Perrine
Il y a 4 mois

24h du Nürburgring : Kermesse diabolique

Les 24h du Nürburgring est, depuis 49 ans une course populaire où s’affrontent des voitures de tous types !

Le Nürburgring : 28,26 km les plus dangereux  au monde

Samedi 22 juin 19

A 4h du coup d’envoi de cette nouvelle édition des 24h du Nürburgring, la chaleur caniculaire qui s’abat sur la piste ne gâche en rien l’engouement des spectateurs venus en masse pour cette course.

15h30: les épreuves du WTCR à peine terminées, la loge Honda se remplit de nouveau à l’approche du départ de la course. L’événement est de taille pour les fans puisque depuis 10 ans le constructeur nippon est resté absent de cette course. C’est donc avec une Civic Type R TCR aussi verte que l’enfer auquel elle va s’atteler que Honda revient sur le « N’Ring ». Au volant de l’auto décorée avec goût par un certain Jean-Luc de Krahe avec qui on échangera une bonne partie du week-end, on retrouve un équipage composé des pilotes Dominik FUGEL/ Markus OESTREICH et Cedrik TOTZ qui rejoignent Tiago MONTEIRO fraîchement sorti des courses du WTCR. Le coup d’envoi est donné, les moteurs vrombissent, les autos s’agitent puis plus rien. La Civic alors pilotée par Monteiro part en 61ème position (sur 160).

Au cœur du team les yeux ne quitterons pas les écrans de télé pendant au moins… un tour complet de cadran! Les jours sont longs et avant que le soleil ne parte se coucher au milieu des sapins, nous prenons un vrai plaisir à être quelques heures dans les garages juste pour respirer les odeurs d’huiles et pneus chauds. La proximité entre les engagés et les spectateurs reste toujours étonnante. Les plus initiés posent tout un tas de questions aux professionnels qui acceptent avec joie de donner de leur temps. Les curieux se plaisent à récolter tout un tas de goodies quant aux plus initiés … pour eux, le vrai Nürburgring ne fait que commencer!

Tout juste une semaine après les 24h du Mans, la course allemande à l’ambiance plutôt familiale s’apprête à faire vivre la forêt de l’Eifel pendant une nuit complète. Depuis une semaine, locaux, passionnés mais aussi fêtards ont envahi les bois voisins: un mélange de musique, bières et barbecues géants transformeraient presque l’enfer vert en une espèce de paradis psychédélique. Basket, boussole, altimètre et carte IGN en poche nous voilà partis à la conquête du Carrousel. Environ une bonne heure de marche nous sépare de l’endroit probablement  le plus spectaculaire à cette heure tardive. Nous longeons le bord de piste juste derrière le grillage de protection. Les lumières des voitures qui arrivent à allure folle illuminent quelques secondes à peine la faune éphémère. un rythme soutenu dont la cadence reprend pour ainsi dire celle des basses des musiques électro.

Dans les campements de fortune télé et tireuses à bière tournent à plein régime. Notre Civic imperceptible à l’œil , elle aussi danse sur la piste totalement plongée dans le noir. Régulière et avec le rythme dans la peau notre Japonaise remonte tranquillement dans le classement…

2h du matin, et nous voilà amassés au milieu d’une centaine de personne en pleine forêt. Malgré la fatigue tous viennent observer des heures durant les voitures qui littéralement se jettent au centre du banking en arc de cercle. A l’image d’un manège les voitures plonge dans la courbe pour se faire expulser encore plus fort en sortie. Les carrosseries tapent, frottent et lancent des étincelles sur le bitume irrégulier. Et pour ceux qui freinent… merci de nous offrir la beauté des disques de frein rougeoyants qui, à l’image d’une luciole éclairent le cœur des roues.

L’attraction ne s’arrêtera pas de la nuit. Au petit réveil les phares des voitures s’éteindrons pour ne laisser chanter que les moteurs. La berceuse est agréable mais il est grand temps pour nous de fermer les yeux quelques heures.

Dimanche 23 juin 19

Voilà encore une belle journée qui se lève sur le massif de l’Eifel… Les yeux encore mi-clos nous reprenons sans plus attendre la course laissée quelques heures plus tôt et qui ne s’est jamais arrêtée. Le nez rivé sur nos smartphones nous visionnons quelques replay des évènements les plus marquants de la nuit.

Nous sautons dans notre Mustang Bullitt pour rejoindre (au bruit du V8) le circuit sous les yeux approbateurs des connaisseurs. Peu avant l’arrivée, nous remarquons quelques Toyota Supra en contrebas d’une piste de kart : curieux nous allons voir, puis essayons par même occasion. Pour la toute première fois, Gazoo Racing engage sur ces 24h sa nouvelle sportive, et la comm’ est forte : des Supra rouges et jaunes à gogo bref, le constructeur joue sur la proximité et la fun attitude pour permettre à qui le souhaite de rouler une vingtaine de minutes avec ce mythe.

Contents, nous regagnons le team Honda pour constater que notre Civic tourne toujours aussi bien…

A 12H30, rebondissement pour la Porsche jaune fluo numéro 911 alors en tête de course et qui écope d’une pénalité de  5,32 mn.

Sportivement décorée à l’image du constructeur, l’hospitalité Honda qui, durant la nuit a visiblement servi a certain de chambre d’hôtel, offre à ses hôtes une belle expo photos de ses modèles phares : de magnifiques clichés de CRX, Intégra Type R, NSX ou bien encore S2000 sélectionnés avec soin et pour certains, dédicacés.

Une heure avant la fin, les tribunes jusqu’alors presque vides se remplissent. Certains concurrents abandonnent : cela fait parti du jeu. Au dessus de la grille de départ, le chrono décompte les quelques minutes restantes et déjà le dernier tour arrive…

L’arrivée reste incontestablement le moment le plus émouvant. Un instant riche en partage et sportivité.

La Porsche GT3 R numéro 911 (Manthey-Racing) rate de peu la première place au profit de l’Audi R8 LMS du team Phoenix Racing. Une semaine après sa victoire aux 24h du Mans, Toyota remporte la classe SP3. Quant à notre Civic Type R, c’est sous les applaudissements qu’elle franchi la ligne d’arrivée, victorieuse dans la catégorie TCR !

Mon aventure et attachement pour les 24h du Nürburgring remontent à une année environ. Après avoir eu la chance de parcourir 2000km et d’ouvrir la parade de l’édition 2018 au volant d’une NSX, j’ai longuement pu échanger avec Tiago Monteiro. A l’époque l’ex pilote de F1 alors en convalescence a communiqué sans filtre et en toute simplicité sur sa passion pour la course, mais plus précisément sur cette course hors norme.

Populaire, presque à l’image d’une kermesse le Ring rapproche. Dans un esprit bon enfant et de partage l’Enfer Vert  se vit à l’image d’une grande fête.

Comme sur la piste, tout le monde y trouve sa place et en sort déboussolé d’adrénaline.

Dimanche 23 juin à 15h30, le grand manège s’est arrêté non sans émotion après que la doyenne et survivante mascotte Opel MANTA ait passé la ligne d’arrivée tout juste remise sur pattes après son crash. Les voitures s’éloignent, les tribunes se vident et seule la grande roue au centre du paddock continue de tourner…

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Perrine

Passionnée d'auto, je vous emmène sur des pistes déjantées aux circuits totalement givrés, avec la curiosité des nouveautés ! Intéressé par mes essais ?! Retrouvons-nous sur votre rubrique Auto Masculin.com... et quelques coulisses sur @per.cha