Connaissez-vous l’histoire du parfum pour homme ?

Aujourd’hui, un très grand nombre d’hommes se parfume quotidiennement ou presque. Mais, si l’on fait un saut dans le temps, c’était loin d’être le cas dans un passé pas si lointain. Il faut en effet remonter aux années 1970 pour voir les parfums pour homme se généraliser.

Alors, si vous voulez en savoir un peu plus sur ce rituel beauté, nous vous proposons aujourd’hui une plongée dans l’histoire de la parfumerie masculine : des premières créations aux nouveautés 2.0, vos fragrances préférées n’ont pas fini de vous surprendre !

Dunhill et Caron, pionniers du parfum pour homme

Avant l’apparition des eaux de toilette masculine, les hommes qui voulaient se parfumer n’avaient guère d’autres choix que de choisir l’eau de Cologne de Madame.

Il faudra attendre les années 30 pour que cela change : les premières fragrances tournent principalement autour du vétiver et de la lavande… En 1934, il semblerait que les deux premières créations dédiées aux hommes soient la bien nommée Pour un Homme de Caron et Dunhill for Men de Dunhill. Quatre-vingts ans plus tard, ces deux parfums n’ont presque pas pris une ride et font partie des grands classiques intemporels.

Toutefois, difficile de bousculer les habitudes de consommation de ces messieurs, même dans le Paris des années folles. L’arrivée de la Seconde Guerre mondiale ne facilite évidemment pas les choses, et ce n’est donc qu’à partir des années 70 que les parfums commencent vraiment à séduire une clientèle masculine.

Et l’eau de toilette devint tendance…

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, un nouveau vent de liberté souffle sur les années 1970. Ce que l’on sait peut-être moins, c’est que c’est aussi vrai au rayon parfum homme !

Un message à faire passer

L’homme des seventies ne se parfume plus seulement après le rasage, mais quand bon lui semble. Il y voit un moyen de mettre en lumière son style de vie plus contrasté qu’auparavant. Bien sûr, cela s’inscrit dans une tendance plus globale, alors que les mouvements féministes, gays, hippies et punk gagnent en visibilité, notamment au travers des vêtements.

Désormais, on reconnait dans la rue l’anonyme d’antan et on peut mieux l’identifier comme appartenant à telle ou telle communauté. Comme pour les vêtements, le parfum aide à distinguer les personnes : ceux qui portent une fragrance autour de la lavande ne délivrent pas le même message que ceux qui laissent dans leur sillage, une odeur de patchouli.

Culte du corps

La tendance se confirme dans les années 1980 et après les eaux de toilette, on assiste à l’apparition de parfums encore plus « virils ». Ces nouveaux venus reflètent le fameux « culte du corps » et accentuent l’opposition entre les femmes et les hommes d’alors. Le parfum masculin incarne la réussite sociale et une certaine accession au pouvoir. Qui gagnera ? Qui sera le plus puissant ?

Puissant, le parfum l’est assurément. On pourrait également dire tenace et parfois même entêtant. Cela se vérifie chez les femmes (Poison de Dior) mais le phénomène est encore plus prégnant chez les hommes. Le plus bel exemple est sans doute Antaeus de Chanel.

Parfum homme Antaeus Chanel

A chaque homme son parfum

On l’a déjà dit plus haut : le choix d’un parfum n’a rien d’anodin. Il permet de faire passer un message ou d’affirmer son style. Et bien sûr, on ne porte pas la même eau de toilette à 18 ans qu’à 50.

Pourtant, les années 1990 s’inscrivent en rupture avec la décennie précédente. Au rayon parfumerie, on assiste à une période plus harmonieuse, à un retour à une certaine authenticité. Les nouvelles fragrances se caractérisent par leur équilibre et des notes plus proches de la nature, des végétaux, mais aussi de l’océan. Et quel plus bel exemple que Kenzo pour Homme pour symboliser cette tendance ?

Chez les jeunes gens branchés, on assiste aussi à la révolution CK One : le parfum unisexe n’est pas une nouveauté en soi, mais la fragrance de Calvin Klein bouleverse les habitudes de consommation.

Peu importe le jus, pourvu qu’on ait le flacon

Si la mode est un éternel recommencement, il en va de même pour la parfumerie. Les fragrances jadis à la mode deviennent « ringardes » avant de revenir sur le devant de la scène. On l’a encore vu récemment avec la renaissance de la marque Cherigan, créée dans les années 1930 et qui a peu à peu disparu à partir des années 1950.

D’autres créations intemporelles ont su traverser les âges et devraient avoir leur mot à dire pendant de longues années encore : Pour un Homme de Caron, Eau Sauvage de Dior, Habit Rouge de Guerlain

Mais avec l’avènement de l’e-commerce, où l’on peut acheter son parfum en ligne sans même le sentir au préalable, il semblerait que le flacon du parfum ait au moins autant d’importance que le jus lui-même. Qui de mieux que Paco Rabanne pour illustrer cela ? Avec le lingot d’or de One Million, le trophée Invictus et le robot connecté de Phantom, le créateur a complètement cassé les codes.

Eau de toilette homme Phantom Paco Rabanne

Lorsque l’on parcourt les catégories d’un site comme My Origines (Élu meilleur site de vente de parfums en ligne par l’UFC Que Choisir en février 2020), le visuel prend clairement le pas sur l’olfactif : c’est le design d’une eau de toilette qui va guider notre achat plutôt que son parfum. Un comble !

Loin d’être un moyen de revendiquer son appartenance à telle ou telle catégorie, le parfum homme doit être à la fois vu comme un accessoire de mode et (surtout ?) un atout séduction. On se parfume avant tout pour plaire à une femme ou un homme, pour se démarquer des autres ou pour affirmer sa maîtrise du style (notamment dans le cas des parfums de niche).

Et après, direz-vous ? Que nous réserve le futur ? Outre l’ultra-personnalisation (avec la multiplication des parfums sur-mesure), pourquoi ne pas rêver d’une fragrance qui change en fonction des humeurs de celui ou celle qui le porte ? Ou d’une eau de toilette qui colore la peau ? En moins d’un siècle d’existence, le parfum masculin n’a cessé de nous surprendre. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement à l’avenir !