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Il y a 2 mois

Addiction sexuelle : les 10 choses à connaître

L’addiction sexuelle, un phénomène encore très mal compris, en particulier par les hommes. Pourtant, ils comptent parmi les premières victimes !

La notion d’addiction sexuelle est encore trop mal cernée par la plupart des personnes. Après tout, tout ce qui touche à la sexualité est encore très tabou, quoi qu’on dise. Certains attribuent ce phénomène à l’hyper-sexualisation omniprésente dans les sociétés modernes.

Que ce soit dans les médias, sur internet, dans les jeux-vidéo, dans les campagnes publicitaires ou dans la vie de tous les jours, les stimuli sexuels sont devenus monnaie courante.

Pourtant, les causes de l’addiction sexuelle sont à trouver ailleurs d’après les psychiatres. Et pour mieux comprendre le phénomène il est utile de se défaire de certains préjugés et de s’informer convenablement.

Qu’est-ce que l’addiction sexuelle ?

On parle d’addiction sexuelle, lorsqu’une personne (femme ou homme) développe une relation pathologique en rapport avec l’activité sexuelle.

Il peut s’agir de masturbation compulsive, de la multiplication irresponsable de partenaires sexuels, d’une dépendance au cybersexe, et bien plus encore. Cette relation se consolide généralement au dépends de la vie “normale” de l’individu dans son cadre professionnel et social. La recherche de la stimulation sexuelle prenant alors le pas sur tout autre aspect de la vie courante.

La difficulté de diagnostic de l’addiction sexuelle

C’est d’abord dans les années 1970 que le phénomène a été identifié. Mais, même s’il a été démontré que les mêmes mécanismes de dépendance sont constatés qu’avec les toxicomanes, l’addiction sexuelle est considérablement plus difficile à diagnostiquer. Et pour cause : peu de personnes sont vraiment ouvertes à une discussion portant sur leurs habitudes et pratiques sexuelles.

Pire, une abondance de partenaires et de relations sexuels est perçu comme une vertu. Avoir une libido débordante est presque un badge d’honneur pour les hommes ; et les jugements moraux portés sur les femmes ont tendance à taire la parole autour de la question de l’addiction sexuelle.

Il est donc impératif de s’éduquer sur la question pour aider les personnes souffrant de ce trouble comportemental, pour se diagnostiquer soi-même, ou simplement pour faire les premiers pas vers la guérison.

1. Une variété de comportements compulsifs

On aurait tendance à croire que le seul symptôme concret d’une addiction sexuelle serait d’avoir une libido de lapin. S’il est vrai que c’est l’un des comportements les plus facilement identifiables, l’addiction sexuelle peut avoir plusieurs manifestations selon les personnes.

Pour certains, il s’agira principalement de la masturbation compulsive, de l’addiction au porno, d’une dépendance au cybersexe, ou encore de relations sexuelles non protégées.

2. Il y a plusieurs sous-catégorie d’addictions sexuelles

Selon les critères employés, la classification peut varier. Mais, on reconnaît généralement plus d’une dizaine de types différents d’addictions sexuelles. Il s’agit de :

  • L’addiction aux fantasmes sexuels.
  • L’addiction à la conquête sexuelle.
  • L’addiction au sexe monnayé.
  • L’addiction au sexe tarifé.
  • L’addiction au sexe inconnu.
  • L’addiction au sexe voyeuriste.
  • L’addiction au sexe exhibitionniste.
  • L’addiction au sexe intrusif.
  • L’addiction au rapports sexuels violents.
  • L’addiction au sexe désincarné.
  • L’addiction au cybersexe.

Notons par ailleurs qu’en dehors de ces sous-catégories, certains types d’addiction sexuels peuvent être punis par la loi selon le pays où l’on se trouve : pédophilie (avec ou sans passage à l’acte), zoophilie, etc.

