Vol de montres : comment mettre fin à la psychose ?

Les chiffres sont là. Et ils ont de quoi faire peur : les vols de montres ont bondi de 60% en un an dans le monde en 2023. Selon The Watch Register, pas moins de 6815 montres auraient ainsi été dérobées l’an dernier, pour une valeur globale d’environ 1,17 milliard d’euros. Et la France n’est pas épargnée selon les données d’un autre spécialiste en la matière, Watchfinder & Co. Alors, comment endiguer ce phénomène ?

La criminalité horlogère dopée par… les JO de Paris ?

La rubrique « faits divers » a été régulièrement alimentée par des vols spectaculaires, ces derniers mois. Avec des points communs entre bon nombre de ces délits : les sportifs sont des victimes récurrentes et les montres et bijoux de luxe sont très prisés par les voleurs. Le footballeur du PSG Gianluigi Donnarumma, le cycliste Mark Cavendish, les pilotes de F1 Carlos Sainz et Charles Leclerc ont tous trois été la cible des malfaiteurs, par exemple. Avec, à chaque fois à la clé, un butin de plusieurs centaines de milliers d’euros.

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Et puisque sport et criminalité horlogère semblent intimement liés, les JO de Paris 2024 pourraient entraîner une hausse significative des vols. Selon une étude menée par The Economic and Labour Relations Review, et relayée par Watchfinder & Co., « les Jeux olympiques sont systématiquement associés à une augmentation d’environ 10% des crimes contre les biens dans les villes hôtes pendant les jeux ». Le pic aurait été atteint pendant les JO de Londres, en 2012, avec 1700 victimes de vol chaque jour dans la capitale britannique.

Pour ne rien arranger, le classement international Numbeo 2023 des pays par taux de criminalité place la France au premier rang européen. Et depuis 2022, la région Ile-de-France est particulièrement touchée avec « une moyenne de 5 à 6 vols de montres de luxe par semaine qui a contraint la préfecture de Paris à mettre en place une unité spéciale qui compte aujourd’hui plus de 30 agents formés ».

En 2023, près d’une montre volée sur deux (44%) était une Rolex, loin devant Omega (7%)
En 2023, près d'une montre volée sur deux (44%) était une Rolex, loin devant Omega (7%)

Comment lutter efficacement contre le vol de montres ?

Face à de tels chiffres, difficile de ne pas ressentir une certaine inquiétude. Ce que confirment d’autres données chiffrées rapportées par Watchfinder, selon lesquelles deux tiers des propriétaires de montres de luxe ont admis qu’ils étaient devenus plus vigilants lorsqu’ils les portaient. Adrien Fourlegnie, directeur de Watchfinder France, partage un constat amer : « Cette inquiétude amène de nombreux Français à laisser leurs montres dans un coffre-fort – l’antithèse de ce que nous pensons que posséder une montre devrait être. »

C’est pour lutter contre cette potentielle psychose que vient d’être lancée une campagne de sensibilisation. Objectif annoncé : combattre efficacement la criminalité liée aux vols de montres. Pour y parvenir, il faut d’abord encourager les propriétaires de montres à enregistrer leur article dès l’achat. Mais les revendeurs (Watchfinder, Cresus, Chrono24…) ont aussi leur rôle à jouer en appliquant des contrôles et des processus de sélection plus stricts sur leurs plateformes.

Un certificat d’authenticité est donc le minimum syndical à obtenir lorsque l’on souhaite acheter une montre de seconde main. Par ailleurs, une plateforme comme Enquirus, fondée par le groupe Richemont, doit permettre de « rompre le cycle entre le vol et la revente de montres ». Ici, propriétaires, experts et détaillants peuvent simplement enregistrer leur montre ou accéder à une base de données permettant de savoir si le garde-temps que l’on veut acquérir n’a pas été volé.

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Dissuader les voleurs, renforcer la traçabilité et sensibiliser les propriétaires : ces trois éléments ne sont évidemment pas une solution miracle, mais ils peuvent permettre d’endiguer durablement cette vague de criminalité horlogère.

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