[ESSAI AUTO] Alfa Romeo QV : la mécanique des émotions

La Giulia et le Stelvio en mode Quadrifoglio sur les pistes Alfa Romeo de Balocco

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Après un essai classique des Alfa Romeo Giulia et Stelvio, c'est sur les pistes du constructeur italien que j'ai redécouvert ces deux bombes.

[ESSAI AUTO] Alfa Romeo QV : la mécanique des émotions
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Perrine

Rédactrice auto

Pour Masculin.com, je suis partie sur les pistes d'essai d'Alfa Romeo en Italie. Au travers d'ateliers  techniques, me voici en piste pour vivre au rythme de la dynamique Alfa : bienvenue à l'Accademia di Guida !

Une usine à gaz nommée Giulia QV

Tout le monde connaît la Giulia, une réussite signée Alfa Romeo, aussi élégante qu’imposante et qui procure du rêve à chaque fois que vous croisez sa route. Quant à la Giulia QV (pour Quadrifoglio Verde), il s'agit du résultat d’une potion magique qui, comme une intraveineuse, insuffle puissance, dynamisme, émotion et passion.

Avec une puissance de 510ch, une boîte ZF et un moteur V6 2,9 biturbo construit en étroite collaboration avec Ferrari, la Giulia QV est une drogue dont on peine à se passer.

Preuve en est ! Après avoir parcouru 3000km au mois de juin avec cette italienne au charme redoutable, John M. (pilote passionné) et moi-même avons traversé la Suisse et emprunté d'étroites routes de montagne à vive allure, faisant ainsi chavirer le cœur des automobilistes croisés.

5 mois plus tard, je reviens à elle non sans hâte mais cette fois ci de l’autre côté des Alpes, entre Milan et Turin. Direction Balocco, lieu de conception de cette créature. L’endroit que tout Alfiste rêve de découvrir un jour pour, enfin, percer le secret de l'ADN Alfa.

Dans mon cas, il s’agit de comprendre l’origine d’une émotion rare et aussi indescriptible que celle diffusée par ce mythique trèfle à quatre feuilles : bref, je m’apprête à effeuiller chaque pétale du Quadrifoglio Verde.

Quadrifoglio, le petit trèfle qui change tout

La signature Quadrifoglio, porte-bonheur d’une époque mythique est née en 1923 sur le capot d’un chef d’œuvre de Giuseppe Merosi : la RL en version "Corsa". A l’époque, tout le savoir-faire du constructeur, nourri par les meilleurs pilotes (Achile Varzi/ Juan Manuel Fangio/ Tazio Nuvolari/ Antonio Ascari), aura permis d’emmener le Trèfle vers la victoire.

Presque un siècle plus tard, je me retrouve donc à Balocco, centre d’essai expérimental du groupe FCA, niché au beau milieu de champs. Ici, le climat technologique fait pousser des trèfles à quatre feuilles nouvelle génération.

J’avale deux ristretti et 3 cappuccini juste avant que les choses sérieuses commencent. Ici, au pied du Piémont, et comme le veut la tradition, les meilleurs pilotes collaborent avec le centre d’essai. Ces experts passionnés ont mis au point la Giulia QV et le Stelvio QV, essayé dernièrement au Castellet Paul-Ricard.

Quand le pilote et la voiture ne font qu'un

Une intense journée de roulage commence avec, à mes côtés, un pilote maison : Andrea Belicchi (vainqueur du Petit Le Mans en 2012 et qui roule sur Dallara) sera mon guide !

Rapidement, au cœur de ce complexe de plus de 100 km de pistes, les premiers tours de repérage s’enchainent à allure de plus en plus soutenue avec, en toile de fond, la chaîne des Alpes saupoudrée de blanc. Nos exercices dynamiques sont à chaque fois illustrés et expliqués par un ingénieur maison. Quatre ateliers nous attendent… C’est parti !

Construites autour du pilote, nos Italiennes ont la capacité de faire vivre à chaque conducteur le moindre détail de la route. Avec précision, j’emmène donc le véhicule où je le souhaite, tout en étant capable de ressentir au millimètre près l’emplacement de chaque roue.