3. Une addiction qui en appelle d’autres

Il a été démontré, à la suite de nombreux cas d’étude, que les personnes touchées par cette dépendance, basculent souvent vers d’autres formes de dépendances. Il peut s’agir de la toxicomanie, de l’alcoolisme ou de diverses autres formes de dépendance.

C’est un fait tellement “connu”, qu’il est d’ailleurs devenu un cliché dans la panoplie de productions cinématographiques qui traitent de l’addiction sexuelle.

4. Elle peut être causée par un traumatisme antérieur

Ce n’est nécessairement pas le cas de toutes les personnes atteintes d’addictions sexuelle, mais pour certaines d’entre elles, les causes peuvent être trouvées dans les traumatismes vécus antérieurement. Pour certains, les traumatismes de l’enfance.

Les psychiatres estiment que ces personnes cherchent à recréer les situations abusives dont elles ont été victimes. L’identification des causes est toujours un atout précieux pour y apporter des solutions.

5. Elle peut être liée à des troubles de la personnalité

Les personnes atteintes de troubles bipolaires, de troubles schizophrènes, de trouble de la personnalité dépendante, de trouble dissociatif de l’identité ou même de dépression peuvent être plus vulnérables au développement d’une addiction sexuelle.

Pour ces personnes, un état émotionnel intense peut suffire à déclencher des comportements sexuels compulsifs.

6. Elle détruit des vies comme toute autre forme d’addiction

Il n’y a vraiment pas de quoi se vanter. Enchaîner les conquêtes et les “plans culs” n’est vraiment pas une attitude saine. Et sans traitement, cette forme d’addiction peut détruire une vie comme le ferait une addiction aux drogues dures par exemple.

Pourtant, le tabou, la honte et la perception peu urgente qui sont rattachés à la question poussent les personnes atteintes, et celles qui les entourent, à minimiser les dangers.

7. L’addiction au sexe ne discrimine d’aucune manière

Vous faites peut-être partie de ces lecteurs ou lectrices qui substituent “personnes atteintes d’addiction sexuelle” par “hommes” depuis le départ. Détrompez-vous !

Les femmes ne sont pas immunisées contre le phénomène. Hommes et femmes, jeunes et vieux, sans considération d’orientation sexuelle ou de préférences… tous sont concernés.

8. Internet : complice mais pas coupable

Il est virtuellement impossible de faire sa ronde d’internet sans être assailli par des stimuli sexuels. Vous y avez peut-être même droit avec les publicités en marge de cet article, qui sait ? On comprend donc sans peine qu’internet soit souvent indexé lorsqu’il s’agit de trouver des causes aux divers troubles de la sexualité et à l’addiction sexuelle.

Certes, internet a rendu l’accès au contenu pornographique plus facile et presque omniprésent, mais ce n’est jamais la cause unique, ni même la cause principale de l’addiction.

9. Une addiction pouvant être traitée

Comme toute addiction, l’addiction sexuelle peut être traitée. Il s’agit dans ce cas d’un traitement visant à rendre le contrôle de comportements compulsifs au patient.

Notons toutefois que dans certains cas où les pratiques sexuelles sont “déviantes”, il pourra être nécessaire d’associer d’autres traitements à la simple thérapie.

10. Les comportements sexuels compulsifs ont été classifiés par l’OMS comme un désordre mental

Cette classification censée entrer en vigueur en 2022 est un pas non-négligeable vers la dé-stigmatisation des personnes atteintes. D’après les données de l’OMS, il y aurait près de 6% de la population mondiale qui serait touchée.

D’après ces mêmes données, les hommes seraient touchés en plus grande proportion : environ 80% des personnes atteintes.

Conclusion

En somme, l’addiction sexuelle est une question bien plus complexe qu’on pourrait le croire. Y apporter des solutions passe donc par une meilleure compréhension des personnes touchés, et nécessite la capacité à pouvoir s’abstenir de porter un jugement moral.

C’est un phénomène dont il faut prendre conscience et autour duquel il faut communiquer.

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