Benjamin d'Alguerre
Il y a 13 ans

Chemises

Art scénique et vieilles dentelles

Les chemises dans le temps :
Élément désormais incontournable des plateaux de défilés, la chemise, jadis dissimulée sous une veste ou un manteau, redevient un accessoire se suffisant à lui-même.

Revival aristocratique pour cet oripeau persan, importé d’Orient par les croisés et réservé jusqu’au XIXe siècle à une élite fortunée. Héritière des antiques tuniques, la chemise fut, au Moyen-Âge, l’exclusivité vestimentaire des seigneurs qui la portaient jusque par-dessus leurs cuirasses lors des tournois.
Signe ostentatoire de richesse, dès la Renaissance, le port de la chemise se ritualise et permet aux aristocrates de faire de leurs séances d’habillement de véritables spectacles qui connaîtront leur paroxysme sous le règne de Louis XIV, époque au cours de laquelle la chemise, qui se porte exclusivement blanche et immaculée, symbole de l’oisiveté nobiliaire.

Démocratisée lors du règne de Napoléon, la chemise, au cours du XIXe siècle, s’orne de teintes pastel. Mais c’est également l’époque où la chemise, simple vêtement, se fait revendicative. Rouge chez Garibaldi, noire chez Mussolini, brune chez Röhm, verte chez Dorgères, la chemise devient, de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe  un véritable uniforme à forte connotation politique.

Il faudra attendre les années 50 et les décennies suivantes pour voir la chemise devenir fantaisiste : manches courtes, cols « pelle à tarte », motifs à rayures ou à pois, bicolores… autant de modes très marquées dans leurs époques qui, quelques années plus tard, dégagent généralement un parfum de kitsch et de désuet.Retour vers le passé pour les collections Automne/Hiver 2006-2007.
Si la chemise reste l’accessoire indispensable de l’homme moderne, surclassant en cela le polo et le pull, les créateurs ont puisé dans le passé pour en extraire la substantifique moelle de l’élégance.

Gothique chez Alexander Mc Queen, la chemise se décline selon le goût lugubre d’un Jack l’Eventreur cyberpunk. Esprit victorien également chez Gucci qui recycle la mousseline noire pour donner à ses chemises une fragrance des plus britanniques. Velours, mousseline, flanelle… sont les matières qui auront la cote cet automne. Hermès, Dolce & Gabanna ou encore Valentino ne s’y sont pas trompés.

Seuls quelques francs-tireurs, comme Thierry Mugler, Junya Watanabe ou Miu Miu ont puisé leurs inspirations hors de ce bon vieux royaume d’Angleterre pour offrir des collections beaucoup plus orientées « sportif chic » ou jet-setter glamour.

Élégante ou hors du temps, la chemise se conjugue au passé simple en cet Automne-Hiver 2006-2007.

Défilé Automne-Hiver 2006-2007
GucciDolce & GabbanaMiu-Miu

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