Cette série Netflix inspirée d’une histoire vraie est n°1 dans le monde entier : faut-il regarder The Waterfront ?

A mi-chemin entre Ozark et Succession, The Waterfront est une série qui ne fait pas l’unanimité auprès des critiques… mais qui cartonne dans le monde entier. Numéro 1 en France, aux USA, au Brésil ou encore en Australie, la nouvelle création du papa de Scream nous emmène sur les traces de la famille Buckley, à la tête d’un véritable empire dans le monde de… la pêche ! Une histoire de gros poissons qui n’évite pas les grosses ficelles (voire les gros filets), mais dont les 8 épisodes se laissent regarder sans déplaisir.

Une série sur fond de trafic et de secrets familiaux

L’histoire se déroule dans la ville fictive de Havenport, en Caroline du Nord. La famille Buckley y règne sur l’industrie de la pêche depuis des décennies, mais le patriarche Harlan, victime de deux crises cardiaques, laisse une entreprise au bord de la faillite. Son fils Cane, épaulé par sa mère, décide alors de faire passer de la drogue sur les bateaux familiaux. L’engrenage est lancé. Dès les premiers épisodes, la série plonge dans un enchevêtrement de secrets, d’alliances douteuses et de manipulations.

Six épisodes, des vacances dans un décor de rêve, puis soudain, un accident mortel, une famille à protéger, une culpabilité à supporter... Sur le papier, tous les ingrédients sont réunis pour en fair...Lire la suite

À l’écran, The Waterfront oscille entre thriller mafieux et soap familial. On y retrouve une galerie de personnages typés : la fille alcoolique (interprétée par Melissa Benoist, à contre-emploi), le fils caché, le shérif corrompu, ou encore l’ancien amour de jeunesse qui ressurgit au mauvais moment. Holt McCallany (le Bill Tench de Mindhunter), solide mais monolithique, incarne Harlan Buckley avec une raideur qui évoque davantage un Kevin Costner discount qu’un parrain tragique.

Kevin Williamson assume cette dimension feuilletonesque, presque telenovela, et revendique même l’absurdité de certaines intrigues. C’est d’ailleurs ce mélange de genres (entre polar, drame social et mélodrame familial) qui donne à la série un rythme soutenu, propice au binge-watching sans prise de tête. Comme le souligne Première, The Waterfront est une œuvre « à ne surtout pas prendre au sérieux », mais qui sait capter l’attention grâce à ses rebondissements permanents et son ambiance de soap costal façon Yellowstone en bord de mer.

Une histoire vraie… un poil trop romancée ?

Pour donner un supplément d’âme à The Waterfront, Netflix ne manque pas une occasion de rappeler qu’elle est tirée d’une histoire vraie. En effet, Kevin Williamson a puisé dans son propre vécu pour écrire l’histoire des Buckley. Originaire lui-même d’une famille de pêcheurs en Caroline du Nord, le scénariste a raconté comment son père, Wade Williamson, s’est retrouvé impliqué dans un trafic de drogue dans les années 1980 pour subvenir aux besoins de sa famille. « Quelqu’un lui a dit : si tu fais ça, tu peux gagner tout cet argent. Et c’était difficile de refuser », a-t-il ainsi confié à Tudum.

Déjà dans Dawson (dont il est aussi à l’origine), une référence discrète à cette histoire apparaissait à travers le père de Joey Potter, incarcéré pour trafic de marijuana. Avec The Waterfront, Williamson passe aux aveux à visage découvert. Le personnage de Harlan est une version romancée de son propre père, que ce dernier aurait aimé voir incarné par Kevin Costner. C’est finalement Holt McCallany qui a hérité du rôle, dans une performance plus physique qu’émotionnelle.

Mais à trop vouloir styliser son histoire, la série tombe parfois dans la caricature. Le traitement de la criminalité manque de subtilité, avec des dialogues souvent trop écrits, des péripéties téléphonées, et une galerie de personnages secondaires inégale. Si Maria Bello impose une certaine présence en matriarche impitoyable, d’autres, comme Topher Grace en baron de la drogue, semblent échappés d’une autre série.

Malgré ces faiblesses, The Waterfront conserve une efficacité narrative indéniable. L’esthétique léchée et les décors marins offrent un contrepoint original aux habituelles séries criminelles urbaines. Et surtout, la série assume son ADN de divertissement pur, sans prétendre révolutionner le genre.

Verdict : faut-il regarder The Waterfront ?

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Oui, mais en connaissance de cause. The Waterfront n’est ni Ozark, ni Succession, malgré des ambitions thématiques similaires. Elle tient plutôt du guilty pleasure estival, un thriller familial dopé aux rebondissements, parfait pour un week-end de binge-watching Netflix sans prise de tête.

Les amateurs de drames familiaux à la sauce US y trouveront leur compte, surtout s’ils ont un faible pour les dynasties déchues et les secrets de famille.

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