Le jean selvedge sous toutes les coutures

Petit précepte du jean selvedge, ou comment choisir sa toile japonaise

Introduction et histoire

Si vous êtes un fervent lecteur de blogs, un passionné de mode, ou que vous travaillez dans le textile, vous avez sûrement déjà entendu parler de toile Selvedge, ou encore de toile japonaise comme on l’appelle communément (et à tort, mais vous verrez par la suite pourquoi).  Cette toile est prônée, encensée par la plupart des acteurs du style au masculin, tant pour sa solidité que pour sa qualité "légendaire". Voyons ensemble ce qu’est vraiment la toile selvedge, et ce qu’elle vaut par rapport à une toile de jeans classique.

Qu’est-ce que la toile selvedge ?

A l’origine, (au 19ème siècle), la toile de jeans était produite sur des métiers à tisser donnant quelque chose de très serré de très solide : un tissu sergé. Cette toile était alors la norme, et se faisait environ partout. Pour se différencier, les marques ont appliqué un liseré de couleur sur certaines parties du tissu, donnant lieu à ce que l’on connaît aujourd’hui. En effet, c’était un bon moyen de se différencier des autres productions de jeans de moins bonne qualité.

Seulement, avec les Trente Glorieuses et la nécessité d’accroître leur productivité, ces marques ont dû se débarrasser de ces métiers à tisser, au profit de machines plus efficaces, même si le tissu était alors de moins bonne qualité. Les teintures naturelles sont peu à peu abandonnées et des méthodes de délavage industriel voient le jour. C’est encore ce que l’on retrouve aujourd’hui dans les jeans de prêt-à-porter grand public (peu importe leur prix, malheureusement…).


Ici, le président de Momotaro, fait encore ses teintures à la main avec de l’indigo

C’est à cette époque que les japonais ont commencé à racheter la plupart des anciens métiers à tisser, et à copier ce qui était fait avant cela avec le tissu sergé. Pendant longtemps, les Japonais avaient donc le quasi-monopole en matière de toile selvedge (c’est pour cela que l’on parle bien souvent de toile japonaise).

Ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisque l’on trouve à nouveau cette toile en Europe, Aux Etats-Unis etc… Mais dans l’inconscient collectif, le denim japonais est resté synonyme de qualité supérieure.

Cette toile est-elle meilleure que les autres ?

La différence de cette toile par rapport à une autre plus classique, est bien entendu son épaisseur, et donc sa solidité ! Toutefois, ce n’est pas le seul point à surveiller si l’on veut un jean solide et de grande qualité. Il faudra faire attention à la doublure des poches et de la braguette, aux rivets de renfort à l’intérieur du jean, à la précision et la finesse des points de couture et j’en passe.

Tout cela pour vous dire que oui, le selvedge est souvent synonyme de qualité, mais ce n’est pas systématiquement le cas ! Vous trouverez aujourd’hui par exemple, des toiles italiennes de très grande qualité, ou des tissus selvedge qui ne sont pas japonais.

Donc si vous voulez un jean vraiment solide, ne vous fiez pas uniquement à la provenance de la toile, ce serait une erreur.


© Rawdenim.com

Nous ne pouvions faire un article sur la toile selvedge, sans citer quelques marques très intéressantes que vous devriez connaître. Si certaines représentent le très haut de gamme du jean et seront donc très chères, ce ne sera pas le cas de toutes. En effet, aujourd’hui on trouve des jeans bruts selvedge à partir de 80-100 euros.

Momotaro, ou son petit frère européen Japan Blue

Ici, on est dans le très haut de gamme du jean. En effet, ces marques utilisent encore de l’indigo (teinture naturelle) et une attention toute particulière est portée aux détails. Vous trouverez donc des rivets de renfort et tout ce que l’on peut attendre d’un pantalon haut de gamme d’origine japonaise.

Pour la petite histoire, Japan Blue est la filiale destinée à l’Europe de Momotaro. Comptez tout de même pas loin de 400 euros pour le japonais, et environ 200 euros pour son confrère européen.

A.P.C, Edwin, Naked & Famous, Nudie, Balibaris…

Toutes ces marques sont le milieu de gamme du jean selvedge : vous trouverez une qualité tout à fait intéressante pour un prix entre 100 et 200 euros en moyenne. Sachez que ces jeans vieillissent très bien si ils ne sont pas lavés trop souvent et vous permettront de vous faire une garde robe solide autour de basiques fiables.

Si vous débutez, je vous conseille de vous tourner vers ces dernières pour acheter votre premier jean selvedge.

FrenchTrotters : une marque qui fait de la toile italienne

Il fallait bien sortir un minimum du selvedge pour presque finir en beauté, avec cette marque que je vous conseille vivement pour la beauté et la qualité de ses toiles italiennes.
Si vous êtes à Paris, n’hésitez pas à visiter la boutique FrenchTrotters, elle vaut le détour (ainsi qu’Elevation Store juste à côté).

Les entrées de gamme proposant de la toile selvedge

On a vu récemment des marques comme Uniqlo proposer des jeans selvedge pour moins de 80 euros. Et si certains ne jurent que par cela, je ne vous le conseille pas vraiment.
En effet, pour à peine 20 euros de plus, vous pourrez monter d’une gamme grâce aux périodes de soldes, et cela vaut vraiment le coup. Si toutefois votre budget est vraiment limité, n’hésitez pas à y faire un tour.

Le petit point météo pour la fin

Avec l’arrivée des beaux jours, vous êtes en droit de vous demander si le selvedge est une bonne idée pour les fortes températures. Eh bien non, en effet cette toile très épaisse retient assez la chaleur, je vous conseille donc plutôt un chino ou une toile légère pour l’été !

Si vous avez des questions après tout cela, n’hésitez pas à me retrouver dans les commentaires ci-dessous !

Partager
Jérémy Kohlmann

Passionné de réseaux sociaux et oeuvrant sur les internets, j'aime avant tout écrire et me nourrir de parcours inspirants. Marathonien, fêtard invétéré et buveur de Matcha, j'aime raconter des histoires chez ceux qui me le permettent.