Un dynamisme procuré tout d’abord par une suspension hors norme. Celle de la gamme QV, légèrement abaissée par rapport aux autres modèles moins sportifs (mais en option), est pilotée par 3 modes (Normal/Sport/Race). Efficace, l’amortissement de notre Giulia, mais aussi du Stelvio, sait s’adapter à tout revêtement. Par conséquent, la bellissima se révèle excellente aussi bien sur piste que sur route irrégulière.


Essai de l'Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio Verde

Figures de style grâce au Q2

Pour optimiser le plaisir de conduite et la maîtrise des 510 ch de notre usine à gaz qui dépasse sans difficulté les 300km/h, le modèle est équipé d’une gestion électronique du différentiel (Torsen) auto-bloquant appelé Q2.

Mis en contrainte sur route de montagne, John et moi nous étions étonnés d’un léger patinage ressenti au moment de l’accélération sur la roue intérieure en sortie de virage. C'est en fait un cadeau maison signé Q2 : en effet, pour aider le conducteur du quotidien à dompter la bête, mais surtout lui éviter d’être surpris par un transfert brutal de puissance, le cerveau du différentiel autorise au véhicule cette légère perte. Un choix discutable, pas toujours apprécié des pilotes, mais qui permet aux moins expérimentés d’adoucir le radical mode "Race" qui supprime toute aide !

Alors que nos tours de piste s’enchainent, nous arrivons à frôler les 280 km/h en bout de ligne droite. Arrive bien vite le moment de tester le freinage carbone-céramique (option) de nos engins.

Avec un 100 à 0 km/h en 32 mètres seulement, les freins de la Giulia battent des records grâce à un système de freinage intégré (IBD). Ce dernier associe dispositif de contrôle de stabilité et servo-frein classique. Il optimise la répartition des masses et supprime toute vibration dans la pédale de frein. La moindre sollicitation est prise en compte immédiatement pour un résultat des plus efficaces.

Une valse à deux temps avec la transmission intégrale Q4

Et parce qu’il fallait bien un instant récréatif, arrive enfin l’atelier tant attendu : la session de drift sur sol détrempé. Cet atelier a pour but de comprendre le travail de transmission intégrale Q4 dont sont équipés certains modèles. Aussi, nous comparerons une Giulia QV 510 ch propulsion avec un Stelvio QV 510 ch Q4.

Sûr et performant, le système Q4 gère en temps réel la motricité du véhicule, grâce à des capteurs qui mesurent l’accélération latérale, longitudinale et l’angle du volant avec la vitesse. On réduit ainsi toute perte d’adhérence des roues.

Alors nous voilà sur la piste de danse sans tutu ni ballerine, pour une chorégraphie cadencée mais précise. J’inscris la Giulia à l’intérieur de l’anneau, pour une séance d’équilibriste : à 50 km/h, j’écrase subitement l’accélérateur de (seulement) 20% histoire d’animer notre danseuse étoile. Aussitôt, elle exécute une glisse du train arrière. J’équilibre et accompagne le mouvement grâce à un subtil dosage entre le volant et l’accélérateur.
Même exercice avec le Stelvio QV Q4 à un détail près : cette fois, à 50km/h, j’écrase à fond la pédale d’accélérateur en ajoutant de l’angle au volant. Comme un grand garçon le véhicule continue proprement la trajectoire voulue, le reste, c’est la transmission qui le gère.

Et comme on aime s’amuser, nous avons repris vigoureusement notre Giulia QV… pour réaliser quelques jolis 360 degrés !


Le musée Alfa Romeo pour prolonger le plaisir

Reflet des valeurs et savoir faire Alfa, la gamme Quadrifoglio Verde nous a une fois de plus prouvé que pilote et auto ne faisaient qu’un. A l’issue de cette journée, les grilles de Balocco se sont refermées derrière moi gardant secrètement tout le savoir-faire de la maison italienne.

Non loin de là (à 70km, près de Milan), en guise de consolation pour les puristes, amoureux ou simples curieux qui aimeraient vivre l’histoire de la marque, le musée Alfa Romeo saura à sa manière vous transporter au travers de véhicules historiques depuis la création de la marque à aujourd’hui.

A la fin de votre visite, la potion magique devrait une fois de plus faire effet et vous procurer ainsi beaucoup de bonheur.

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