La slackline à la conquête du monde

Le funambulisme pour tous, nouveau sport à la mode

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Pratique sportive née en Californie à la fin des années 70, la slackline, ou funambulisme sur fil souple, s'installe peu à peu dans les parcs des villes françaises, où fleurissent les sangles tendues entre deux arbres.

La slackline à la conquête du monde
© AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT ©

La slackline « est une discipline qui a pour but de démocratiser le funambulisme. C'est du funambulisme moderne, accessible à tout le monde et qu'on peut faire partout », explique Charles Giraud, cofondateur de la marque Slack.fr, qui a contribué à populariser cette pratique sportive en France.

« Ca fait travailler les abdominaux »

Déjà très répandue en Allemagne et aux Etats-Unis, la slackline consiste à marcher en équilibre sur une sangle. Contrairement au funambule qui marche sur une corde raide, la corde est flexible et le slackeur n'est pas muni d'un balancier.

« Ca fait travailler les abdos, la concentration et la persévérance », témoigne Mathilde Monzies, étudiante de 23 ans, qui pratique la slackline dans le parc Paul Mistral à Grenoble. « Après une journée de boulot, tu fais une demi-heure de "slack" et tu décompresses complètement », ajoute-t-elle.

Un sport venu de Californie

Ce type de funambulisme populaire serait né à la fin des années 70 au sein de la communauté des grimpeurs du parc national de Yosemite en Californie, d'après le site Slackline.com. Pour se détendre entre deux voies d'escalade, les grimpeurs tendaient une longe entre deux arbres sur laquelle ils exerçaient leur sens de l'équilibre.

Longtemps cantonnée au monde de l'escalade, cette pratique sportive s'est depuis quelques années largement démocratisée. De nombreuses marques proposent dorénavant du matériel spécifique pour le slackline, alors qu'il fallait jusque dans les années 2000 recourir à du matériel d'escalade. Des kits de slackline dédiés aux débutants, comprenant une sangle et des tendeurs, sont également commercialisés par de grandes enseignes pour quelque 50 euros.

« Nos ventes ont doublé lors des 6 premiers mois de 2012 », indique Dominique Marchal, directeur de la communication de la marque d'escalade Simond.

Divertissement, sport ou outil de méditation

Un des attraits de la slackline tient dans la diversité de ses usages. Selon les goûts, elle devient divertissement, sport ou outil de méditation, pratiqué aussi bien sur un campus, à 15 cm du sol dans un parc, ou en montagne entre deux falaises.

« Il y a plein de points communs avec le yoga », pointe par exemple Théo Sanson, 25 ans, président d'une association de slackeurs à Grenoble. « Mais certains en font aussi en jonglant, en monocycle ou même avec des skis », raconte-t-il.

Ultra tendue, la sangle devient jumpline et permet de faire des sauts comme sur un trampoline. Fixée en hauteur, elle se mue en highline et prend une forme parfois très spectaculaire, comme dans le film I believe I can fly de Sébastien Montaz, primé dans de nombreux festivals et qui décrit un petit groupe d'adeptes français autobaptisés les « skyliners ».

« Le foot, ça m'ennuie au bout d'une demi-heure. Mais je ne connais aucun sport qui demande autant de concentration que la highline. C'est hyper épuisant pour le cerveau », raconte Sébastien Brugalla, 23 ans, l'un des skyliners.

Le groupe a équipé une centaine de lignes dans le monde, surplombant parfois 500 mètres de vide. Ils ont aussi tenté de relier les tours Mercuriales de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) ou les atomes de l'Atomium de Bruxelles.

 

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