Benjamin d'Alguerre
Il y a 13 ans

Pantalon, une seconde peau

Pantalon, une seconde peau pour l’homme

    
Qui, de nos jours, ne dispose pas d'au moins deux ou trois pantalons dans sa garde-robe ?


Aujourd'hui, le pantalon est l'attribut vestimentaire démocratique par excellence. Entre l'homme et son fute, c'est désormais une histoire d'amour.

Autrefois attribut populaire, le pantalon s'est développé aux XIXe et XXe siècles, pour devenir un classique de l'habillement.
D'abord droit, en toile ou en lin, et cousu sur mesure, le pantalon, bien plus que la veste, est l'un des premiers vêtements à avoir connu la standardisation de masse du prêt-à-porter.

Il est également devenu l'un des premiers supports de revendication politique populaire, inspirant les créateurs.

  

Ainsi, lorsque les skinheads et les punks de Camden Town utilisèrent, dans les années 70, leurs pantalons comme symboles d'appartenance à un groupe (jeans « feu de plancher » adaptés au port de Docs Martens, écussons cousus à même le fessier, motifs écossais, trous aux genoux, ceintures chaînées et plombées…), ils n'imaginaient sans doute pas qu'ils allaient inspirer les créateurs pour leurs futures productions.

Cette customisation du pantalon « classique », en réaction à la dictature idéologique de l'abominable « pattes d'éph » en vogue dans les seventies donnera des idées à plusieurs couturiers, parmi lesquels notre Jean-Paul Gaultier national constituera un précurseur. Cependant, la tendance reviendra bientôt à la normale, le jean coupé « classic » devenant à son tour la norme en matière de pantalon.

Les années 80, et surtout 90, verront le pantalon réadapté par différentes maisons (Célio, Jules, Mexx…) pour donner naissance à de nombreuses gammes proposant un juste milieu entre le froid pantalon de costume et le jean passe-partout.

À cette occasion, de nouvelles matières (velours ras ou côtelé, lainage fin, coton…) et surtout de nouvelles formes (cintré, « baggy »…) permettant d'adapter ce vêtement aussi bien au port de la veste, du pull, du T-shirt ou du manteau.Pantalonnades excentriques
Pour les défilés « été 2007 », les créateurs ont souhaité montrer qu'ils en avaient dans le falzard : ainsi, Thomas Engelhart, créateur de chez Mugler, s'est fortement inspiré de l'univers des comics pour proposer des collections de pantalons cigarettes, dans des tons crème, portés près du corps, à la manière d'un Clark Kent des sixties. Jean-Paul Gaultier, lui, réinvente le jean moulant à ourlet replié, parfait complément de la veste fine d'été ou du manteau d'automne/hiver. Moins classique chez Rykiel Homme chez qui le pantalon écossais, (tweed, Prince-de-Galles et gros carreaux apparents), se veut le vecteur d'une excentricité chic qui aura peut-être un peu de mal à trouver son public.

Du passé à nos jours
Descendant des antiques braies gauloises, le pantalon apparaît en tant que vêtement aux moyen-âge sous forme de long collants protégeant les jambes. Devant son nom à Pantalone, personnage de la commedia dell'arte connu pour porter de tels oripeaux, le pantalon restera, jusqu'au XVIIIe siècle, l'apanage des classes populaires. Le terme révolutionnaire « Sans culottes » illustrera par ailleurs bien le statut des porteurs de pantalons par opposition à une noblesse encore vêtue de chausses. Devenu un vêtement passe-partout, de toile, de lin et de velours, le pantalon, désormais démocratisé, connaîtra une évolution importante au XIXe siècle avec l'apparition du jean. D'abord habit de travailleur, ce dernier deviendra, à la fin du XXe siècle, le vêtement standard du monde occidental.

par Benjamin d'Alguerre – ZN Partners

Collection Eté 2007 : les pantalons

Thierry Mugler
Jean-Paul Gaultier
Rykiel homme

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