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Il y a 11 ans

Frigidité : pas qu’un problème de femme

Quand éjaculer n’est pas jouir

Ils bandent, éjaculent mais ne ressentent pas de plaisir. Comme pour la femme, l’anorgasmie des hommes est généralement contextuelle mais pas anodine. D’où vient l’absence de plaisir et comment y remédier ?


Un sujet tabou
Il existe très peu d’études scientifiques sur le sujet et pour cause : très rares sont les hommes qui osent se confier sur l'absence de plaisir sexuel. Car la frigidité renvoie à une pathologie psychologique d’ordinaire associée à la gent féminine ; il s’agit d’un aveu d’impuissance plus lourd à confier que l’absence d’érection qui, elle, peut se justifier par une panne d’ordre mécanique. D’autant que l’homme arrive à entrer en érection et à éjaculer.
Près de 15 % des Français concernés
Il est donc plus confortable de dissimuler son absence de plaisir que de l’avouer. Pourtant, une enquête française remontant à 1993 sur l’analyse des comportements sexuels en France porte à 14 % le nombre d’hommes atteints « souvent ou parfois » d’anorgasmie. 

L’anorgasmie intervient généralement avec l’apparition de facteurs spécifiques qu’il faut déterminer afin de pouvoir envisager une thérapie adaptée. Elle est souvent d’origine psychologique (85 %) mais aussi neurologique (blessure médullaire, sclérose en plaque) et médicamenteuse (liée à certains antidépresseurs) à parts égales.
Pas tous portés sur la chose
L’usage prolongé de stupéfiants tels que la cocaïne n’est pas à exclure dans l’absence  de plaisir. La plupart du temps, les causes sont épisodiques. On parle alors d’anorgasmie secondaire si les facteurs sont contextuels : deuil, préoccupations matérielles… L’anorgasmie primaire concerne les hommes n’ayant jamais été très portés sur le sexe, soit en raison de leur éducation, soit en raison de leur nature, plus cérébrale.

Les hommes qui souffrent d’anorgasmie doivent effectuer un bilan sexo-psychologique auprès d’un sexologue. La cause n’est pas toujours simple à déterminer, aussi des examens médicaux sont normaux pour tenter de déceler une éventuelle cause organique. Un traitement comportemental est nécessaire pour retrouver rapidement la confiance nécessaire en soi pour desserrer le frein du plaisir.
Là où y a pas d'amour, y a pas de plaisir !
Enfin une enquête sur la sexualité des Français (TNS/SOFRES) révèle que 43 % des hommes n’envisagent pas de faire l’amour à une femme sans l’aimer. Une clé du retour au plaisir est peut-être à rechercher du côté de l’épanouissement sentimental et de la passion.

Pour en savoir plus :
Consultez les résultats de l'étude TNS/SOFRES d'avril 2009 au sujet de la
sexualité des Français