Essai Toyota bZ4X AWD : notre avis sur le premier SUV électrique du Japonais

En 2022, ça fait 25 ans que Toyota a eu l’idée d’électrifier une voiture, en lançant la Prius, premier modèle hybride du marché. Pourtant le constructeur Japonais est resté longtemps campé sur ses positions, avant de finalement suivre le cours du marché et de présenter son premier véhicule 100% électrique, le Toyota bZ4X. Nous avons eu l’opportunité de conduire ce SUV familial lors des essais européens à Copenhague. Que vaut le premier essai de Toyota dans l’électrique ?

Pourquoi le pionnier de l’hybride a mis autant de temps à se convertir à l’hybride rechargeable (il y a moins de 2 ans avec le Rav4), et encore plus à l’électrique ? Visiblement parce que le constructeur Nippon, toujours numéro 1 mondial avec 10,5 millions de voitures écoulées en 2021, a décidé de prendre son temps et d’y aller progressivement, pour finalement arriver sur le marché en 2022 avec cet inédit bZ4X.

Des courbes osées mais familières

Pour ce premier modèle 100% électrique, on a le sentiment que Toyota a voulu jouer la sécurité, en proposant un design rapidement identifiable, et assez proche de ses modèles actuels. La sécurité aussi en offrant un gros SUV familial comme première itération de sa gamme, pour marquer les clients et surtout s’adresser à une cible, CSP+ ou entreprises, qui aura les moyens de s’offrir le bZ4X.

D’ailleurs, si le design est si familier, c’est que tant par ses proportions que par ses lignes, le bZ4X doit beaucoup au Rav4, son cousin dans la gamme Toyota, disponible en hybride et hybride rechargeable en France. Sans être passe-partout, le bZ4X ne dénote pas dans le trafic du centre ville de Copenhague et rien ne permet de le distinguer d’un véhicule thermique, hormis pour les plus observateurs, la calandre pleine et l’absence de sortie d’échappement.

Le bZ4X dispose néanmoins de sa propre plateforme modulable, développée pour l’ensemble des futurs modèles électriques du constructeur, il est d’ailleurs 10 cm plus long que le Rav4, avec 4,69m, un gabarit classique pour les C-SUV à vocation familiale. Son empattement de 2,85m est généreux sans être exceptionnel, et permet d’offrir de la place pour 5 personnes en tout.

De la place à revendre

Une fois à bord, l’écran central de 12,3” place enfin Toyota au 21ème siècle, en offrant à la fois une réactivité sans faille, de belles couleurs, et une luminosité au top. La navigation est efficace et bien lisible, mais on peste contre l’absence, pour le moment, de trip-planner au sein du système. Carplay et Android Auto fonctionnent sans faille et profitent pleinement du grand écran.

Quelques boutons physiques persistent, comme la climatisation, et la majorité des modes de conduite (Eco, X mode pour le franchissement, mode regénératif, etc). Le petit volant est… chargé, mais reste agréable à utiliser. Il faut cependant un peu de temps pour s’habituer aux nombreux boutons présents, tant pour les réglages multimédia que pour les aides à la conduite, car ce bZ4X est équipé de la conduite autonome de niveau 2 sur laquelle nous reviendrons.

Devant le conducteur, derrière le volant prennent place des compteurs numériques au-dessus du volant comme le propose Peugeot. Si pour les petits gabarits comme moi ça n’a pas posé de souci, certains confrères, plus grands, ont eu du mal à trouver un équilibre entre visibilité des compteurs et confort du conducteur.

La console centrale en piano black offre également un chargeur de smartphone à induction qui accepte les gros téléphones type iPhone 13 Pro Max, on y trouve également la molette de sélection de la vitesse. En dessous, un grand rangement ainsi que 2 ports USB-C, puis en face du passager avant… pas de boite à gants. Pourquoi Toyota a décidé de la supprimer, sans proposer la moindre alternative qui se ferme ? Impossible du coup de ranger certains éléments loin des regards indiscrets.

