Aimer la K-Pop quand on est un homme : c'est grave, docteur ?

Faut-il nécessairement détester la pop coréenne ?

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Les groupes de K-Pop font de plus en plus parler d'eux et les ados ne sont pas les seuls à être accros. Comment expliquer le succès de cette musique ?

Aimer la K-Pop quand on est un homme : c'est grave, docteur ?
Blackpink, groupe phare de la K-Pop ©
La Rédac' Masculin
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Phénomène musical originaire de la Corée du Sud, la K-Pop a déferlé dans le monde et connaît un certain retentissement en France (et non, on ne parle pas de Psy et de son Gangnam Style). Faut-il s'y intéresser ou, au contraire, fuir à tout prix cette musique ? On a essayé de décrypter ce phénomène qui touche beaucoup plus d'hommes adultes qu'on ne pourrait le croire !

Nos anciens boys bands à la sauce asiatique

À première vue, la K-Pop semble une énième niaiserie insipide et commerciale, comme il en apparaît chaque jour ; un tube ou deux, engouement du grand public, et disparition dans l'oubli général au bout d'une saison ou deux seulement.

Pourtant, cet ovni musical sud-coréen ne semble pas décidé à disparaître trop vite. On se souvient que dans la seconde moitié des années 1990, les Worlds Apart, Alliage, 2Be3 et consorts occupaient la première place dans les médias : jeunes hommes aux visages angéliques, bien proprets, dents étincelantes, ils faisaient rêver les jeunes filles pré-adolescentes et accédaient au statut d'icône dès la première apparition !

Qu'avaient-ils donc de si attrayant ? Une image fabriquée de toutes pièces par les maisons de disques, et bien souvent une amitié de façade. Des chansons à l'eau de rose qu'ils n'écrivaient même pas, et une façon de danser à la manière du Gymnase Club... 2 ou 3 ans de carrière fulgurante, et à la poubelle les super stars !
Curieusement, ils plaisaient aussi à certains jeunes garçons, qui enviaient leur façon de danser : peut-être y voyaient-ils une manière de mieux draguer les filles en les impressionnant par cette danse très athlétique ?

Mais, ne soyons pas si sexistes : de la même façon que les boys bands n'étaient pas un phénomène 100% masculin (coucou les Spice Girls et All Saints), la K-Pop compte aussi bon nombre de groupes de filles sexy : Mamamoo, Blackpink...

Musicalement, ça ressemble à quoi, la K-Pop ?

Musique à cheval entre la dance, les bluettes naïves et l'électro-pop, paroles rose bonbon et guimauve : tous les ingrédients sont réunis.
On l'a dit, la K-Pop est composée autant de groupes masculins que féminins – même si en Europe, et surtout en France, seuls les groupes de garçons ont longtemps été à l'honneur.

Aujourd'hui, les jeunes hommes dans les groupes de K-Pop (BTS, Got7, EXO...) passent pour des héros sortis tout droit d'un manga : ceci explique peut-être l'engouement d'une certaine clientèle masculine à leur égard. Les amateurs de manga s'identifieraient ainsi à leurs super héros ? Ou y a-t-il autre chose ?


Comment apprécier ce contenu en étant un adulte raisonnable ?

L'apparente niaiserie des paroles de chansons conduit à se demander si on ne prend pas les hommes pour des débiles : l'imagerie de la K-Pop ne parle guère en faveur de la virilité traditionnelle. Et alors ?

Aujourd'hui, il semblerait que cette musique puisse aussi être appréciée pour son côté innocent qui nous rappelle l'enfance envolée. Cette part de soi à laquelle on s'accroche parfois et qui nous aide à garder le sourire au quotidien. Cette petite madeleine sucrée qui a au moins le mérite de nous faire oublier nos autres soucis.

Bref, plus que les paroles en elles-mêmes (que 9 Français sur 10 ne comprennent pas), la K-Pop peut compter sur son rythme endiablé et ses clips hauts en couleurs pour donner la pêche à ses auditeurs.

Le drame derrière les paillettes

Pompe à fric et système impitoyable pour certains, fin du fin pour d'autres : à chacun son idée. Outre les noms évoqués plus haut, les groupes Red Velvet, Vixx ou Dreamcatcher sont des figures fortes au sein de la mouvance K-Pop.

Mais derrière les paillettes et l'ambiance bon enfant, se cachent aussi parfois de vrais drames. On pense par exemple au suicide de l'une des stars en vogue, Kim Jong-Hyun, à l'âge de 27 ans. Encore un dans le club des 27 ?

Comme d'autres avant lui (l'acteur Park Yong-ha en 2010, Ahn So Jin du groupe Baby KARA en 2015...), le jeune homme ne semble pas avoir supporté la pression de l'industrie K-Pop, avec des contrats aux clauses parfois très strictes. C'est précisément cela qui amène certains à s'interroger : si la K-Pop exploite ses "produits stars" au point de conduire jusqu'au suicide, faut-il aimer cette musique ou pas ?


Jong Hyun dans son clip Shinin'

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