveu d’impuissance plus lourd à confier pour un homme que l’absence d’érection qui, elle, peut se justifier par une panne d’ordre mécanique. D’autant que l’homme arrive à entrer en érection et à éjaculer.

Quand éjaculer n’est pas jouir

Il est donc plus confortable de dissimuler son absence de plaisir que de l’avouer. Pourtant, une enquête française remontant à 1993 sur l’analyse des comportements sexuels en France porte à 14 % le nombre d’hommes atteints « souvent ou parfois » d’anorgasmie, ne ressentant aucun plaisir, même après un rapport sexuel abouti.

L’anorgasmie intervient généralement avec l’apparition de facteurs spécifiques qu’il faut déterminer afin de pouvoir envisager une thérapie adaptée. Elle est souvent d’origine psychologique (85 %) mais aussi neurologique (blessure médullaire, sclérose en plaque) et médicamenteuse (liée à certains antidépresseurs) à parts égales.

L’érection étant en partie mécanique, l’éjaculation également, il est donc possible d’avoir un rapport sexuel avec sa partenaire, en ressentant peut être une certaine forme d’excitation, mais pas le moindre plaisir au moment de l’éjaculation, censée amener un orgasme masculin en temps normal.

Comment déceler une anorgasmie 

L’usage prolongé de stupéfiants tels que la cocaïne n’est pas à exclure dans l’absence  de plaisir. La plupart du temps, les causes sont épisodiques. On parle alors d’anorgasmie secondaire si les facteurs sont contextuels : deuil, préoccupations matérielles… L’anorgasmie primaire concerne les hommes n’ayant jamais été très portés sur le sexe, soit en raison de leur éducation, soit en raison de leur nature, plus cérébrale, qui peut expliquée cette frigidité au masculin.

Les hommes qui souffrent d’anorgasmie doivent effectuer un bilan sexo-psychologique auprès d’un sexologue. La cause n’est pas toujours simple à déterminer, aussi des examens médicaux sont normaux pour tenter de déceler une éventuelle cause organique. Un traitement comportemental est nécessaire pour retrouver rapidement la confiance nécessaire en soi pour desserrer le frein du plaisir.

Je ne ressens rien lors du rapport, que faire ?

Tout d’abord, rappelez vous que l’anorgasmie est une pathologie avec de nombreux facteurs contributif, et ce n’est pas de « votre faute ».

Vous êtes probablement toujours aussi amoureux de votre partenaire, et elle n’est pas non plus responsable de votre situation. Essayez avant toute chose de déceler le ou les éléments déclencheurs de votre absence de plaisir, afin d’essayer d’y remédier. Un accident, une événement malheureux, ou simplement une baisse de moral ?

C’est la cause que vous devrez traiter, tout en poursuivant en parallèle votre activité sexuelle classique. Dans tous les cas, parlez en à votre partenaire afin qu’elle comprenne la situation; elle sera peut être en mesure de vous aider, et à minima, sera compréhensive concernant votre libido (ou son absence) et vos « performances » du moment.