BDSM et fétichisme : par où commencer et comment ?

BDSM et fétichisme : comment débuter ?

BDSM, fétichisme, cet univers vous intrigue et vous voudriez vous lancer mais comment débuter et surtout comment l’assumer ? Pas facile de faire le premier pas dans un inconnu si controversé, voici quelques conseils et explications pour commencer en douceur …

« La vision du BDSM est biaisée par la pornographie »

L’univers BDSM (Bondage, Discipline, Sadisme et Masochisme) est mal vu et pourtant très présent, de manière plus ou moins explicite, dans notre société. Il est intégré dans de nombreux domaines comme la mode avec des habits de tous les jours en cuir ou en effet latex.

De façon encore plus concrète, dans le monde de la nuit, de nombreux codes appartenant à ce milieu sont repris comme des accessoires en cuir, fourrure ou en satin par exemple. La plupart des vidéos pornographiques, toutes catégories confondues, intègrent des pratiques sexuelles de types BDSM et parfois, les personnages filmés manifestent une certaine aversion pour un type de vêtement ou une partie du corps de leur partenaire afin d’illustrer le versant fétichiste.

@demonia_paris
BDSM et Fétichisme : Par où commencer et comment ?

On peut alors se demander pourquoi une pratique si visible serait si controversée au sein de la société. Il y a une sorte de fausse image du BDSM dans l’imaginaire collectif. L’image fantasmée du BDSM provient du soft porn comme Fifty Shades of Grey, où romantisme et BDSM se mêlent. 

Mais il y a un fossé entre pratiquer et fantasmer le sado-masochisme. Plusieurs enquêtes ont observé que les jeunes générations étaient très influencées par les codes de la pornographie lorsqu’il s’agit de leur sexualité. Lorsqu’on grandit, notre perception de la sexualité change mais certains réflexes restent. Le problème, c’est que la pornographie est une fiction qui montre un aspect scénarisé de l’acte ; or, le BDSM est un jeu de rôle dont seuls les participants décident du scénario.

« Il n’y a pas d’âge pour commencer ou pratiquer le BDSM »

Vous seriez surpris d’entendre que le sadomasochisme est une pratique saine. Comme l’explique la clinicienne sexologue Pascale Robitaille, « tant que cette pratique ne conduit pas à de l’obsession, elle est considérée sous contrôle et donc sans danger. »

En fait, pratiquer le sadomasochisme, en couple, à plusieurs ou en tant que célibataire repose essentiellement sur de la confiance mutuelle. Il y a aussi des règles de sécurité pré-établies entre les partenaires, à respecter pour que le plaisir soit partagé.

Débuter le BDSM, c’est surtout « y aller progressivement », on conseille aux débutants d’être accompagnés pour bien commencer. Il existe même des formateurs à la pratique qui introduisent les novices à leur rythme, en respectant leurs limites et leurs réserves. Il est important de demander conseil et de choisir des instruments adaptés et surtout uniquement prévus à cet effet. « Les pratiques de type SM sont de plus en plus démocratisées chez les 18-34 ans. Nous vivons dans une société où l’accès à toutes sortes de contenus est bien plus facile qu’il y a 30 ans mais il faut faire attention et ne pas se lancer à l’aveuglette ! » met en garde Joris, responsable de la boutique spécialisée Demonia, à Paris.

Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin dans des établissements comme des sex-shops physiques ou en ligne. 

@ratgeber_sm




"Il n’y a pas d’âge pour commencer ou pratiquer le BDSM"

De manière plus systématique, les pratiques sexuelles incluant une notion de fétichisme sont tabous et pourtant bien plus nombreuses que l’on ne le pense. Un fétichisme est médicalement considéré comme une « déviance sexuelle ou paraphilie », à mettre entre guillemets, car toute déviance n’est pas forcément dangereuse.

En fait, tant que l’objet de fétichisme ne constitue pas une atteinte à l’honneur d’un individu, il n’y a pas de problème. Accepter son côté fétichiste, c’est aussi se connaître. A partir de là, à vous de décider jusqu’où vous voulez l’explorer dans les limites de votre sécurité et de celle des autres.

Il y a tout de même une différence entre attirance et fétichisme. Nous sommes tous plus ou moins attirés par des éléments précis, certains adorent la lingerie, d’autres seront très attiré par les grains de beauté. Le fétichiste lui, ne prend pas de plaisir ou très peu si l’élément qui l’attire n’est pas présent, ce qui n’est pas le cas pour tout le monde.

« Les gens qui viennent nous en parler sont écoutés pour de vrai et ça les libère de leur honte. Beaucoup de fétichistes viennent se rassurer comme s’ils avaient besoin d’entendre qu’ils ne sont ni fous ni tordus, il n’y a pas de honte a aimer le latex ou les escarpins ! »

Joris, responsable de la boutique Demonia

Une diversité de jeux

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le BDSM est un moyen de casser les rôles attribués par l’hétéro-normalité ancrée dans nos relations intimes. Avec le BDSM, pas de questions de genres seulement des rôles interchangeables entre dominé et dominant. C’est aussi pourquoi cette sexualité intéresse la jeunesse qui ne se reconnaît pas forcément dans le schéma normé et un peu trop traditionnel de la société actuelle même si « depuis quelques années les Français reviennent sur leurs a priori » confie Joris.

L’avantage du BDSM se retrouve dans la richesse et l’intensité de l’échange entre les partenaires. C’est aussi un milieu qui convient très bien à toutes sortes d’orientations sexuelles, « Les individus appartenant à la communauté LGBTQ+ se retrouvent aussi dans l’univers BDSM très ouvert sur beaucoup d’aspects en terme de pratiques, et surtout, absolument non genré. »

En général, le côté bondage est très populaire chez les débutants. Cette pratique consiste à attacher son partenaire (le dominé) avec des cordes selon une technique spéciale de ligotage originaire du Japon : le shibari. Le dominant fera alors subir des supplices sexuels au dominé. Outre la technique de ligotage japonaise, le bondage intègre aussi des moyens de contraintes comme le port d’un corset, d’une camisole ou d’une cagoule par exemple. 

@ropefey

Il existe un vaste panel de pratiques : privations sensorielles, cages de chasteté homme et femme, jeu de la bougie, enfermement… La plupart des adeptes du BDSM s’adonnent à ces pratiques en binôme ou à plusieurs mais il existe aussi des actes en solo qui s’apparentent à de la « masturbation sado-masochiste ». On vous mettra en garde quant aux pratiques en solo car ce sont des jeux plus dangereux. Il est préférable que quelqu’un vous surveille, de près ou de loin, en cas d’accident. 

De manière générale, chaque acte doit être réalisé avec consentement, confiance et respect. Avec votre partenaire, vous choisirez un ou plusieurs « safe words« . Ces mots vous permettront de communiquer implicitement durant l’acte et surtout de prévenir votre partenaire si vous ne vous sentez pas bien ou que la douleur est trop intense.

Paddle coeur Demonia : 48,90€
Bougies noires : 15,90€
Mors cuir noir : 99,00€
Chaîne et mousquetons : 7,90€
Une diversité de jeux

Vous l’aurez compris, le BDSM n’a rien de glauque mais il faut le pratiquer sainement et progressivement. Tentez l’expérience si le coeur vous en dit, cela peut être un bon moyen d’explorer votre sexualité et pimenter vos relations de couple !

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