Et si G-Star (re)devenait l’une des meilleures marques de denim du moment ?

Après des années compliquées (marquées par un changement de propriétaire en 2023 et une restructuration globale), la marque G-Star Raw semble repartir du bon pied depuis quelques mois. Après une collection qui permettait de revisiter les codes habituels du workwear, l’enseigne revient à ses fondamentaux avec sa ligne « Raw Research ». Objectif affiché : repousser les limites du denim.

Pour y parvenir, G-Star Raw promet d’explorer de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques… Du blouson réversible au baggy ultra-large, les 24 premières pièces de cette collection expérimentale risquent d’en surprendre plus d’un !

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L’architecte du jean est toujours vivant : retour sur l’histoire de G-Star Raw

Puisque G-Star semble aujourd’hui en plein renouveau, nous avons d’abord voulu nous replonger dans l’histoire de la marque amstellodamoise. Car c’est bien à Amsterdam qu’elle a été fondée en 1989, se distinguant par une approche singulière du denim.

A une époque où le jean se décline surtout dans des versions classiques, la marque impose une vision plus technique, plus conceptuelle. Le tournant intervient en 1996 avec le lancement du G-Star Elwood, modèle aujourd’hui iconique. Conçu autour du corps en mouvement, ce jean introduit des genoux articulés, une construction en panneaux et une réflexion anatomique inédite dans l’univers du denim. Cette approche en trois dimensions devient la signature de la maison : G-Star ne dessine pas seulement des jeans, elle les structure. Elle les pense comme des objets industriels, presque architecturaux. Cette rigueur séduit un public en quête de pièces identifiables, loin des effets de mode éphémères.

Au fil des années, la marque multiplie les collaborations et affine son territoire. Pharrell Williams, Marc Newson, Jean Prouvé ou encore Snoop Dogg participent à nourrir son image hybride, entre culture urbaine et design industriel. G-Star développe aussi un savoir-faire spécifique autour du denim selvedge, des traitements bruts et des délavages expérimentaux. Le fameux denim « greencast », à la teinte froide et légèrement verdâtre, s’impose comme une alternative subtile à l’indigo traditionnel.

Mais à l’heure où le secteur de l’habillement est ébranlé de toutes parts, la marque néerlandaise paraît fragilisée. L’arrivée du duo Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter, en 2023, marque alors un nouveau départ. Diplômés respectivement de l’AMFI et de l’Académie Royale d’Anvers, lauréats du Grand Prix de Hyères et de l’ANDAM avec leur label BOTTER, ils apportent une vision exigeante, nourrie par la culture, la technique et une réflexion sur la durabilité. Et c’est bien grâce à eux que G-Star Raw est de nouveau aujourd’hui sur le devant de la scène.

Raw Research ou le denim déconstruit, sculpté et réinventé

Derrière l’appellation Raw Research, on trouve un espace d’expérimentation radicale. Ou, comme le précise la marque, « un atelier expérimental où la créativité et l’ingénierie se rencontrent pour repousser les limites du denim ». Vaste programme !

Pour cette collection 2026, G-Star lève le voile sur 24 pièces non genrées, pensées comme une exploration méthodique du denim. Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter puisent dans les archives de la maison pour en extraire les fondations : structure, précision, logique utilitaire.

Cette fois encore, le G-Star Elwood sert de matrice. Ses principes anatomiques irriguent l’ensemble de la collection. Les pantalons affichent des volumes amples, presque architecturaux. Les genoux se dessinent en relief, les coutures épousent la jambe, les panneaux redessinent la silhouette. Le baggy, figure forte du vestiaire 2026, prend ici une dimension technique. Il ne s’agit pas d’une simple évocation des années 2000, mais d’une construction réfléchie, où chaque découpe répond à une logique de mouvement.

Source: DR
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Les images de campagne, signées Pieter Hugo, renforcent cette tension entre brutalité et sophistication. Dans un décor à la fois minéral et désertique, les silhouettes apparaissent comme des figures sculpturales. Un tailleur en denim selvedge, porté à même la peau, interroge la frontière entre vêtement utilitaire et pièce de tailoring. Ailleurs, une veste trucker se voit retravaillée avec une précision quasi chirurgicale.

Parmi les pièces marquantes, la veste RR Vinny réinterprète l’Elwood et rend hommage à un ami d’enfance de Rushemy Botter. Le bomber réversible RR, quant à lui, associe la rigueur d’une chemise formelle à une silhouette plus sportswear, avec un camouflage japonais « cloud camo » subtilement délavé . Cette hybridation illustre parfaitement la direction prise par le duo.

Et si le travail sur la matière occupe une place centrale, on note aussi une attention particulière accordée aux délavages, plus nuancés avec des textures plus marquées. Certains modèles jouent sur des effets de contraste, mêlant surfaces brutes et zones traitées, comme si le vêtement racontait déjà une histoire d’usage.

Disponible dès maintenant dans une sélection de boutiques et sur le site de G-Star, la collection Raw Research s’inscrit dans un positionnement ultra-premium, avec des prix allant de 280 à 700 euros. Un choix qui risque de couper la marque d’un certain public, mais qui na semble pas si illogique pour une ligne pensée comme un laboratoire d’expérimentations créatives.

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G-Star RAW RESEARCH

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