Après une entame poussive, La Dernière Chose qu’il m’a dite (The Last Thing he told me) a fini par imposer sa patte et emporter le public sur Apple TV. Près de deux ans après ce dénouement réussi, le thriller porté par Jennifer Garner revient pour une saison 2 qui suscite beaucoup d’attentes. Et si l’on tenait là l’une des bonnes surprises du mois ?
Une série qui a mis du temps à trouver son rythme
Lancée en 2023 sur Apple TV, La Dernière Chose qu’il m’a dite est l’adaptation du best-seller éponyme de Laura Dave, également productrice et scénariste de la série aux côtés de Josh Singer (Spotlight, Pentagon Papers). Le pitch, sur le papier, avait tout du thriller domestique efficace : Hannah, une femme apparemment comblée, voit son mari disparaître du jour au lendemain, laissant derrière lui un message énigmatique (« Protège-la ») destiné à sa fille adolescente, Bailey.
Dans ses premiers épisodes, la série a pourtant peiné à convaincre. Rythme languissant, tension dramatique en demi-teinte, mise en scène très sage : difficile de ne pas penser à ces thrillers calibrés qui pullulent sur les plateformes, entre The Undoing et certaines productions Netflix plus fonctionnelles qu’inspirées. Même Jennifer Garner, pourtant irréprochable dans son interprétation, semblait parfois prisonnière d’un dispositif trop balisé.
Mais à mesure que l’intrigue avançait, La Dernière Chose qu’il m’a dite a opéré un virage plus intéressant. En délaissant progressivement l’enquête pure pour se recentrer sur la relation entre Hannah et Bailey, la série a fini par trouver davantage d’épaisseur… jusqu’à un dernier épisode plus long qui a (presque) fait l’unanimité chez la critique. De quoi nourrir de vraies attentes aujourd’hui, avec l’arrivée de la saison 2.


Un changement qui doit faire toute la différence
Annoncée de longue date et désormais datée, la saison 2 de La Dernière Chose qu’il m’a dite arrive avec un positionnement très différent. D’abord parce qu’elle ne se contente pas d’étirer artificiellement une intrigue close, mais s’appuie sur un nouveau roman de Laura Dave, The First Time I Saw Him, écrit comme une véritable suite. Un détail loin d’être anodin, tant de séries échouent précisément à ce stade.
Sans entrer dans les révélations, cette nouvelle saison élargit le champ narratif. Le passé, que la première saison laissait volontairement en hors-champ, revient hanter les personnages de façon plus frontale. Hannah n’est plus seulement une femme qui subit les événements : elle devient actrice de ses choix, quitte à en payer le prix. Jennifer Garner trouve ici une matière plus dense, plus ambiguë, qui rappelle par moments ce qu’elle pouvait proposer dans Alias, mais débarrassée de tout vernis action.




Le casting, lui aussi, évolue intelligemment. Aux retours attendus s’ajoutent de nouveaux visages comme Judy Greer ou Rita Wilson, qui viennent enrichir une galerie de personnages jusqu’ici un peu trop limitée. Apple TV semble avoir entendu les critiques formulées à l’encontre de la première saison, en misant sur une narration plus resserrée et un enjeu émotionnel plus clair. La bande-annonce confirme cette évolution : atmosphère plus tendue, enjeux plus intimes, et une mise en scène légèrement plus affirmée, sans pour autant renier la sobriété qui fait partie de l’ADN de la plateforme.
On est toujours loin d’un thriller nerveux à la Sharp Objects, mais l’ensemble paraît plus sûr de lui, plus assumé dans sa dimension dramatique. Les 8 épisodes sont à découvrir sur Apple TV à partir du 20 février.


