Youssoupha : le rap s’arme de paix et de négritude

NGRTD, un album qui prône la cause noire et l’amour de la France

Après être né et avoir grandi à Kinshasa, Youssoupha débarque à l’âge de dix ans à Bruxelles. Arrive ensuite son installation chez sa tante, à Cergy. En écoutant attentivement son album, vous n’aurez pas besoin de Wikipedia. Car "oui", NGRTD veut dire "négritude". Mais "non", celui qui a obtenu la meilleure note de l'académie de Versailles en français l’année de son bac ne défend pas le communautarisme. Au contraire, ce père de 34 ans passe "aux aveux" seize titres durant. Amour, paix, prise de recul sur son discours d'avant, famille… Tout y passe.

La crème du rap français réunie sur Points Communs

Youssoupha n’aime (certes) toujours pas la police, mais sa colère est maîtrisée. Les titres parlent d’eux-mêmes. Le banlieusard se revendique tel un doyen du hip-hop. Comment l’atteste le titre "Chanson Française". Digne d’un MC Solaar des années 90 au beat cool mais assuré, les featurings avec les autres darons du rap français font plaisir à entendre. Point d’excellence de ces rencontres sur "Points communs", réunissant cinq pointures – Lino, Disiz, Medine, Alonzo et Sams – pour rendre la rime au MC de Cergy.

Egotrip maîtrisé

"Mon disque n’est pas celui de l’année, mais celui de l’année prochaine." Egotrip maîtrisé auprès de son public, c’est un pur album sur la diversité de la France en 2015 qu’offre le rappeur, autant fier de l’Hexagone que de ses origines congolaises. De quoi prolonger "Noir D***", disque de platine qui lui avait offert son imposante notoriété en 2012.

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