Groland, reflet de l’absurdité du monde

Gromiam, une exposition « dramatique » pour les 20 ans de Groland

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L'exposition « Gromiam, les 20 ans de Groland », jusqu'au 20 novembre au Musée international des arts modestes (Miam) à Sète, permet de découvrir les coulisses de l'émission culte de Canal+, tout en ouvrant une réflexion sur l'absurdité du monde actuel.

Groland, reflet de l’absurdité du monde
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« L'humour provocateur de Groland ne m'a jamais fait réellement rire, tant il révèle un regard dramatique sur le monde », affirme Antoine de Galbert, président de la fondation Maison Rouge à Paris, dans le catalogue d'une exposition à laquelle il a prêté des oeuvres d'artistes contemporains de sa collection privée.

« Le monde, trou du cul » et autres œuvres d’art

Parmi elles, un obèse noyé dans sa graisse – « Is more than this more than this/Plus que ceci, plus que cela » – et un doigt d'honneur – « Bringing it all back, let's dance/Rendons tout, dansons » –, toutes deux signées John Isaacs, ou « Le monde, trou du cul » de Gilles Barbier, trouvent leur place dans l'univers de Groland.

Tout comme la facétieuse « Déroute » de Nicolas Simarik. Un catalogue identique à celui de la Redoute, dont il détourne le nom et que l'artiste a fabriqué avec des photos d'objets et de 650 mannequins-habitants de son quartier. Avec, à la place des prix, des horaires.

Au pays de Moustic

Gromiam, exposition pour les 20 ans de GrolandMise en scène par Isabelle Allégret et Mathilde Grospeaud, cette exposition, la première en France sur une émission de télévision, se veut avant tout une balade dans la bouffonnerie du pays de ses célèbres ambassadeurs: Jules Edouard Moustic (Christian Borde), Michael Keal (Benoît Delépine) et l'omni-président Salengro (Christophe Salengro).

La visite commence par la « tartapulte », un hommage à Noël Godin, le roi de l'entartage. Mise en service en 2000, cette infernale machine a été expérimentée à Angoulême où, après un changement de recette de la tarte pour la rendre un peu plus résistante, elle a atteint ses cibles à... 20 mètres de distance.

Gerbeuse de Danette et conteneur à bébés

Juste à côté se trouve l'espiègle « Gerbeuse de Danette ». A condition d'utiliser de la crème dessert de couleur claire sur un fond très sombre, elle permet de créer de très jolis tableaux. Comme celui exposé avec l'imposante silhouette du président Salengro.

Dans « Bonzaï Garden », un cimetière, on tombe sur un conteneur rose à bébés et de méchantes épitaphes sur le sol : « bon débarras », « ça va ducon » ou encore « vieille salope ». Ainsi que sur un « banzaïomètre », appareil qui permet au visiteur de tester sa puissance vocale en hurlant « banzaï », le cri de ralliement de l'émission.

Des décors de celle-ci sont disséminés un peu partout : le pupitre présidentiel et son slogan « je +mourrirai+ pour toi »; des dessins de Luc Weissmüller, « le peintre officiel de not'Président », dit Fayo, ou encore cet objet oecuménique: un Bouddha sur un hamac suspendu à une croix et à un chandelier.

Une « essposition » pour dénoncer la société

« Il y a une dénonciation de la société, de l'hyperconsommation », note Bernard Tournois, commissaire de l'exposition, en montrant le « Guide du pneu » et ses bonnes adresses où déguster des spécialités grolandaises : « le pâté de vers de terre », « le pain aux glands » ou « le saumon façon Catherine Deneuve ».

Le parcours dans la gaguesque présipauté de Groland, qui fête ses 20 ans d'existence télévisuelle en novembre 2012, s'égaye enfin d'illustrations de proverbes grolandais, signées Hervé di Rosa : « Sous les roues du camion, la route est plate, ma tête aussi » ; « Qui viole un oeuf, viole un boeuf, Emile Louis Grolandais... »

Dans cette « essposition », initiée par M. di Rosa, figure aussi un inédit : le pilote de l'émission, qui date de 1988. Il avait ensuite fallu quatre ans d'aménagement pour que Groland débarque à l'antenne et connaisse un succès totalement inattendu.

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