Beaubleu Seconde Française : les aiguilles comme fil conducteur d’un road-trip normand en Alpine A290 GTS

Le jour n’est pas encore tout à fait levé sur les plateaux du Vexin. Une clarté de nacre, presque irréelle, baigne la route qui s’étire entre les haies de peupliers. Dans le rétroviseur, la silhouette du Château de la Roche-Guyon se détache doucement des premiers rayons ocres, tandis que le silence de notre monture accentue la solennité de l’instant. C’est dans cette atmosphère de bascule, là où la brume matinale semble figer les paysages de l’Eure, que commence ce voyage.

Tout, ici, est une question de trajectoire et de révolution. Le point de départ n’est pas une destination, mais un objet. Mais pas n’importe lequel. Le bijou préféré des hommes, celui qu’ils aiment arborer au poignet. Aujourd’hui, une Beaubleu Seconde Française 19.24. Avec ses aiguilles circulaires en mouvement perpétuel, elle impose une lecture du temps qui refuse la ligne droite. Cette singularité esthétique, où le cercle devient la signature d’un savoir-faire français, a dicté naturellement le choix de nos compagnons de route. Pour répondre à ce bleu profond et à cette exigence de fabrication hexagonale, il fallait l’Alpine A290 GTS, vêtue de son iconique Bleu Vision, née elle aussi sur les terres normandes.

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Crédit : JT

Le fil conducteur de ce roadtrip se dessine alors comme une évidence : une célébration de la courbe et de l’artisanat français. De la rondeur des aiguilles au poignet aux méandres de la Seine qui serpentent vers la mer, en passant par l’agilité d’un châssis dieppois, ce périple est une invitation à suivre une ligne, non pas droite mais courbe, entre Giverny et les falaises d’Étretat.

L’instant Impressionniste : Giverny à travers l’œil de David Gallienne

Nous arrivons à Giverny alors que la rosée perle encore sur les feuillages. En ce début de matinée d’automne, les jardins de Claude Monet baignent encore dans la quiétude. Face au bassin des Nymphéas, le regard cherche la composition parfaite. Les cercles des feuilles flottant sur l’eau répondent, par un mimétisme troublant, aux aiguilles de cette Seconde Française présente à mon poignet.

A l’épaule, le sac photo Arles de Bleu de Chauffe, protège mes boîtiers. Cette pièce, fabriquée dans un atelier aveyronnais, incarne une certaine idée de la France : celle du travail manuel et du cuir premium tanné végétal qui se patinera au fil des saisons. Chaque sac est daté et signé par l’artisan qui l’a façonné, une marque d’authenticité qui fait écho à l’horlogerie de manufacture. Sous son rabat pincé, conçu pour braver les intempéries, même normandes, les aménagements moussés protègent objectifs et accessoires. Le cuir est souple, la patte d’épaule renforcée assure un confort nécessaire pour de longues heures de déambulation.

Un passage par le musée des Impressionnistes, puis direction le Jardin des Plumes pour un déjeuner gastronomique. Dans sa demeure normande, le chef David Gallienne déploie une cuisine d’une précision chirurgicale, ancrée dans le végétal et le terroir local. Sa carte est un itinéraire en soi, une exploration où chaque saveur occupe une place précise, sans artifice mais pensé comme un tableau de maitre impressionniste. Rien n’est laissé au hasard. Le chef étoilé ne se contente pas de nourrir ; il transporte ses hôtes, créant des ponts entre tradition et audace créative, tout comme l’Alpine que nous piloterons plus tard entend réinterpréter le plaisir de conduite.

Beaubleu Seconde Française 19.24 : L’éloge du cercle

C’est à cette table que je prends le temps d’observer réellement la Beaubleu Seconde Française 19.24. Avec son cadran bleu profond et son bracelet en cuir bleu grainé, elle affiche une esthétique classique, presque instrumentale. Cette montre semble avoir vu le jour au siècle dernier, conjuguant les clins d’œil à l’horlogerie traditionnelle avec une maîtrise singulière dans l’art du « twist ».

La véritable prouesse réside dans ses aiguilles. Beaubleu a réinterprété les aiguilles feuilles d’antan sous une forme circulaire, offrant une précision accrue tout en brisant les codes habituels. La trotteuse volante, en apesanteur dans la montre, se donne en vedette avec ce je-ne-sais-quoi d’insaisissable. Sous son boîtier de 39 mm aux finitions alternant poli et brossé, elle abrite un mouvement automatique français « France Ebauche » avec réserve de marche de 46h. La « Seconde Française » n’est pas qu’un nom ; c’est une philosophie légère et mystérieuse qui illustre un goût certain pour le Moment, un brin désinvolte.

Alpine A290 GTS : Premier manifeste d’une renaissance électrique

Quitter Giverny pour rejoindre Étretat nous permet d’éprouver, enfin, le caractère de l’Alpine A290 GTS (42 480€ ou 329€/mois). Cette voiture constitue la première pierre du « Dream Garage » voulu par Alpine pour sa transition vers le 100 % électrique. Elle ressuscite le segment de la « Hot Hatch » premium avec une agilité typiquement française.

