Sherlock Holmes : pas si élémentaire, mon cher Watson

« Sherlock Holmes » suscitait les plus grosse craintes : un réalisateur, Guy Ritchie, à la réputation tour à tour surfaite et désastreuse, un concept anachronique qui n’aurait amusé que son metteur en scène et surtout une bande annonce qui semblait ne rien faire pour retenir une roue trop libre. Bref, on craignait un blockbuster calibré utilisant le nom de Sherlock Holmes gratuitement et basé uniquement sur la sympathie que dégage Robert Downey Jr. Au final, ce n’est pas tout à fait ça… mais ça l’est quand même !

Un air de déjà-vu
La bonne nouvelle est finalement l’effacement quasi-complet de Guy Ritchie, qui propose ici un portrait de Holmes nettement plus proche des romans de Doyle qu’on n’aurait pu l’imaginer […].
La mauvaise, c’est que le résultat pèche par un travail d’écriture d’une faiblesse inouïe, ne menant nulle part… Curieusement, l’un des films que rappelle le plus ce Holmes version 2010 est « Le Secret de la Pyramide », véritable ancêtre de Harry Potter tourné en 1985 par Barry Levinson (produit par Steven Spielberg), où déjà les jeunes Sherlock et Watson enquêtaient sur des phénomènes de magie noire.

Trop de fun tue…
A force de vouloir être trop fun, le film zappe purement et simplement tout l’aspect policier, résumé à quelques tics faciles. Holmes ne résout pas réellement de crimes… Il devine juste le passé des gens à partir d’un détail. Un gag qui marche bien une première fois, mais qui, suffisamment répété, perd tout de son effet. Et entre un humour se voulant désinvolte (la fameuse scène du lit, entraperçue dans la bande annonce et qui arrive comme un cheveu sur la soupe) et une histoire de méga complot mélangeant sorcellerie et politique, l’intrigue se perd dans un trop plein d’éléments narratifs pas très utiles et qui flinguent bien l’ambiance pendant une bonne heure de film (celle du milieu en plus).

Une fin plus habile que prévu
Reste néanmoins la première et la dernière demi-heure, qui annoncent clairement que tout ce joli monde savait bien comment démarrer et conclure l’affaire. Le final renouant déjà avec bien plus d’habilité l’univers de Holmes sans tomber dans le cliché du héros guindé […]. Mais voilà… le résultat a beau se conclure positivement, on ne peut s’empêcher de voir un concept majoritairement raté, multipliant les sorties de route (on écope d’un sous-sous Moriarty en guise de méchant) et une vraie absence de mystères et d’énigmes dignes de ce nom.

En salles le 3 février 2010
Note de la rédaction de Filmsactu.com : 11/20

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