Alice au Pays des merveilles au pays de Tim Burton

Enfant prodige des années 80-90, remarqué par sa déclinaison filmique des œuvres d’Edward Gorey, Tim Burton est désormais devenu un nom bankable pour les studios, le transformant en objet ressemblant parfois de près ou de loin à ce qu’il était en cette période bénie. Après avoir fait l’unanimité jusqu’à « Sleepy Hollow », le cinéaste est donc passé par un peu tout et surtout n’importe quoi, divisant systématiquement à chacune de ses démonstrations. « Alice au Pays des merveilles » sera de celles-là. Véritable ovni, bien au-delà de « Charlie et la Chocolaterie », le résultat est un film foutraque, sans doute le plus passionnant esthétiquement depuis « Sleepy Hollow ». Mais extrêmement lisse.

La mainmise de Disney
Avec un projet monté sur pieds dans les grandes largeurs par le studio Disney avant l’arrivée de Tim et qui n’avait besoin que d’une touche fofolle supplémentaire, cet opus renvoie à ce qu’était déjà « La Planète des singes » : une commande droite dans ses pompes à l’encéphalogramme narratif plat. Un constat s’expliquant également par la timidité légendaire de Burton derrière une caméra (sa réalisation est toujours aussi simple) mais aussi par l’emploi omniprésent d’effets spéciaux et de retouches numériques sur absolument tous les personnages, tellement poussé que la production a sans aucun doute opté pour un enchaînement de tableaux […].

Un univers esthétique incroyable
Nous voilà donc face à un cartoon live, à l’univers esthétique d’une richesse incroyable et qui semble avoir été un sacré casse-tête technique à monter. Sur ce plan, nous surfons entre l’étonnant (l’univers), le charmant (le bestiaire dont surtout le chat !), le rigolo (quelques détails) et le ratage, consistant pour ce dernier en le monde réel (à peine digne d’un téléfilm et heureusement présent quelques minutes au début du film et à la fin) et le monde de glace, où Anne Hathaway passe ses scènes les bras pliés, comme si elle avait les coudes sous plâtre.

Vous avez dit superficiel ?
Donc oui, Alice au Pays des merveilles n’est pas un film parfait, plus téléguidé sur les rails du blockbuster familial, mais passionnant. Excepté une allégorie balancée entre deux portes sur l’émancipation des jeunes femmes à l’époque victorienne, via la chenille qui devient papillon, capable de changer le monde en prenant des grandes décisions, le film ne parle de rien en son fond, ce qui rend la comparaison douloureuse avec des films comme « Coraline » et « Le Labyrinthe de Pan ».

En salles le 24 mars 2010
Note de la rédaction de Filmsactu.com : 13/20

Retrouvez l’actualité du ciné, des DVD et séries TV sur www.filmsactu.com

Partager