Alerte sur les crédits relais ?

Acheter avant d’avoir vendu, vraie ou fausse bonne affaire ?

Envie d’acheter immédiate, bien immobilier pas encore vendu ? Bon nombre de Français ont fait appel aux crédits relais. Réelle opportunité ou risques incalculés ? Dans un climat de crise financière et immobilière, saisies et expropriations se profilent. Mais qu’en est-il des fameux crédits relais ?


Un « entre-deux » très utile
Le crédit relais est une forme de prêt bancaire d’un montant compris entre 60 et 80 % de la valeur du bien convoité. Il  vous permet de faire la jonction entre la vente de votre bien immobilier et l’achat d’un nouveau. Il en existe plusieurs types.

Le crédit relais sec : quand on est sûr de soi !
Destiné à ceux qui souhaitent couvrir en totalité leur nouvelle acquisition par la vente de l’ancienne, le crédit relais sec doit être de courte durée. Avec un taux très élevé, ce crédit n’est accepté par les banques qu’avec de solides garanties. Entre autres, la certitude que le bien en vente sera très vite adjugé. On optera pour cette solution si on décide d’acheter un bien plus petit que celui qu’on vend ou situé dans un lieu moins valorisé. A cause de son coût prohibitif et des risques qu’il fait courir, il vaut mieux même l’éviter !

Le crédit relais « jumelé » : des taux avantageux
Pour ceux qui souhaitent acheter un bien plus cher que celui qu’ils vendent, ce type de crédit relais est tout à fait adapté. Associé à un prêt classique, il permet de financer l'intégralité de l'opération achat/revente. Avec un délai de 2 ans maximum pour rembourser, la vente du bien permet le paiement anticipé du crédit sans pénalité. Avec cette formule, les taux sont plus avantageux et les établissements bancaires moins exigeants. Par exemple : pas de frais de dossiers supplémentaires.

Plusieurs possibilités de remboursement existent selon l’établissement bancaire.

L’emprunteur ne paie que les intérêts et remboursera le capital d’un coup dès que sa vente sera effectuée. Avantageuse sur le long terme, cette formule implique de lourdes charges tant que cette vente n’est pas effectuée (prêt en cours + intérêts du crédit relais).

Autre solution, l’emprunteur ne commence à rembourser (capital + intérêts) que lorsque la vente aura été effectuée. Cette somme globale sera alors répartie sur le long terme, pour un montant total plus élevé.

A noter : les salariés des entreprises assujetties au 1 % logement peuvent bénéficier d’un prêt relais à taux spécialement attractif (1 % sur un an, renouvelable une fois).

Au vu des circonstances actuelles et de la récession du marché, il devient de plus en plus difficile de vendre sa maison ou son appartement avant le délai maximum du crédit relais, soit deux ans. Si l’emprunteur demande une extension de son délai de remboursement, dans 95 % des cas, on lui refusera. Mais en attendant, il faut saisir le tribunal d'instance pour réclamer une suspension d'obligation de paiement, en vertu de l'article L313-12 du Code de la consommation. On peut retirer le dossier gratuitement à l’AFUB (Association Française des usagers des banques). C'est une démarche facile, gratuite et courante.

Saisie immobilière ou expropriation
Aujourd’hui, près de 80 000 familles propriétaires qui avaient contracté un crédit relais vont se retrouver en grosse difficulté financière. Les garanties d’hypothèques prises par les banques vont donc être appliquées. Les conséquences sont dramatiques : saisie immobilière ou expropriation.

L'AFUB a demandé au gouvernement d’intervenir pour que les organismes de crédits ne pratiquent plus les ventes forcées avec expulsion des propriétaires avec un moratoire de 2 ans.
Depuis septembre 2008, début de la crise, les banques ont pratiquement arrêté de financer les crédits relais.

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