L’architecture est basée sur la plateforme AmpR Small, notamment présente sur la Renault 5 qui lui sert de base avant de passer entre les mains des « sorciers de Dieppe ». Voies élargies de 60 mm, berceau moteur spécifique en aluminium pour rigidifier le train avant, l’Alpine A290 n’est pas une R5. Le moteur synchrone à rotor bobiné développe 220 chevaux (160 kW) et 300 Nm de couple sur cette version GTS. De quoi expédier le 0 à 100 km/h en un peu plus de 6s.

L’habitacle prolonge cette sensation d’exclusivité. L’intérieur en cuir Nappa étendu bleu profond et gris evée nous enveloppe, créant une continuité chromatique avec le bleu grainé du bracelet au poignet. Les surpiqûres méticuleuses et les monogrammes Alpine brodés sur les sièges baquets rappellent que le luxe est une affaire de détails. Le volant à méplat, avec son point milieu et ses commandes satellites, renforce le sentiment de sportivité. Tout comme le bouton rouge Overtake (OV). Une commande ludique qui délivre instantanément la puissance maximale pour sortir d’une courbe ou dépasser.

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Étretat : L’appel du bleu

La route vers Étretat révèle la véritable âme de l’Alpine. Sur les routes secondaires sinueuses, le train arrière multibras — une caractéristique rare sur ce segment — permet une précision de guidage chirurgicale. L’agilité est servie par un poids contenu de 1 479 kg, soit l’un des plus bas du segment. Les butées hydrauliques de compression, issues du rallye, permettent de survoler les défauts du bitume normand tout en maintenant une stabilité impériale. Le train avant est incisif, mordant, et l’auto accepte de « jouer du popotin » au lever de pied pour s’inscrire en virage avec une mobilité réjouissante. De quoi donner le sourire au conducteur, à défaut d’être communicatif avec ses passagers.

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Pourtant, cette rigueur et cet équilibre souverain finissent par créer une délicieuse frustration. Bien que les 220 ch et les 300 Nm de couple offrent des relances suffisantes au quotidien, la précision chirurgicale de la plateforme et du châssis laisse rêver d’une version encore plus radicale qui viendrait bousculer les lois de la physique pour parfaire ce tableau déjà brillant. Comme si l’agilité du châssis réclamait ce surplus de hargne pour transformer l’essai en légende.

Une fois parvenu à Étretat, l’Alpine reste en retrait, sagement garée dans une ruelle étroite. Les dimensions de citadines de l’A290 apparaissent alors comme un avantage. La marche sur les galets impose un autre rythme, plus lent, plus sonore. Le bruit de la mer qui se retire sur les pierres répond au silence que nous venons de quitter dans l’habitacle. Son coloris rappelle le bleu Alpine Vision de notre compagnon de route.

L’ascension vers la falaise d’Aval demande un effort que la récompense visuelle justifie immédiatement. Parvenu au sommet, le regard embrasse l’Aiguille percée qui se dresse avec une verticalité souveraine. Depuis ce point de vue qui surplombe l’abîme, la Manche déploie ses nuances azurées. La verticalité des falaises de craie blanche offre un contraste saisissant avec la rondeur des aiguilles de notre garde temps. L’immensité s’ouvre devant nos yeux. Au large, le parc éolien du Tréport nous ramène à notre compagnon de route. Plus de deux heures se sont écoulées et la batterie de 52 kWh, branchée sur une borne de 22 kW doit désormais être proche rechargée. Quant à la question du rayon d’action, tablez sur environ 250 km en usage réel (avec une conduite dynamique).

Les Andelys : Le cercle du temps

Le retour vers Paris nous ramène aux sources de la Seine. Le périple se termine aux Andelys, sur les hauteurs du Château Gaillard. Érigé par Richard Cœur de Lion au XIIe siècle, les vestiges de l’ancienne place forte domine les méandres du fleuve. Vue d’en haut, ces courbes sonnent comme un dernier rappel à la signature visuelle de Beaubleu : ces aiguilles rondes qui réinventent notre lecture de l’instant.

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L’Alpine nous attend, sa signature lumineuse en X, comme un clin d’œil aux voitures de rallye d’autrefois, brillant doucement dans la pénombre qui s’installe et sonne le glas de ce roadtrip placé sous le signe du Made in France. De l’atelier de Bleu de Chauffe à la manufacture de Dieppe, en passant par les jardins de Giverny, la table de David Galienne, chaque étape a mis en lumière des artisans passionnés. La Beaubleu Seconde Française 19.24 en a été le métronome, accompagnant chaque fragment de ce voyage avec une élégante discrétion.

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Tous les exemplaires de la Seconde Française 19.24 Bleu de minuit présentée dans cet article ont été vendus. Beaubleu propose deux nouvelles séries limitées (coloris Vert Impérial et Gris Anthracite) disponibles en pré-commande au tarif de 1490€ (livraison mai 2026)

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© Julien Thoraval – Photos non libres de droit

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