Un Choc des Titans calibré comme on l’aime

Entre ceux qui peuvent, ceux qui veulent et ceux qui doivent, Hollywood est devenu un gigantesque empire carnassier bien loin de l’univers féérique des années folles à travers lequel les créatifs mènent un combat pour atteindre un certain idéal. Dans le lot, il y a Louis Leterrier. Persée. Mi-homme parce qu’il est français… Le commun des mortels. Mi-Dieu, parce qu’il est américain dans l’âme, enchéri d’ambitions à la limite du biblique et une véritable envie de proposer du cinéma mastodonte comme il aime regarder et retransmettre. En tout cas, il veut en être et signer une forme de revanche sur l’idée générale voulant que les petits restent de leur côté et les grands du leur. Comme un titan qui monte au front contre les tyrans.

Une œuvre consommable à défaut d’être un chef d’œuvre
Sauf que Leterrier fait partie des rares cinéastes en provenance du pays du camembert, avec Alexandre Aja, à avoir pigé qu’on ne bataille pas contre Hollywood comme le rebelle du fond de la classe. Si on aime ce genre de cinéma, on n’attaque pas et on ne concurrence pas ceux qui sont les mieux placés pour le mettre en boite. On en prend part, avec lucidité, en sachant exactement quand courber l’échine et quand brandir son glaive […]. Ayant parfaitement pigé le système, le réalisateur français signe avec « Le Choc des Titans » un produit calibré dans des directives similaires à celles de « L’Incroyable Hulk » : trouver son propre plaisir dans la tache qu’on lui a octroyé.

Un film honnête dans sa démarche
Dès lors, il faut prendre « Le Choc des Titans » pour ce qu’il est et uniquement ce qu’il est : un gros défouloir virevoltant bourré d’action, d’un bestiaire un peu fou et d’effets visuels lourdement démonstratifs sans la moindre autre intention que celle de divertir avec le plus de générosité et de sincérité possible. La relecture mythologique n’est bien évidemment qu’une belle façade de bois pour donner plus de gueule au roller-coaster qui se cache derrière […]. Une séquence comme l’affrontement contre la Méduse est à elle seule un petit plaisir de gamin (tant pour celui derrière la caméra que pour le spectateur dans son fauteuil) et équilibre la balance d’un pour/contre sans surprise pour un tel film de studio.
En gros, ce « Choc des Titans », c’est du pop-corn vivant avec son temps et qui a le mérite d’être archi honnête dans sa démarche. C’est déjà titanesque.

En salles le 7 avril 2010
Note de la rédaction de Filmsactu.com : 13/20

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