Les sièges en cuir synthétique – car il n’y a plus de cuir animal dans cette Toyota – offrent un bon maintien et se sont révélés confortables pour nos quelques heures en compagnie du bZ4X. En finition haute, ils sont chauffants et ventilés, une option bienvenue avec les chaleurs de ce mois de juin.

Les places arrières sont accueillantes, avec un espace aux jambes en adéquation avec la vocation familiale de notre SUV.

Le maintien est plutôt bon et malgré le petit tunnel de direction, 3 passagers peuvent s’installer plutôt confortablement à l’arrière. Les places aux extrémités sont chauffantes et disposent de fixations isofix ; les passagers arrières disposent de leur propre ventilation et de 2 ports USB-C. Si l’habitacle est très sombre, avec sa sellerie noire, ses habillages noirs et son ciel de paillon noir, les surfaces vitrées sont assez importantes et permettent de ne pas se sentir enfermé.

Le coffre est… surprenamment petit pour le niveau de gamme, puisqu’avec seulement 450L, sans vraiment que l’on comprenne pourquoi, il sera à peine suffisant pour partir en vacances à 4. Son cousin le Rav4, que nous avons déjà beaucoup cité, propose lui 580L, ce qui est plus raccord avec des ambitions de SUV familial.

Mais si on compare avec la concurrence, la Mustang Mach-E, qui boxe dans une catégorie similaire, n’offre que 407 litres. Mais petit ne veut pas dire inutilisable, et s’il n’est pas très haut, il a pour lui sa profondeur et sa praticité, on salue aussi la petite trappe sous le coffre permettant de ranger les 2 câbles de recharge, fournis de série. On regrette aussi l’absence de frunk, ce petit coffre avant présent chez certains concurrents.

Une conduite douce et feutrée

2 tonnes, 200 ch et 336 Nm de couple, ce sont les chiffres clés de ce Toyota bZ4X. La version essayée est un AWD, donc disposant de 4 roues motrices. Pour ce faire, il dispose de deux moteurs, à priori identiques, un par essieu. Ces derniers développent chacun 109 ch et 220 Nm de couple, pour une puissance cumulée de 218 ch et surtout, 336 Nm de couple en cumulé; le tout est bridé à 160 km/h pour préserver l’autonomie de la batterie.

S’il pouvait paraître sur le papier un peu sous motorisé, le couple immédiat de l’électrique fait merveille, et propulse promptement la bZ4X au sein de la circulation de Copenhague. Sur la partie urbaine de notre parcours, les dimensions du bZ4X ne sont pas vraiment un problème, avec son bon rayon de braquage de 12 mètres et ses caméras 360 HD. 

Que ce soit en tant que conducteur ou passager, le confort en ville est au rendez-vous et ce bZ4X est bien suspendu. Une fois sortis de la ville, le bZ4X se montre toujours aussi vif, son à 0 à 100 est d’ailleurs effectué en 7 secondes environ, un score très honorable pour un SUV de ce gabarit. C’est sur route secondaire à 70 ou 90 km/h que ce bZ4X offre les meilleures prestations, avec une conduite coulée, grandement facilitée par la conduite autonome de niveau 2, qui va gérer la direction, l’accélérateur et le freinage jusqu’à l’arrêt complet du modèle. 

C’est l’un des plus doux et efficaces que nous avons essayé dernièrement, et c’est un plaisir de l’utiliser. Il contraste d’ailleurs fortement avec l’horrible alerte attention du conducteur, qui bippe constamment dès qu’on quitte la route des yeux, ou qu’on a le malheur de conduire avec la main à midi ; crispant pour pas grand chose.

Sur autoroute, les bruits d’air au niveau des rétroviseurs se font entendre, assez facilement couverts par l’installation audio JBL et son caisson de basse. La suspension reste douce sans être molle et les ingénieurs Japonais semblent avoir trouvé le bon tarage.

Le confort offert par ce SUV familial, via ses suspensions et les sièges, mais aussi les aides actives à la conduite, reste son meilleur atout et l’expérience proposée est homogène.

Toyota propose également une version 2 roues motrices avec la même batterie et un seul moteur de 204 ch sur le train avant, que nous n’avons pas eu l’occasion d’essayer.

Des chiffres prometteurs

A l’heure des batteries de grosse capacité qu’on peut trouver sur les modèles concurrents comme le Model Y ou la Mustang Mach-e, Toyota a fait le choix de ne proposer qu’une « petite » batterie de 71,4 kWh, le genre de capacité qu’on trouve en général sur les modèles d’une taille inférieure, comme les Hyundai Ioniq 5 ou le Volvo XC40 Recharge.

Si la version FWD propose jusqu’à 513 km d’autonomie WLTP, notre modèle d’essai, en finition haut de gamme Prime (à partir de novembre 2022) est donné pour 411 km, la faute à ses grosses jantes de 20” et son poids plus élevé de part son équipement.

Au démarrage, notre modèle d’essai annonce 350 km, cette donnée dépendant de l’usage fait précédemment… par nos confrères ! Disons le d’emblée, il faudrait un essai plus long, et nous ne sommes pas vraiment capable de vous donner une autonomie type pour ce bZ4X. Notre parcours a été principalement urbain, avec un peu de routes secondaires, et un tout petit peu d’autoroute.

Sur l’ensemble du parcours, nous avons consommé environ 17,5 kWh/100km, avec un moyenne un peu plus basse exclusivement en ville. Il nous restait environ 200 km d’autonomie quand nous avons rendu notre véhicule, et même 240 Km en coupant la climatisation, très gourmande en énergie malgré la pompe à chaleur présente de série.

Sur un parcours mixte, avec la climatisation ou le chauffage, on peut raisonnablement tabler sur 320 Km d’autonomie réelle, et sans doute, à confirmer, autour de 240-270 Km sur nos autoroutes Françaises à 130km/h.

Nous n’avons pas non plus eu la possibilité de recharger notre bZ4X ; notre modèle d’essai, ainsi que tous les modèles produits jusqu’en Novembre 2022, seront équipés d’un chargeur interne de 6,6 kWh, les modèles suivants recevront pour leur part des chargeurs de 11,1 kWh.

Pour une recharge sur une prise électrique classique, à n’utiliser vraiment qu’en dépannage, comptez pratiquement 40h… Pour la recharge rapide, le bZ4X accepte jusqu’à 150kWh grâce à sa prise combo CSS, dans ce cas, la charge de la batterie passe de 0 à 80% en tout juste 30 minutes.

Le constructeur s’engage d’ailleurs sur une garantie 10 ans, pour ses batteries, en assurant au moins 70% de la capacité initiale, et remplaçant les cellules défectueuses au cours des 10 années de garantie si nécessaire.

Notre avis sur la Toyota bZ4X AWD

Nous l’avons déjà dit plus haut, mais Toyota a visé la prudence avec ce bZ4X, peut être un peu trop, mais d’un autre côté, c’est surtout un modèle d’image pour le constructeur Japonais qui se lance progressivement, mais avec ambition sur le marché de l’électrique.

Un design typique du groupe, des prestations à bord satisfaisantes, un confort vraiment maîtrisé, ce bZ4X est plutôt bien né, et les sensations de conduite sont plutôt agréables.

Reste que s’il est homogène et agréable à mener, il va avoir du mal à se démarquer de la concurrence, sauf peut-être par son prix, qu’on ne peut pas encore communiquer, mais qui devrait se situer quelque part entre 45 000 et 60 000 euros selon les versions et les équipements.

Mais encore une fois, les ambitions du constructeur restent mesurées, en tout cas en France, avec un objectif de vente de 3000 unités en année pleine, à comparer aux 105 000 Toyota écoulées chez nous en 2021.

Le Rav4 a encore de belles années devant lui, et pour ceux qui cherchent une alternative 100% électrique, Toyota a maintenant le bZ4X à proposer, en attendant de dévoiler progressivement sa gamme dans les mois et années à venir.

Vincent

Sur Masculin, je vous parle de rhum, et parfois d'autres spiritueux que l'on déguste ensemble. Je vous parle aussi de voitures avec des essais réguliers !

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